Donation et succession : de nombreux seniors jugent les impôts trop élevés
Une large majorité de seniors européens juge la fiscalité des successions trop élevée, révélant un débat profond sur la transmission du patrimoine.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
• Sept seniors européens sur dix estiment que les impôts sur la transmission sont trop élevés.
• Les Belges et les Français figurent parmi les plus critiques.
• L’absence d’impôt successoral en Suède explique une perception plus favorable.
• La transmission financière vers les enfants reste une priorité majeure pour les plus de 60 ans.
• Le vieillissement démographique modifie profondément le calendrier des héritages.
Une contestation massive face à la fiscalité des successions
La perception de la fiscalité des successions atteint un niveau critique parmi les plus de 60 ans en Europe. D’après le baromètre annuel de l’observatoire Cetelem, 69 % des seniors considèrent les impôts de transmission du patrimoine excessifs, qu’il s’agisse de donations anticipées ou d’héritages classiques.
Cette tendance traverse l’ensemble du continent. Le sujet ne se limite pas à une question technique de prélèvement fiscal : il s’inscrit dans un débat sociétal profond lié à la transmission intergénérationnelle et à la redistribution des richesses.
Selon les analyses de l’étude, l’héritage s’impose comme l’un des thèmes économiques les plus sensibles chez les retraités européens, avec une dimension politique marquée.
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Des disparités fortes selon les pays
Une contestation record en Belgique et en France
L’intensité du mécontentement varie nettement selon les États. Les seniors belges affichent le niveau de critique le plus élevé : 90 % dénoncent une taxation jugée excessive.
La France se positionne immédiatement derrière. Parmi les plus de 60 ans, 82 % considèrent la pression fiscale trop lourde, ce qui reflète une perception particulièrement négative de la taxation des héritages.
L’Italie, la Roumanie et le Portugal présentent également des niveaux de rejet élevés, oscillant entre 78 % et 79 %, tandis que l’Espagne reste proche avec 75 % d’opinions défavorables.
L’exception suédoise
À l’opposé, la Suède constitue un cas singulier. Le pays a supprimé l’impôt sur les successions et les donations, ce qui explique une perception nettement plus favorable : près d’un tiers des seniors se déclarent satisfaits.
Les contribuables suédois restent toutefois soumis à l’imposition des plus-values, ce qui maintient une fiscalité indirecte sur le patrimoine transmis.
Une priorité constante : soutenir la génération suivante
Malgré les critiques liées aux prélèvements, les seniors européens restent fortement attachés à la transmission familiale. Huit personnes sur dix jugent essentiel d’apporter un soutien financier à leurs enfants.
Dans les faits, près de 68 % déclarent aider régulièrement leurs descendants, incluant enfants et petits-enfants. Cette solidarité intergénérationnelle demeure un pilier central des stratégies patrimoniales.
Le vieillissement démographique bouleverse les héritages
L’évolution démographique transforme profondément le calendrier des transmissions. L’allongement de l’espérance de vie retarde l’âge auquel les héritiers perçoivent leur patrimoine.
Aujourd’hui, les héritages interviennent fréquemment entre 50 et 60 ans, à un moment où les bénéficiaires disposent déjà d’un logement et d’une situation financière stabilisée. Cette réalité soulève des interrogations sur l’usage futur des capitaux transmis.
Selon notre expert : Des signaux inattendus alimentent un mouvement qui intrigue déjà les grandes institutions.
Patrimoine et stratégies alternatives face à l’incertitude
Face aux débats sur la fiscalité successorale et aux interrogations sur la solidité du système financier, certains épargnants privilégient des actifs tangibles. Les lingots d’or, les pièces d’investissement et l’argent physique constituent des solutions recherchées pour sécuriser une partie du patrimoine hors circuits bancaires traditionnels.
Cette approche répond à une logique de diversification, avec un objectif de protection face aux incertitudes économiques et monétaires.
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