Guerre au Moyen-Orient : une hausse brutale des prix en supermarché se profile
UFC-Que Choisir anticipe une hausse de 4 à 5 % des prix en rayon à cause de la guerre au Moyen-Orient. Produits laitiers, hygiène : ce qui va augmenter.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Grégory Caret, directeur de l'Observatoire de la consommation à l'UFC-Que Choisir, anticipe une hausse de 4 à 5 % des prix en grande surface dans les prochains mois, étalée sur plusieurs mois.
Les produits laitiers et frais seront les premiers concernés, avant les rayons hygiène et beauté.
Lactalis (Président, Lactel, Galbani) a confirmé qu'il répercutera l'impact du conflit sur ses prix de vente.
L'Iran a annoncé samedi matin avoir de nouveau fermé le détroit d'Ormuz, ravivant la pression sur l'énergie et les engrais.
Ce choc reste très en deçà de l'inflation de 2022-2023 liée à la guerre en Ukraine, qui avait atteint 20 à 25 % en un peu plus d'un an.
Les rayons des supermarchés français vont porter la marque du conflit au Moyen-Orient. Grégory Caret, directeur de l'Observatoire de la consommation à l'UFC-Que Choisir, a chiffré samedi sur RMC la hausse attendue en grande distribution à 4 à 5 % dans les prochains mois, une progression qui sera "lissée sur plusieurs mois" selon ses propres termes.
Les clauses de révision au cœur du mécanisme tarifaire
Les industriels et les enseignes de grande distribution avaient conclu un accord au 1er mars fixant les prix pour l'ensemble de l'année. Cet accord comporte pourtant "des clauses de révision obligatoires", précise Grégory Caret. Si les prix de l'énergie et des engrais s'emballent, "on doit rouvrir les négociations et ça doit être répercuté dans les prix". Ces clauses, pensées pour absorber des chocs imprévus, s'activent précisément dans un scénario comme celui que traverse aujourd'hui l'économie mondiale.
Produits laitiers et frais en première ligne
À très court terme, la pression se fera sentir d'abord sur les produits à rotation rapide : yaourts, fromages, produits frais et autres articles à dates de péremption courtes. Leurs cycles de fabrication et de distribution plus resserrés les rendent immédiatement sensibles aux fluctuations de coûts.
Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers, propriétaire des marques Président, Lactel et Galbani, a d'ailleurs confirmé jeudi qu'il devra "répercuter" l'impact de la guerre sur ses prix de vente aux consommateurs, tout en cherchant à le "minimiser en fonction des catégories" de produits.
Hygiène et beauté, second choc à venir
La vague de hausses ne s'arrêtera pas aux produits alimentaires. Grégory Caret pointe ensuite les rayons hygiène et beauté comme particulièrement exposés : "il y a beaucoup d'hydrocarbures dans ces produits, des emballages, et même dans la fabrication de ces produits". La forte dépendance aux dérivés pétroliers dans l'industrie cosmétique et des produits d'entretien amplifie mécaniquement l'effet du choc énergétique sur les prix à la caisse.
Pas de répétition du scénario ukrainien
La comparaison avec l'épisode inflationniste de 2022-2023 permet de calibrer l'ampleur du choc attendu. La guerre en Ukraine avait provoqué une flambée de 20 à 25 % en un peu plus d'un an sur les produits alimentaires. L'augmentation anticipée cette fois reste très en deçà de ce niveau, même si elle pèsera sur le budget des ménages.
Le détroit d'Ormuz, variable clé de la crise
L'intensité de la crise dépendra en partie de l'évolution du détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour une large part des exportations énergétiques mondiales. Après une brève accalmie liée à l'annonce d'un cessez-le-feu et à la réouverture temporaire du détroit, l'Iran a annoncé samedi matin avoir de nouveau fermé ce passage en réponse au blocus américain.
Cette fermeture fragilise les approvisionnements en engrais, dont dépend une part significative de la production agricole mondiale, et maintient une pression forte sur les prix de l'énergie. Grégory Caret avertit que les Français devront faire "des arbitrages" et "renoncer à consommer pour privilégier l'essentiel : le transport, l'énergie de chauffage, l'alimentaire".
Selon notre expert : Pendant que les prix à la caisse grimpent sous l'effet des chocs géopolitiques, le cours de l'or continue d'enregistrer les inquiétudes des marchés mondiaux dollar après dollar.
Protéger son épargne face au retour de l'inflation
Le retour de l'inflation sur les produits de consommation courante rappelle l'utilité de diversifier son patrimoine vers des actifs tangibles. Les lingots et pièces d'or, tout comme l'argent physique, constituent des supports décorrélés des marchés financiers et accessibles sans intermédiaire bancaire. Dans une logique de débancarisation partielle, ils permettent de constituer une réserve de valeur résistante aux chocs inflationnistes successifs. À l'heure où les coûts de production se transmettent progressivement aux consommateurs, sécuriser une partie de son épargne hors du circuit bancaire traditionnel est une stratégie que de plus en plus d'épargnants soucieux de leur indépendance financière adoptent concrètement.
Sources : BDOR
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