Le CAC 40 clôture stable après une séance volatile marquée par Trump, l'inflation américaine et les résultats des banques US.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 5 minutes

Sommaire
En bref
Le CAC 40 termine quasi stable à 8 367 points après une séance très agitée
Trump renonce à ses taxes de 20% sur le détroit d'Ormuz, le pétrole grimpe
L'inflation américaine de juin ressort plus faible qu'attendu, à 3,5% sur un an
Kevin Warsh se veut rassurant devant le Congrès sur la trajectoire des prix
Les grandes banques américaines dépassent les attentes, IBM déçoit
Le Slip Français fait ses premiers pas en Bourse dans le vert
Le CAC 40 a vécu ce 14 juillet une journée de montagnes russes avant de terminer sur un gain symbolique de 0,03%, à près de 8 367 points. Rien à voir pourtant avec la sérénité affichée en fin de séance. Le matin, l'indice parisien touchait un plancher à 8 275 points, entraîné par l'humeur changeante de Wall Street. Entre géopolitique, statistiques américaines et auditions monétaires, les opérateurs ont eu de quoi s'occuper toute la journée. Ce genre de séance, en dents de scie, rappelle que la stabilité affichée en clôture ne dit rien de la nervosité réelle du marché.
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Sur le plan géopolitique, Donald Trump a une nouvelle fois changé de cap. Après avoir promis la veille des taxes de 20% sur toutes les cargaisons transitant par le détroit d'Ormuz, le président américain y a finalement renoncé. Sur son réseau social, il a salué la puissance de l'armée américaine, remerciant nommément le secrétaire à la Guerre et les responsables militaires du Commandement central. Un blocus reste maintenu, mais uniquement ciblé sur les navires liés à l'Iran. En échange des frais de remboursement initialement envisagés, Trump évoque désormais des accords commerciaux massifs avec les États du Golfe. Conséquence directe sur les marchés : le baril de Brent grimpe de 1,9% ce soir, autour de 85 dollars.
Selon notre expert : Ce niveau de cours sur l'or n'avait plus été vu depuis des mois, et personne ne sait jusqu'où ça peut monter
Bonne nouvelle venue outre-Atlantique. L'indice des prix à la consommation américain a reculé de 0,4% en juin par rapport au mois précédent, alors que le consensus tablait sur -0,1%. Hors alimentation et énergie, l'indice reste stable, contre +0,3% attendu. Sur un an, la hausse des prix ressort à 3,5%, contre 3,9% anticipé, et à 2,6% hors éléments volatils. Ce rapport allège mécaniquement les craintes d'un durcissement monétaire rapide, un soulagement palpable pour les investisseurs qui redoutaient un scénario inflationniste durable.
Kevin Warsh, désormais aux commandes de la Fed, s'est présenté ce mardi devant le Comité des services financiers de la Chambre pour sa première audition semi-annuelle. Son message tient en une phrase : la banque centrale n'a aucune tolérance pour une inflation durablement élevée. Selon lui, l'objectif d'une politique monétaire adéquate reste la boussole du Comité, et la poussée inflationniste des cinq dernières années appartiendra bientôt au passé. Le discours a porté ses fruits sur les anticipations : selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'une hausse de taux le 29 juillet est retombée à 12,3%, contre plus de 40% avant la publication des chiffres de l'inflation. Un basculement rapide qui montre à quel point les marchés réagissent au moindre indice sur la trajectoire des taux.
À mi-séance, Wall Street affichait tout de même une certaine retenue. Le Nasdaq progressait de 0,8%, le S&P 500 de 0,3%, tandis que le Dow Jones cédait 0,2%. Le coup d'envoi de la saison des résultats trimestriels a pourtant été flatteur : JP Morgan, Bank of America, Wells Fargo, Goldman Sachs et Citigroup ont toutes dépassé les attentes. IBM, en revanche, a douché l'enthousiasme avec des prévisions financières jugées décevantes. La démonstration, une fois de plus, que les bonnes surprises sectorielles ne suffisent pas toujours à emporter l'indice dans son ensemble.
À Paris, Thermador Groupe a gagné 2,7% après avoir publié un chiffre d'affaires semestriel en croissance de 11,3%, à 287,9 millions d'euros. Le Slip Français a réalisé ses premiers échanges en Bourse, terminant à 15,1 euros (+2%), après une opération sursouscrite 1,15 fois. Celyad a bondi de 1,6% grâce à un accord de financement avec Fortress Investment Group. Icade a progressé de 1,3% en reprenant l'intégralité de la Tour Eqho à La Défense, un actif désormais entièrement loué offrant un rendement supérieur à 8%. Soitec a repris 5% dans le sillage d'un rebond sectoriel porté par les espoirs autour de la photonique, un titre qui a plus que quadruplé depuis le début de l'année.
Du côté des baisses, Thales a perdu encore 0,5%, enchaînant une sixième séance négative consécutive, sur fond d'ajustements d'analystes avant sa publication semestrielle du 23 juillet. Dassault Systèmes a cédé 1,5% après un abaissement d'objectif de la Deutsche Bank. EssilorLuxottica a chuté de 2,5%, Goldman Sachs jugeant la concurrence sur les lunettes connectées à l'IA de plus en plus vive face à Google, Samsung et Apple. Ubisoft a trébuché de 7% et AB Science a reculé de 7,7%, deux dossiers qui illustrent la nervosité persistante sur certaines valeurs plus spéculatives.
Face à ces séances à répétition, où un tweet présidentiel ou une statistique américaine suffit à faire vaciller les indices, certains épargnants choisissent une autre voie. Les investissements alternatifs séduisent un public croissant, en particulier les métaux précieux, les lingots d'or et d'argent ou encore les pièces d'or. Cette approche, souvent associée à une logique de débancarisation, permet de diversifier son épargne en dehors des circuits bancaires traditionnels et des marchés actions purement spéculatifs. Dans un contexte où les décisions de la Fed et les revirements géopolitiques dictent le tempo des marchés, cette diversification apparaît, pour beaucoup, comme une protection tangible plutôt qu'un simple pari.
Sources : BDOR - Federal Reserve - CME Group
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