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Les banques craignent une crise de liquidité avec l'euro numérique en cas de panique bancaire

La BCE tente d'apaiser les craintes des banques sur l'impact de l’euro numérique en cas de retrait massif des dépôts.

Temps de lecture : 2 minutes

Les banques craignent une crise de liquidité avec l'euro numérique en cas de panique bancaire

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En bref

  • L’euro numérique ne devrait pas menacer la stabilité bancaire, selon une étude de la BCE.

  • Même en cas de panique, les retraits simulés resteraient limités, loin des précédentes crises.

  • Les banques françaises redoutent une fuite des dépôts vers des actifs concurrents comme les stablecoins.

  • La BCE met en garde contre une dollarisation numérique qui affaiblirait l’euro.

Des inquiétudes croissantes sur les effets de l’euro numérique

Plusieurs banques européennes, notamment en France, s’interrogent ouvertement sur les conséquences de l’introduction de l’euro numérique sur leur rentabilité et sur la liquidité du système bancaire en cas de choc. Face à ces réticences, la Banque centrale européenne a publié une étude destinée à calmer les esprits, tout en poursuivant la progression du projet.

Prévu pour 2029 si la législation est adoptée d’ici 2026, l’euro numérique prendrait la forme d’un instrument de paiement digital sécurisé, gratuit, utilisable hors ligne et accessible à tous. Il serait émis directement par la BCE, avec des plafonds de détention allant jusqu’à 3 000 euros par personne.

A lire aussi : L’euro numérique pourrait-il déclencher une ruée vers l’or physique en cas de panique bancaire ? Ce scénario n’est plus exclu par les experts.

L’étude de la BCE : retrait limité, stabilité préservée

Le document commandé par les colégislateurs européens distingue deux scénarios :

  • un usage courant dans la vie quotidienne,

  • un repli vers ce moyen de paiement en période de crise systémique.

Même dans le cas extrême, les effets estimés sur la liquidité des banques resteraient modérés. Le ratio LCR (Liquidity Coverage Ratio), indicateur clé pour évaluer la solidité des établissements face à des retraits soudains, se maintiendrait au-dessus des seuils réglementaires, avec seulement neuf établissements passant en dessous.

Côté rentabilité, la BCE évoque un impact limité : une baisse de 0,1 à 0,2 point du rendement des fonds propres est anticipée, sans remise en cause du modèle économique des banques.

Simulation d’un choc bancaire : les chiffres de la BCE

L’étude envisage différents niveaux de retraits liés à une panique.

  • Avec un plafond de 500 euros par personne, les retraits atteindraient 156 milliards d’euros.

  • À 3 000 euros, ce montant grimperait à 699 milliards, soit 8,2 % des dépôts à vue.

Ces niveaux restent très inférieurs à ceux observés lors de crises passées :

  • 20,9 % à Chypre en 2013,

  • 25,9 % en Grèce en 2015,

  • 6,4 % en Belgique lors du lancement d’un produit d’épargne concurrentiel.

La BCE souligne que des retraits massifs peuvent se produire même sans euro numérique, en fonction du contexte macroéconomique ou politique.

Risques de fuite vers des devises étrangères et des actifs numériques

L’un des points les plus sensibles concerne la concurrence avec les stablecoins, souvent adossés au dollar américain. En cas de perte de confiance dans les banques européennes, les épargnants pourraient opter pour ces actifs alternatifs, déclenchant une dollarisation numérique rampante.

Un tel phénomène affaiblirait directement le rôle international de l’euro et déstabiliserait davantage le système financier européen. La BCE insiste donc sur la nécessité d’un cadre réglementaire solide, pour encadrer l’émergence de ces instruments et maintenir la souveraineté monétaire de la zone euro.

Une transition qui reste étroitement surveillée

Si le projet d’euro numérique est officiellement conçu comme un complément à l’argent liquide, il redessine en profondeur la relation entre citoyens, banques et monnaie centrale. Les banques commerciales redoutent un bouleversement de l’équilibre actuel, notamment si une partie significative des dépôts venait à quitter leurs bilans.

La BCE devra ainsi convaincre, par des garanties techniques et juridiques, qu’elle ne cherche pas à fragiliser les acteurs du secteur, mais à préparer l’euro à une nouvelle ère monétaire, plus concurrentielle, plus digitale et surtout plus stratégique.

Sources : BDOR

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