La Fed laisse ses taux inchangés malgré Trump : “Nous restons hors de la politique”
La Réserve fédérale maintient ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, invoquant une inflation encore élevée et une économie américaine jugée solide.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Une pause monétaire justifiée par une économie solide
- Une inflation toujours trop élevée pour relâcher la pression
- Des divisions internes révélatrices de tensions politiques
- Jerome Powell défend l’indépendance de la banque centrale
- Des marchés déjà tournés vers l’été
- L’or et les actifs tangibles comme remparts financiers
En bref
• La Réserve fédérale américaine laisse ses taux inchangés après plusieurs baisses fin 2025
• L’inflation reste installée autour de 2,7 %, avec une forte hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation
• Deux gouverneurs proches de Donald Trump ont voté contre cette décision
• Jerome Powell réaffirme l’indépendance de la banque centrale face aux pressions politiques
• Les marchés repoussent toute baisse de taux avant l’été
Une pause monétaire justifiée par une économie solide
À l’issue de deux jours de réunion, la Réserve fédérale américaine a choisi de maintenir ses taux directeurs de la Fed dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. Ce choix met un terme provisoire au cycle d’assouplissement engagé à l’automne 2025, période durant laquelle les taux avaient reculé de 0,75 point.
Dans son communiqué officiel, l’institution évoque une activité économique toujours soutenue aux États-Unis. La croissance est jugée suffisamment dynamique pour ne pas nécessiter de nouveaux leviers de soutien monétaire à court terme. Le marché du travail affiche, lui aussi, une évolution plus stable, avec un chômage établi à 4,4 % en décembre.
Une inflation toujours trop élevée pour relâcher la pression
La prudence de la banque centrale s’explique principalement par la trajectoire des prix. L’inflation américaine s’est stabilisée en 2025 autour de 2,7 %, un niveau qui reste au-dessus de l’objectif de long terme de la Fed.
Certains postes de dépenses pèsent lourdement sur les ménages. Les prix alimentaires ont progressé de 3,1 % sur un an, tandis que le gaz s’est envolé de 10,8 % et l’électricité de 6,7 %. Jerome Powell a d’ailleurs rappelé que l’inflation avait probablement accéléré en fin d’année, frôlant les 2,9 % en décembre.
Des divisions internes révélatrices de tensions politiques
Sur les douze membres votants, deux gouverneurs se sont opposés au maintien des taux. Stephen Miran, nommé récemment sur proposition de Donald Trump, milite ouvertement pour des baisses plus agressives afin de stimuler l’économie.
Christopher Waller, également nommé sous la présidence Trump, a surpris les observateurs par son vote dissident. Son positionnement est d’autant plus scruté qu’il figure parmi les candidats potentiels à la succession de Jerome Powell en mai 2026.
L’ancien président américain pousse depuis plusieurs mois pour une politique monétaire plus accommodante. Selon lui, l’inflation ne constituerait plus une menace sérieuse, tandis que des taux plus bas allégeraient le coût de la dette publique et dynamiseraient l’investissement.
Jerome Powell défend l’indépendance de la banque centrale
Face aux critiques répétées, le président de la Fed a adopté un ton inhabituellement ferme. Il a exprimé son souhait de voir la politique monétaire rester à l’écart de toute influence partisane, évoquant même des tentatives d’intimidation à travers une procédure judiciaire visant les coûteux travaux de rénovation du siège de l’institution à Washington.
Lors de sa conférence de presse, Powell a insisté sur l’importance de préserver l’autonomie de la banque centrale, estimant qu’une perte d’indépendance serait extrêmement difficile à réparer. Sa présence récente devant la Cour suprême, dans une affaire liée à la tentative de révocation de la gouverneure Lisa Cook, illustre la gravité des enjeux institutionnels actuels.
Des marchés déjà tournés vers l’été
Les investisseurs ont rapidement intégré le message de fermeté monétaire. Les anticipations d’une nouvelle baisse de taux ont été repoussées, au mieux, vers la réunion de juin, selon les données de suivi du CME FedWatch.
Cette attente traduit la conviction croissante que la Fed privilégiera une lutte prolongée contre l’inflation plutôt qu’un soutien immédiat à la croissance, tant que les tensions sur les prix ne montreront pas de reflux clair.
Selon notre expert : La finance mondiale entre dans une zone de turbulences où chaque décision des grandes banques centrales peut propulser le cours de l’or vers de nouveaux sommets.
L’or et les actifs tangibles comme remparts financiers
Dans un climat marqué par l’incertitude monétaire, de nombreux épargnants se tournent vers des solutions de protection patrimoniale. L’or physique, sous forme de lingots ou de pièces d’investissement en argent, s’impose souvent comme un outil de débancarisation partielle et de sécurisation de l’épargne face aux politiques monétaires restrictives, à la dette publique croissante et aux secousses des marchés financiers.
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