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François Bayrou sonne l’alerte sur le budget : où trouver 40 milliards d’euros d’ici 2026 ?

Face à un déficit explosif, Bayrou lance un comité d’alerte pour éviter la censure et trouver 40 milliards € d’économies dès 2026.

Temps de lecture : 4 minutes

François Bayrou sonne l’alerte sur le budget : où trouver 40 milliards d’euros d’ici 2026 ?

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Une réunion d’urgence sous le signe de la rigueur

Le budget 2026 s'annonce sous haute tension. Mardi 15 avril, François Bayrou convoque une réunion exceptionnelle, présentée comme un comité d’alerte sur le budget, pour faire face à une équation redoutable : trouver 40 milliards d’euros d’économies dans un contexte politique fragilisé par la menace d'une censure parlementaire. Le rendez-vous mobilise membres du gouvernement, parlementaires, syndicats et représentants des organismes sociaux. Les collectivités locales seront représentées, à l'exception notable de l’Association des maires de France, qui dénonce une initiative précipitée.

A lire aussi : Le gouvernement peut-il éviter l’explosion ? Une réunion sous tension menace l’équilibre budgétaire de la France.

Ce premier jalon doit inaugurer une méthode que le premier ministre qualifie de « coresponsabilité », appelant les Français à devenir « codécideurs ». À travers cette posture, François Bayrou tente d’ancrer sa gouvernance dans un partage assumé de la charge budgétaire, à l’heure où la dette française dépasse les 3 300 milliards d’euros, soit 113,7 % du PIB, selon l’Insee.

Un état d’alerte qui s’étale sur trois mois

L’exécutif lance ainsi une séquence de trois mois dédiée à l’élaboration de solutions concrètes. Aucune annonce immédiate n’est attendue, mais le ton est donné. Le ministre de l’économie, Eric Lombard, évoque sans détour un « état d’alerte budgétaire », précisant que l’objectif est de faire passer le déficit public de 5,4 % du PIB à 4,6 % en 2026.

Le gouvernement prévoit également de présenter, ce mercredi, en conseil des ministres, son Plan structurel à moyen terme (PSMT), document transmis à la Commission européenne. La trajectoire est ambitieuse, avec une cible de 3 % de déficit à l’horizon 2029, malgré une prévision de croissance rabotée à 0,7 % en 2025, contre 1,1 % l’année précédente.

Des pistes sensibles à l’étude

Parmi les leviers évoqués : le relèvement du taux d’emploi des seniors, la rationalisation des aides publiques, ou encore le ciblage des prestations sociales inefficaces. Des voix au sein du gouvernement pointent les aides à l’investissement, ou encore les exonérations fiscales mal calibrées.

Le débat touche aussi à la fiscalité sur les plus hauts revenus. Eric Lombard a exprimé son souhait de pérenniser la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), qui garantit un taux d’imposition minimal de 20 %. Mais la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a rappelé les engagements de l’exécutif : aucune hausse d’impôts n’est à l’agenda, conformément aux promesses du président de la République.

Une opposition prête à dégainer la censure

Ce plan d’austérité anticipé suscite des réactions vives dans l’opposition. À droite, le Rassemblement national agite déjà la menace d’un vote de censure. Le vice-président du RN, Sébastien Chenu, dénonce un effort demandé aux Français sans révision du train de vie de l’État, ni remise en question des politiques migratoires.

À gauche, la crainte d’un effet récessif prédomine. Le Parti socialiste, par la voix de Olivier Faure, estime que 80 milliards d’euros d’économies pourraient être trouvés en supprimant les allègements fiscaux mis en place depuis 2017.

Un moment charnière pour le quinquennat

Ce comité marque une tentative d’inflexion politique pour un premier ministre souvent accusé d’immobilisme depuis sa prise de fonction. La prochaine loi de finances, examinée dès octobre, testera la solidité de sa majorité face à une opposition qui affûte ses armes.

La France entre donc dans une phase de consolidation budgétaire délicate, où chaque choix sera scruté à la loupe. Derrière les chiffres, c’est la légitimité de l’action publique qui se joue, dans une période de fragilité politique et de contraintes économiques majeures.

Sources : BDOR

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