EUR/USD face au choc Groenland, les PMI prêts à trancher la semaine
L’EUR/USD reste solide près de 1,1730 alors que le dollar chute sur fond de tensions USA-UE. Les PMI flash vont décider de la suite.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Le dollar cède du terrain malgré des statistiques américaines favorables
- Les PMI flash, arbitres d’une séance cruciale
- EUR/USD sous 1,1765 : une résistance qui bloque l’impulsion
- Les devises bougent vite, l’euro se distingue face au NZD
- Débancarisation : les actifs tangibles reviennent dans les arbitrages
En bref
L’EUR/USD se replie légèrement vers 1,1730 après avoir touché une zone proche de 1,1765, tout en conservant l’essentiel de sa hausse hebdomadaire.
Le dollar américain subit sa plus forte vague de ventes depuis plusieurs mois, sur fond de tensions politiques et diplomatiques entre Washington et l’Union européenne.
Les marchés ont largement ignoré des statistiques américaines solides (PIB, inflation PCE, chômage), la séquence géopolitique étant devenue prioritaire dans les décisions de change.
Les PMI flash attendus en zone euro et aux États-Unis doivent servir de catalyseur de court terme, notamment via le secteur des services.
Techniquement, la paire reste bloquée sous une résistance proche de 1,1765, avec un essoufflement visible du momentum haussier.
L’EUR/USD recule légèrement ce vendredi, autour de 1,1730, après avoir échoué à s’installer durablement au-dessus de la zone de 1,1765. La baisse reste modérée et ne remet pas en cause la dynamique de la semaine : la paire affiche sa performance hebdomadaire la plus solide depuis juin, portée autant par le regain de l’euro que par le décrochage du billet vert.
Ce mouvement s’explique moins par les chiffres macroéconomiques américains que par une détérioration rapide du climat politique transatlantique. La devise américaine, déjà fragilisée par les anticipations de politique monétaire, encaisse cette fois un choc plus symbolique : la remise en question de la crédibilité américaine dans la gestion des relations internationales, sur fond de dossier Groenland.
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Le dollar cède du terrain malgré des statistiques américaines favorables
Les données économiques publiées jeudi auraient normalement dû soutenir la monnaie américaine.
La révision du PIB du troisième trimestre aux États-Unis est ressortie au-dessus des attentes, avec une croissance annualisée portée à 4,4%. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont progressé, mais moins que prévu, restant à un niveau historiquement bas. Enfin, l’indice PCE (la mesure d’inflation privilégiée par la Fed) a montré une légère accélération, confirmant une pression sur les prix toujours présente.
Pris ensemble, ces indicateurs confortent l’idée d’un maintien prolongé des taux directeurs. Pourtant, le marché des changes n’a presque pas réagi à cette série statistique. Le dollar s’est affaibli, signe que les opérateurs regardent ailleurs.
Les tensions USA-UE prennent le contrôle du marché des changes
Le point de bascule s’est joué autour des déclarations de Donald Trump sur le Groenland, présentées comme un accès “total et permanent” obtenu via un accord avec l’OTAN. Même si le ton s’est ensuite adouci vis-à-vis des partenaires européens, le mal est fait : la confiance s’érode, et la monnaie américaine paie immédiatement cette prime de risque politique.
Le Dollar Index (DXY) reste ainsi proche de ses plus bas de trois semaines, et la dynamique hebdomadaire dessine ce qui ressemble à la plus forte pression vendeuse depuis plusieurs mois.
Les PMI flash, arbitres d’une séance cruciale
Après une semaine dominée par les sujets politiques, l’attention du marché se déplace vers un moteur plus classique : les indicateurs avancés d’activité.
Les PMI flash publiés vendredi en zone euro et aux États-Unis devraient servir de déclencheur de court terme, dans une paire déjà proche de niveaux techniques sensibles.
Pour la zone euro, les projections indiquent :
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une amélioration attendue des services (PMI Services vers 52,8 après 52,4),
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un léger mieux du secteur manufacturier (49,0 après 48,8), sans retour net au-dessus de 50.
Côté États-Unis, le PMI services S&P Global est aussi attendu en progression modérée (vers 52,8 après 52,5). Toute surprise, même marginale, peut suffire à déclencher des ajustements rapides, car le marché arrive sur la séance avec des positions déjà orientées.
EUR/USD sous 1,1765 : une résistance qui bloque l’impulsion
Sur le plan technique, le scénario reste limpide : l’EUR/USD a de nouveau buté sur la zone 1,1765, un seuil qui agit comme une barrière depuis plusieurs séances.
Les signaux intraday suggèrent un essoufflement de la hausse :
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le RSI retombe vers 60, se rapprochant d’une zone plus neutre,
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l’histogramme du MACD se contracte, illustrant un ralentissement du momentum.
Niveaux à surveiller
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Support immédiat : 1,1725
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Zone d’alerte : 1,1670 (plus bas de jeudi)
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Résistance : 1,1765
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Objectif en cas de cassure : 1,1808 (sommet du 24 décembre)
Le contexte reste favorable à une volatilité plus élevée : lorsqu’un marché hésite sous résistance et que des statistiques à fort impact arrivent, les mouvements peuvent se déclencher brutalement dans un sens comme dans l’autre.
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Les devises bougent vite, l’euro se distingue face au NZD
Sur la séance, l’euro s’est montré particulièrement solide contre le dollar néo-zélandais, confirmant une recherche de devises perçues comme plus stables à court terme. Cette dynamique reste cohérente avec une phase de réallocation où la prudence reprend la main, même si l’appétit pour le risque s’est brièvement redressé après l’adoucissement du discours américain envers l’Union européenne.
Débancarisation : les actifs tangibles reviennent dans les arbitrages
Face à l’instabilité des devises, aux incertitudes géopolitiques et aux cycles de taux plus longs que prévu, une partie des épargnants et investisseurs s’intéressent à des placements alternatifs décorrélés du système bancaire traditionnel.
L’achat de lingots d’or, de lingots d’argent ou de pièces d’or s’inscrit souvent dans une logique de diversification et de protection patrimoniale, notamment pour réduire l’exposition aux risques bancaires, aux décisions monétaires et aux tensions internationales. Dans ce cadre, le physique est perçu comme un instrument de sécurisation de long terme, particulièrement lorsque les marchés de change deviennent nerveux.
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