Trump fait plier le dollar : l’euro atteint 1,20 $, son plus haut niveau depuis 2021
L’euro à 1,20 dollar expose l’industrie européenne à des risques, sur fond de stratégie monétaire américaine orchestrée par Donald Trump.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
L’euro atteint 1,20 $, son plus haut niveau depuis 2021.
La Fed a baissé ses taux sous pression de Trump, visant un dollar affaibli.
L’Europe bénéficie d’un pouvoir d’achat renforcé, mais ses exportations reculent.
L’industrie allemande, l’aéronautique et la chimie sont en première ligne.
Trump transforme la politique monétaire en outil de campagne pour 2026.
La BCE reste passive, spectatrice d’un mouvement dicté depuis Washington.
Trump impose un dollar faible : l’euro flambe, l’Europe s’inquiète
La hausse de l’euro face au dollar, qui frôle désormais les 1,20 $, marque un tournant stratégique dans l’affrontement économique entre les États-Unis et la zone euro. Loin d’un simple ajustement monétaire, ce mouvement reflète une volonté politique affirmée de la Maison-Blanche, en pleine préparation de la présidentielle de 2026.
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La Réserve fédérale cède sur les taux
Le 17 septembre, la Fed a abaissé son taux directeur de 0,25 point, rompant une séquence de neuf mois sans mouvement. Cette décision coïncide avec les pressions constantes exercées par Donald Trump, qui accuse un dollar trop fort de nuire à la compétitivité des entreprises américaines.
Sans reconnaître officiellement une soumission politique, la banque centrale aligne désormais sa politique sur les objectifs de l’exécutif. Les marchés y voient un signal limpide : la Maison-Blanche oriente la politique monétaire pour affaiblir le billet vert.
Un outil électoral déguisé
Ce repositionnement du dollar s’inscrit dans une stratégie de campagne. En dopant les exportations américaines, Trump cherche à renforcer son image auprès des États industriels, où l’emploi manufacturier reste central. La monnaie américaine devient un levier électoral, tout en fragilisant les équilibres monétaires mondiaux.
Cette tactique, déjà employée durant son précédent mandat, vise à stimuler l’économie à court terme, quitte à accroître les risques inflationnistes et à décrédibiliser la Fed à l’international.
L’Europe piégée entre consommation et désindustrialisation
Une appréciation bénéfique pour les ménages
L’appréciation de l’euro soulage temporairement les consommateurs européens. Les importations libellées en dollars comme le pétrole ou certains produits technologiques deviennent mécaniquement moins onéreuses. Résultat : un gain de pouvoir d’achat visible sur les prix à la pompe, dans les rayons ou lors de voyages aux États-Unis.
Ce ralentissement de l’inflation importée conforte momentanément les autorités monétaires, et offre une bouffée d’oxygène aux ménages. Mais cette dynamique cache une fragilité structurelle.
Un revers pour les exportateurs européens
La force de l’euro pénalise directement les entreprises exportatrices, notamment dans les secteurs automobile, aéronautique et chimique. Une voiture allemande facturée en euros devient mécaniquement plus coûteuse pour un acheteur américain. Le seuil de rentabilité se réduit, les marges s’effritent, et la compétitivité chute.
L’écart de prix créé par la variation euro/dollar remet en cause certains contrats à l’export, au profit des concurrents américains ou asiatiques.
Selon notre expert : L’euro s’envole, la Fed recule… et le cours de l’or entre dans une nouvelle phase explosive.
Une stratégie unilatérale dictée par Washington
La BCE dans une position d’attente
La Banque centrale européenne n’a pas modifié ses taux récemment. Son absence de réaction traduit une posture d’observation. L’évolution du marché des changes reste dictée par les initiatives de la Fed et de la présidence américaine.
Face à une telle dynamique, la BCE pourrait être contrainte d’intervenir dans les prochains mois si l’euro poursuivait sa progression. Mais l’Europe n’est pas à l’origine de cette tendance : elle la subit.
Une fragilité institutionnelle exposée
Cette dépendance monétaire rappelle l’incapacité structurelle de la zone euro à anticiper les chocs extérieurs de manière coordonnée. La BCE, à la différence de la Fed, agit par consensus et lenteur, ce qui la rend moins réactive aux manœuvres politiques exogènes.
La scène monétaire devient ainsi le théâtre d’un rapport de force déséquilibré, où les décisions américaines redessinent les équilibres européens.
Trump, l’économie et le dollar comme arme politique
Pour Donald Trump, l’arme monétaire ne répond pas uniquement à une logique économique. En abaissant artificiellement le dollar, il s’offre un outil de conquête électorale, au prix d’une volatilité accrue des marchés et d’une déstabilisation des partenaires commerciaux.
L’Europe, en miroir, profite à court terme d’un répit sur les prix à la consommation, mais s’expose à une érosion industrielle préoccupante. Dans ce bras de fer monétaire, le dollar se plie aux volontés présidentielles, tandis que l’euro encaisse les conséquences d’un jeu politique transatlantique qui ne lui profite qu’en surface.
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