Le cours de l’or accroche 4 300 $ malgré la Fed floue et le front ukrainien figé
L’or consolide près de 4 300 $ : Fed sans cap net, inflation surveillée, emploi US plus mou et tensions Russie–Ukraine relancent la prime refuge.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- L’once temporise après un sommet, la tendance reste orientée
- Fed : inflation jugée trop haute, signal brouillé par le manque de données
- Emploi US : signaux mixtes, soutien discret à l’or
- Géopolitique : un dossier Russie–Ukraine qui entretient la prime refuge
- Analyse technique : seuils à surveiller pour la prochaine impulsion
En bref
L’once d’or (XAU/USD) consolide près de 4 302 $ après un pic à 4 353 $, plus haut en sept semaines.
Des responsables de la Fed jugent l’inflation encore trop élevée, avec une visibilité réduite sur les prochains chiffres, notamment le CPI.
Les données emploi américaines en demi-teinte soutiennent le scénario d’assouplissement en 2026, sans trajectoire lisible.
Les discussions Russie–Ukraine piétinent, alimentant une prime de risque qui maintient la demande de valeurs refuges.
Niveaux techniques : au-dessus de 4 353 $, cible 4 381 puis 4 400/4 450/4 500 $ ; sous 4 285 $, risque de glissade vers 4 250 puis 4 200 $.
L’once temporise après un sommet, la tendance reste orientée
L’or avance légèrement en fin de semaine tout en réduisant une partie de ses gains avant le week-end. Après un rallye hebdomadaire marqué, le XAU/USD a inscrit un sommet à 4 353 $ l’once, puis est revenu autour de 4 302 $ au fil des prises de bénéfices. Le mouvement ne remet pas en cause le biais haussier observé depuis plusieurs séances, avec une demande qui reste présente à chaque respiration.
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Fed : inflation jugée trop haute, signal brouillé par le manque de données
Le calendrier macro américain a peu alimenté le marché, mais les prises de parole de banquiers centraux ont pesé sur les anticipations de taux. Deux des dissidents récents ont remis en avant une préoccupation simple : l’inflation reste au-dessus de la zone de confort, alors que la lecture des statistiques devient moins fiable à court terme, en particulier autour du CPI, indicateur central pour calibrer le rythme de hausse des prix.
Jerome Powell a aussi évoqué un risque de distorsion des données lié à la fermeture de l’administration fédérale, ce qui complique la comparaison d’un mois sur l’autre. Résultat : les opérateurs lisent une Fed partagée entre prudence sur l’inflation et vigilance sur l’activité, sans trajectoire lisible pour le prochain pivot.
Les dissensions internes ancrent l’incertitude sur 2026
Jeffrey Schmid (Kansas City Fed) estime l’inflation trop vive et défend une politique encore légèrement restrictive, jugeant l’économie suffisamment dynamique pour absorber des conditions financières fermes. Austan Goolsbee (Chicago Fed) préfère temporiser et attendre davantage d’éléments sur inflation et emploi, tout en projetant un assouplissement total de 50 points de base si l’économie évolue comme anticipé. Anna Paulson (Philadelphia Fed) met l’accent sur un risque de faiblesse du marché du travail et voit une chance de reflux de l’inflation en 2026 via l’atténuation de l’effet des droits de douane. Beth Hammack (Cleveland Fed) conserve un biais restrictif et situe les taux actuels près du “neutre”, tout en souhaitant plus de pression monétaire pour freiner les prix.
Emploi US : signaux mixtes, soutien discret à l’or
Sur le front des données, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté : 236 000 demandes initiales sur la semaine close le 6 décembre, contre 192 000 la semaine précédente (révisée). Les demandes continues, elles, ont reculé à 1,838 million (semaine close le 29 novembre), après 1,937 million, ce qui suggère une stabilisation partielle du chômage de plus longue durée.
Côté taux, le rendement du 10 ans américain remonte vers 4,19%. Les rendements réels, souvent corrélés négativement au prix de l’or, reculent vers 1,872%, ce qui allège le coût d’opportunité de la détention d’or. Le Dollar Index (DXY) évolue sans tendance marquée autour de 98,35, laissant l’arbitrage se faire davantage sur les anticipations de politique monétaire et la prime de risque.
Géopolitique : un dossier Russie–Ukraine qui entretient la prime refuge
Les négociations de paix Russie–Ukraine donnent peu de signes de progression. La Maison-Blanche a indiqué que Donald Trump se dit frustré par le rythme des discussions et déçu par Volodymyr Zelenskiy, faute d’aval sur le plan proposé par les États-Unis. Ce blocage maintient un niveau de friction géopolitique suffisant pour soutenir les flux vers les actifs refuges, surtout quand le cap monétaire américain manque de netteté.
Selon notre expert : Finance mondiale sous tension : l’or attire les flux, les actifs risqués retiennent leur souffle.
Analyse technique : seuils à surveiller pour la prochaine impulsion
L’orientation reste haussière tant que l’or conserve la zone des 4 300 $ en clôture et que les acheteurs défendent les replis. L’indicateur RSI reste en terrain haussier et se rapproche d’une zone de surachat, signe d’une pression acheteuse élevée, avec un risque de respiration à court terme.
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Au-dessus de 4 353 $ (haut du jour), le marché peut viser 4 381 $ (record), puis 4 400 $, 4 450 $ et 4 500 $.
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Sous 4 285 $, un repli vers 4 250 $ devient crédible, avant 4 200 $ si la correction s’étire.
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