Blocage du détroit d'Ormuz : l'UE étudie le rationnement, l'Asie relance le charbon. Crise énergétique mondiale, profits records pour TotalEnergies.
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Sommaire
En bref
Le détroit d'Ormuz, verrou de 20 % du pétrole mondial et 25 % du gaz naturel liquéfié, est paralysé depuis quatre semaines suite au conflit américano-israélo-iranien.
Les Philippines, l'Indonésie, le Pakistan, le Sri Lanka et le Bangladesh ont adopté des mesures d'urgence énergétique (semaine de quatre jours, fermeture d'universités).
Le commissaire européen à l'énergie, Dan Jorgensen, prévient que la crise sera "longue" ; Bruxelles étudie le rationnement du diesel et du kérosène ainsi que le recours aux réserves stratégiques.
Le charbon revient en force comme solution d'urgence dans plusieurs pays d'Asie, au détriment du climat.
Corée du Sud, Philippines et Indonésie accélèrent leurs programmes d'énergies renouvelables, sans y consacrer encore des investissements massifs.
Les traders de TotalEnergies ont engrangé plus d'un milliard de dollars en un mois ; Venture Global et Vitol ont signé un contrat GNL sur cinq ans.
Quatre semaines. C'est le temps qu'il a suffi pour transformer la fermeture du détroit d'Ormuz en véritable crise économique mondiale. Ce passage stratégique assurait autrefois le transit de 20 % du pétrole mondial et de 25 % du gaz naturel liquéfié (GNL). Depuis sa paralysie consécutive au conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, les stocks s'amenuisent et les destructions infligées aux infrastructures pétrogazières du Golfe écartent tout retour rapide à la normale.
Ed Crooks, expert énergie chez Wood Mackenzie, a choisi une image éloquente pour décrire la situation : "Je pense au coyote qui chasse Bip-Bip. Il continue sa course, il dépasse la falaise, avance dans le vide, jusqu'à ce qu'il comprenne ce qui se passe et finisse par s'écraser." Pour lui, le "crash" n'est plus un scénario à envisager : il est en cours.
Les pays d'Asie, les plus exposés aux importations d'hydrocarbures du Golfe, subissent de plein fouet les conséquences de la fermeture. Les Philippines ont décrété un état d'urgence énergétique dès le 24 mars. L'Indonésie, le Pakistan, le Sri Lanka et le Bangladesh ont chacun adopté des mesures d'adaptation comparables : semaine de quatre jours pour les fonctionnaires, télétravail généralisé, fermeture temporaire des universités au Bangladesh. L'Agence internationale de l'énergie recense l'ensemble de ces dispositions dans un rapport dédié, signe que la communauté internationale prend la mesure d'une crise qui dépasse largement les frontières du Golfe.
Face à l'urgence, les gouvernements réactivent leurs centrales à charbon. "Quoi qu'en disent les acteurs des énergies renouvelables, dans l'urgence, la première chose que font les gouvernements, c'est d'abord de relancer le charbon", observe Olivier Appert, spécialiste de l'énergie à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Bon marché, disponible dans de nombreuses régions du globe et transportable par voie maritime, le charbon reste l'option la plus accessible à court terme — et la plus néfaste pour le climat.
Anna Creti, directrice de la chaire d'économie du climat à Paris-Dauphine, le formule sans ambiguïté : "Le charbon, c'est un patch." Elle rappelle qu'en 2022, l'Europe avait suivi la même logique pour substituer le GNL américain au gaz russe. Le Japon a déjà effectué ce mouvement, en le présentant lui aussi comme "temporaire", selon Maria Pastukova, conseillère au sein du groupe de réflexion E3G.
La crise offre un argument de poids aux partisans de la transition énergétique. La Corée du Sud avait annoncé dès janvier la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires. Les Philippines ont promis d'accélérer le raccordement de 1,5 mégawatt d'énergies renouvelables. L'Indonésie a réaffirmé son objectif de 100 GW solaires d'ici 2030, qualifiant dans le même temps son recours au charbon de "dernier recours".
Le groupe Ember notait dans son rapport du 18 mars que l'énergie solaire, l'éolien, les batteries et les véhicules électriques sont "bien moins chers et plus accessibles qu'en 2022", rendant la transition plus réaliste pour les économies émergentes malgré la pression immédiate. Séoul "a explicitement lié la dépendance aux importations à la crise actuelle et l'a présentée comme une raison d'accélérer le déploiement des renouvelables, pas de le retarder", souligne Pastukova.
Mais ces ambitions restent pour l'instant découplées d'investissements massifs dans la décarbonation. Les aides d'urgence aux carburants subventionnent implicitement les énergies fossiles. Olivier Appert l'assume : "On peut faire de belles déclarations, mais si on veut parler de transition, on s'inscrit forcément dans un temps très long."
Le commissaire européen à l'énergie Dan Jorgensen a durci le ton dans une interview accordée au Financial Times. "Cette crise sera longue... les prix de l'énergie resteront élevés pendant très longtemps", a-t-il déclaré, ajoutant que pour certains produits, "nous nous attendons à une détérioration dans les semaines à venir." Bruxelles étudie désormais "toutes les options", y compris le rationnement du diesel et du kérosène ainsi que le recours accru aux réserves stratégiques de pétrole. Si ces mesures ne sont "pas encore" à l'ordre du jour, la préparation aux "pires scénarios" est bel et bien enclenchée.
Paradoxalement, la crise profite aux acteurs du secteur qu'elle est supposée fragiliser à terme. Selon le Financial Times, les traders de TotalEnergies ont réalisé plus d'un milliard de dollars de gains en un mois sur les marchés pétroliers. Venture Global et le négociant Vitol ont signé dans le même temps un nouveau contrat de livraison de GNL sur cinq ans. La flambée des prix génère des profits qui alimentent de nouveaux investissements dans l'exploration et l'extraction, comme l'a rappelé Jon Rosenow, spécialiste des énergies à l'université d'Oxford.
À Houston, lors du sommet CERAWeek, les représentants du secteur ont reconnu un contexte "incertain". L'analyste Casey Merriman a pointé sur LinkedIn un "décalage entre les déclarations publiques et le tsunami imminent" : "La guerre actuelle représente des risques existentiels pour l'avenir du pétrole et du gaz." Maria Pastukova met en garde contre un cercle vicieux où les chocs d'urgence serviraient à justifier des investissements fossiles à long terme : "Mais il ne faut pas confondre interventions d'urgence et stratégie à long terme."
La crise énergétique en cours rappelle, une fois de plus, à quel point les économies restent exposées aux perturbations géopolitiques et aux chocs sur les marchés de l'énergie. Dans ce contexte d'incertitude durable sur les prix et les approvisionnements, de nombreux épargnants se tournent vers des actifs tangibles et décorrélés des marchés financiers traditionnels. L'or physique — qu'il s'agisse de lingots d'or, de lingots d'argent ou de pièces d'or — constitue historiquement une réserve de valeur reconnue en période de turbulences. Détenir de l'or ou de l'argent en dehors du système bancaire représente une stratégie de débancarisation et de sécurisation de l'épargne face aux crises à répétition qui ébranlent les équilibres mondiaux.
Sources : BDOR / FranceInfo / Reuters
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