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Pourquoi l’or devient le pari préféré des banques centrales en 2025

Les banques centrales intensifient leurs réserves d’or en 2025. Stratégie défensive ou anticipation d’une crise plus large ?

Temps de lecture : 3 minutes

Pourquoi l’or devient le pari préféré des banques centrales en 2025

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En bref• Les banques centrales ont acheté plus de 1 000 tonnes d’or par an depuis 2022• Objectif : s’extraire du risque dollar et verrouiller des actifs tangibles• Aucune vente d’or prévue d’ici 2026 selon les données officielles• La Pologne, la Turquie, la Chine et le Kazakhstan figurent en tête des acheteurs• Le cours de l’or dépasse les 3 500 $ au printemps 2025

Un changement de cap assumé

Depuis trois ans, un mouvement lent mais massif s’opère dans les coffres des banques centrales. Ces institutions réévaluent la composition de leurs réserves officielles en réduisant leur dépendance aux obligations libellées en dollar et en augmentant régulièrement leur stock d’or. Les dernières données du World Gold Council confirment une dynamique ininterrompue, avec des achats dépassant les 1 000 tonnes par an depuis 2022.

Ce phénomène n’est ni anodin ni conjoncturel. Il marque une rupture stratégique face aux déséquilibres systémiques croissants.

A lire aussi : Les marchés tremblent, les banques centrales s’arment en or : ce que cela cache pourrait changer la donne.

La logique derrière cette accumulation

Plusieurs pays s’accordent sur une même lecture : le dollar, s’il reste dominant, représente aussi un risque. Inflation importée, déficit jumeaux américains, tensions géopolitiques… autant de signaux qui poussent les banques centrales à sanctuariser une part de leurs réserves dans un actif hors système.

L’or offre cette neutralité structurelle recherchée par des économies en quête d’autonomie. La Pologne, qui a acquis 48 tonnes rien qu’au premier trimestre 2025, confirme cette volonté de stabilité patrimoniale. La Chine continue, elle aussi, d’acheter régulièrement sans jamais publier l’intégralité de ses stocks.

Les chiffres qui confirment la tendance

Le dernier sondage réalisé auprès de 70 banques centrales indique que 95 % d’entre elles considèrent l’or comme un actif stratégique. Plus de 40 % envisagent d’augmenter leur réserve dans les douze mois à venir. Aucune n’a prévu de vendre.

Le mouvement s’étend à toutes les zones monétaires : d’un côté les économies émergentes en quête de légitimité ; de l’autre, les puissances établies qui cherchent à se protéger d’une éventuelle crise des taux longs.

Une mécanique qui pèse sur le marché

Les flux de ces institutions forment aujourd’hui un socle de demande structurelle, réduisant la volatilité de long terme et participant à la progression régulière du cours. Au printemps 2025, l’once a franchi les 3 500 dollars, alimentée par cette demande persistante.

La rareté relative du métal 3 600 tonnes extraites par an environ ne permet pas d’absorber sans effets de prix une telle pression à l’achat. Cela se reflète dans les marchés de gros, mais aussi dans les primes sur les pièces et lingots physiques.

Une lecture long terme du rôle de l’or

Ce regain d’intérêt pour l’or rejoint l’analyse portée depuis plus de deux décennies par M. Kostik. Dans un monde où les actifs numériques et les promesses monétaires perdent leur ancrage, les banques centrales redécouvrent l’utilité d’un actif tangible, stable, non défaillant. Loin d’être un retour en arrière, il s’agit d’un rééquilibrage prudent dans un système devenu instable.

Cette lecture n’est pas spéculative. Elle est patrimoniale, pragmatique, héritée d’une longue expérience des cycles économiques et des ruptures monétaires. Elle s’inscrit dans une logique d’endurance, non de rendement.

Une dynamique qui pourrait se poursuivre en 2026

Tant que la fragmentation économique persiste et que le climat géopolitique reste incertain, les banques centrales devraient continuer à renforcer leur position en or. Le WGC estime que les achats nets pourraient avoisiner 950 tonnes en 2025, ce qui resterait très supérieur aux moyennes historiques.

Pour les observateurs attentifs, le message est limpide : les institutions monétaires anticipent un choc. Et elles s’y préparent avec l’un des seuls actifs qui a traversé intact tous les régimes monétaires connus.

Sources : BDOR

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