Fed : Alberto Musalem révise ses prévisions de PIB à la baisse et anticipe une inflation proche de 3% d'ici fin 2026
Alberto Musalem (Fed Saint-Louis) abaisse ses prévisions de PIB à 1,5-2% et anticipe une inflation à 3% fin 2026, soutenue par le choc pétrolier et les droits de douane.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Musalem abaisse ses prévisions de croissance
- Le choc pétrolier, moteur d'une inflation sous-jacente tenace
- Des taux maintenus "pendant quelque temps"
- Droits de douane et immobilier, deux facteurs de soulagement potentiel
- Emploi : une légère dégradation anticipée
- Une Fed sous pression, entre inflation et emploi
- L'or et les métaux physiques face aux incertitudes monétaires
En bref
Alberto Musalem, président de la Fed de Saint-Louis, a revu ses prévisions de croissance du PIB américain entre 1,5% et 2%, contre 2% à 2,5% avant la guerre au Moyen-Orient.
Le choc pétrolier lié au conflit alimente l'inflation sous-jacente, attendue autour de 3% jusqu'à la fin de l'année.
Les chocs d'offre menacent à la fois l'objectif d'inflation et celui d'emploi de la banque centrale.
La fourchette de taux actuelle reste jugée appropriée pour une période prolongée.
Un assouplissement de l'impact des droits de douane et un recul de l'inflation immobilière jouent en faveur d'une désinflation progressive.
Musalem abaisse ses prévisions de croissance
Le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, Alberto Musalem, a livré mercredi une évaluation prudente de l'économie américaine lors d'un entretien accordé à Reuters. Ses nouvelles projections de croissance du PIB s'établissent entre 1,5% et 2% pour l'année en cours, en recul par rapport à l'estimation précédente de 2% à 2,5%, formulée avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient.
Ce réajustement reflète une détérioration progressive des perspectives macroéconomiques, alimentée par plusieurs facteurs simultanés : hausse des prix de l'énergie, persistance des pressions inflationnistes et incertitudes liées aux politiques commerciales.
Le choc pétrolier, moteur d'une inflation sous-jacente tenace
Selon Musalem, le choc pétrolier provoqué par la guerre au Moyen-Orient s'infiltre désormais dans l'inflation sous-jacente, celle qui exclut les prix de l'alimentation et de l'énergie. L'officiel de la Fed anticipe que ce taux restera aux alentours de 3% jusqu'à la fin de l'année 2026, soit un niveau encore supérieur à l'objectif de 2% fixé par la banque centrale américaine.
Cette dynamique place la Fed dans une position délicate. Les chocs d'offre, qu'ils proviennent des marchés énergétiques ou des chaînes d'approvisionnement, exposent simultanément les deux mandats de l'institution à des pressions contraires : maîtriser l'inflation sans compromettre l'emploi.
Des taux maintenus "pendant quelque temps"
Face à cette configuration, Musalem juge la fourchette de taux directeurs actuelle comme "probablement appropriée pour quelque temps". Une formulation qui laisse peu de doute sur l'absence de pivot monétaire à court terme.
La Fed se retrouve ainsi dans une posture attentiste, contrainte d'observer l'évolution du choc géopolitique avant d'envisager tout ajustement de sa politique monétaire. Réduire les taux prématurément risquerait de réancrer les anticipations inflationnistes ; les maintenir trop longtemps pourrait freiner davantage une croissance déjà affaiblie.
Droits de douane et immobilier, deux facteurs de soulagement potentiel
Musalem a identifié deux éléments susceptibles de peser favorablement sur l'évolution des prix. D'abord, un assouplissement de l'impact des droits de douane, qui pourrait contribuer à réduire les tensions inflationnistes sur les biens importés. Ensuite, l'inflation immobilière, dont la trajectoire évolue "dans la bonne direction" selon ses termes.
Ces deux composantes représentent des variables clés dans le calcul de l'indice PCE, l'indicateur d'inflation privilégié par la Réserve fédérale. Leur normalisation progressive constituerait un argument en faveur d'un assouplissement monétaire ultérieur, à condition que le choc pétrolier ne vienne pas contrecarrer ces effets désinflationnistes.
Emploi : une légère dégradation anticipée
Sur le front du marché du travail, le président de la Fed de Saint-Louis anticipe une remontée du taux de chômage à mesure que la croissance économique ralentit. L'ordre de grandeur avancé reste limité, "peut-être seulement de quelques dixièmes de point de pourcentage", ce qui suggère une dégradation progressive plutôt qu'un retournement brutal.
Musalem précise par ailleurs qu'il ne perçoit pas encore d'effets tangibles du conflit sur la consommation des ménages américains. Un constat qui témoigne d'une certaine résilience de la demande intérieure, même si les indicateurs avancés pourraient se détériorer si le conflit venait à s'intensifier ou à durer.
Une Fed sous pression, entre inflation et emploi
L'intervention de Musalem s'inscrit dans un contexte où la Fed jongle avec des signaux économiques contradictoires. La désinflation entamée depuis le pic de 2022 marque le pas, le marché de l'emploi montre des signes de refroidissement, et la croissance ralentit sous l'effet conjugué de la géopolitique et des politiques commerciales.
La banque centrale américaine ne dispose pas d'outil pour neutraliser un choc d'offre externe. Sa politique monétaire agit sur la demande, non sur les coûts de production ou les prix de l'énergie fixés par les dynamiques géopolitiques mondiales. C'est précisément cette contrainte structurelle qui justifie l'attentisme actuel.
Selon notre expert : Les incertitudes sur la trajectoire des taux de la Fed et la faiblesse du dollar soutiennent l'attrait des investisseurs pour l'or comme valeur refuge.
L'or et les métaux physiques face aux incertitudes monétaires
Les déclarations de Musalem rappellent que l'environnement monétaire reste sous tension, avec une inflation qui résiste et des taux élevés appelés à durer. Dans ce contexte, des épargnants se tournent vers des actifs tangibles comme les lingots d'or, les lingots d'argent ou les pièces d'or pour sécuriser une partie de leur patrimoine hors du circuit bancaire traditionnel. Ces supports offrent une réserve de valeur indépendante des politiques des banques centrales, particulièrement pertinente lorsque les perspectives de désinflation restent incertaines et que la croissance économique s'effrite.
Sources : BDOR
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