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Cours de l’argent : les 55 $ approchés sur fond de panique bancaire et de pénurie mondiale

Le cours de l’argent frôle les 55 $, porté par la crise bancaire US, la pénurie mondiale et l’Inde.

Temps de lecture : 2 minutes

Cours de l’argent : les 55 $ approchés sur fond de panique bancaire et de pénurie mondiale

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En bref

  • L’once d’argent s’échange autour de 54,30 $, au plus près de son record historique de 54,86 $.

  • Les tensions bancaires aux États-Unis (Zions, Western Alliance) ravivent l’intérêt pour les actifs refuges.

  • Une ruée sur l’argent à Londres a provoqué un étranglement historique de liquidité.

  • L’Inde freine ses achats d’ETF en raison d’une offre trop tendue.

  • La Fed est attendue au tournant avec des baisses de taux anticipées en octobre et décembre.

Une progression alimentée par la défiance bancaire

Le cours de l’argent poursuit son ascension entamée en début de semaine, évoluant autour de 54,30 $ l’once lors des échanges asiatiques. La veille, il avait atteint un sommet historique de 54,86 $, porté par un regain de demande de sécurité sur les marchés. Cette dynamique haussière s’ancre dans un climat d’incertitude croissante autour du secteur bancaire américain.

Deux établissements régionaux, Zions Bancorporation et Western Alliance, ont récemment signalé des portefeuilles de prêts fragilisés, ravivant les craintes d’instabilité financière. Ce contexte anxiogène a renforcé l’attrait des investisseurs pour les actifs tangibles, dont l’argent, traditionnellement perçu comme un refuge en période de stress systémique.

A lire aussi : L’argent tutoie des sommets tandis que la planète finance vacille : un scénario qui rappelle l’or post-Covid.

Londres paralysée par un étranglement de liquidité

Le marché londonien, référence mondiale pour les échanges d’argent physique, subit une tension historique sur ses réserves. La raréfaction de la liquidité a déclenché un véritable rush planétaire sur le métal, accentuant les déséquilibres déjà visibles sur le plan mondial.

Parmi les facteurs aggravants, la demande soutenue en provenance de l’Inde a provoqué un assèchement de l’offre disponible. Plusieurs sociétés de gestion ont ainsi suspendu les souscriptions dans leurs fonds de fonds adossés à des ETF argent, signalant un épuisement préoccupant des disponibilités à court terme.

Géopolitique et shutdown : les catalyseurs du repli vers l’argent

Le climat géopolitique tendu, notamment l’escalade verbale entre les États-Unis et la Chine sur les terres rares, renforce l’aversion au risque. Les déclarations musclées de Jamieson Greer (représentant au Commerce) et de Scott Bessent (secrétaire au Trésor) ont pointé du doigt une « prise d’otage » des chaînes d’approvisionnement mondiales par Pékin. Le mot d’ordre : découplage stratégique.

En parallèle, le blocage budgétaire à Washington prolonge le shutdown gouvernemental, maintenant les marchés dans une situation d’attente anxieuse. Ce contexte de paralysie institutionnelle participe à la hausse des actifs non corrélés comme l’argent, jugé plus stable dans un environnement chaotique.

Anticipations de baisse des taux : la Fed sous pression

La perspective d’un assouplissement monétaire renforcé par la Réserve fédérale soutient également le rally haussier. Selon le CME FedWatch Tool, près de 97 % des investisseurs anticipent une baisse des taux en octobre, et 83 % en envisagent une seconde en décembre.

Les signaux en provenance de la Fed confirment cette orientation : Christopher Waller, membre influent, s’est prononcé en faveur d’un nouvel abaissement dès la prochaine réunion. Stephen Miran, récemment nommé gouverneur, milite pour une trajectoire plus agressive encore, tablant sur plusieurs baisses en 2025.

La publication du Beige Book accentue ce sentiment d’urgence, en mettant en lumière une hausse des licenciements et un affaiblissement de la consommation chez les foyers modestes. Ce ralentissement de l’économie réelle rend l’intervention monétaire quasi inévitable, renforçant la position de l’argent en tant que valeur de repli.

Un contexte explosif qui pourrait amplifier la hausse

Entre les signaux de détresse bancaire, les tensions géopolitiques, la rareté physique du métal et la politique monétaire en mutation, tous les indicateurs convergent vers une hausse durable du cours de l’argent. Si le seuil symbolique des 55 $ venait à être franchi de manière stable, de nouveaux sommets pourraient être testés à court terme.

Dans un monde où les certitudes monétaires vacillent, l’argent s’impose comme un baromètre brutal mais révélateur des tensions profondes qui traversent l’économie mondiale.

Sources : BDOR

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