Fed : Michael Barr refuse d’affaiblir les banques pour réduire le bilan américain
Michael Barr juge dangereux d’alléger les règles de liquidité pour réduire le bilan de la Fed, au risque de fragiliser les banques.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Michael Barr estime qu’alléger les règles de liquidité bancaire pour réduire le bilan de la Fed serait une erreur.
Selon lui, cette stratégie pourrait accroître les risques de stabilité financière.
La Fed travaille plutôt sur la durée de son portefeuille pour mieux l’aligner avec le marché du Trésor.
Le dollar reste peu animé, avec un DXY proche de 98,95 dans la dépêche initiale.
La Fed refuse le raccourci dangereux sur la liquidité
Michael Barr a choisi une ligne nette. Réduire le bilan de la Fed en affaiblissant les exigences de liquidité imposées aux banques ne serait pas une réforme prudente, mais une mauvaise réponse à un vrai problème. Le gouverneur de la Réserve fédérale américaine l’a dit sans détour : moins de liquidité dans les bilans bancaires augmenterait les risques, au lieu de rendre le système plus efficace.
Son raisonnement est assez simple, presque brutal. Une banque moins contrainte en période calme devient souvent plus dépendante de la banque centrale quand la tension arrive. Résultat paradoxal : la Fed voudrait réduire son empreinte, mais finirait probablement par intervenir davantage.
Le bilan de la Fed n’est pas le seul problème
Le débat américain porte beaucoup sur la taille du portefeuille de la Fed. Après les achats massifs d’actifs depuis 2008 puis durant la crise sanitaire, le sujet reste politiquement sensible. Certains responsables veulent une banque centrale moins présente sur les marchés. L’idée se défend. Mais Barr refuse la méthode qui consisterait à desserrer les garde-fous bancaires.
Selon lui, revenir vers un régime de réserves plus limitées impliquerait des arbitrages lourds. Les marchés monétaires seraient plus nerveux. Les banques garderaient moins de coussins. Et les facilités de liquidité de la Fed deviendraient plus sollicitées lors des secousses.
Ce point mérite d’être pris au sérieux. La crise bancaire de 2023 a montré à quelle vitesse les dépôts peuvent fuir, surtout quand la confiance se fissure. Barr en tire une conclusion inverse à celle des partisans d’un assouplissement : les exigences de liquidité devraient plutôt monter que baisser. La Réserve fédérale rappelle aussi que les tensions bancaires de 2023 plaident pour des exigences plus solides, notamment via la détention d’actifs liquides de haute qualité et l’accès préparé au guichet d’escompte.
Une critique implicite des solutions trop propres
Ce discours a quelque chose d’assez rafraîchissant. Il casse une promesse politique séduisante : réduire le bilan, réduire la présence de la Fed, libérer les banques, et tout irait mieux. En réalité, les tuyaux de la finance américaine sont moins élégants. Les réserves, les Treasuries, les ratios de liquidité et les marchés de financement à court terme forment une mécanique sensible.
Barr défend l’idée que l’efficacité de la politique monétaire dépend d’abord de la gestion des taux. Pas seulement de la taille nominale du bilan. La création de réserves ne coûte pas à la Fed au sens opérationnel, rappelle-t-il. Le vrai sujet reste donc la transmission des décisions de taux vers les marchés.
La banque centrale travaille aussi à modifier la durée de son portefeuille pour mieux l’aligner avec le marché du Trésor. C’est moins spectaculaire qu’une réduction massive du bilan. C’est aussi plus technique. Mais c’est probablement là que se joue la partie sérieuse.
Le dollar reste calme, mais le message est lourd
La réaction du marché des changes reste limitée. Dans la dépêche initiale, le Dollar Index évoluait autour de 98,95, en hausse de 0,07 %. Rien de fracassant. Le marché a souvent besoin de chiffres plus directs pour bouger : inflation, emploi, décision de taux, discours du président de la Fed.
Pourtant, le message de Barr compte. Il rappelle aux investisseurs que la Fed ne veut pas sacrifier la stabilité bancaire sur l’autel d’un bilan plus maigre. Ce n’est pas un détail. Pour les marchés actions, obligataires et devises, la liquidité bancaire reste le carburant invisible. Quand elle manque, tout devient plus cher, plus lent, plus fragile.
Selon notre expert : Les marchés croient respirer, pourtant l’or reste près de niveaux extrêmes tandis que la Fed, le dollar et le Moyen-Orient dictent encore la suite.
Pourquoi ce débat concerne aussi les épargnants
La réduction du bilan de la Fed peut sembler lointaine pour un particulier. Elle influence pourtant les conditions de crédit, les taux obligataires, le dollar et l’appétit pour le risque. Une Fed qui retire trop vite la liquidité peut tendre les marchés. Une Fed qui reste trop présente peut nourrir les critiques sur les distorsions financières. Entre les deux, la marge est étroite.
C’est précisément ce qui rend la position de Barr intéressante. Elle n’est pas spectaculaire, mais elle est prudente. À mon sens, elle dit une chose que les marchés oublient vite : une banque centrale n’a pas seulement pour mission de paraître plus petite. Elle doit rester capable d’empêcher la plomberie financière de casser.
Sources : BDOR
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