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Haute-Savoie : le parquet antiterroriste ouvre une enquête après un kidnapping lié à la cryptomonnaie

Deux septuagénaires enlevés en Haute-Savoie, rançon en millions, victimes retrouvées blessées : le Pnaco se saisit d’une enquête explosive.

Temps de lecture : 2 minutes

Haute-Savoie : le parquet antiterroriste ouvre une enquête après un kidnapping lié à la cryptomonnaie

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En bref

• Deux septuagénaires ont été enlevés à leur domicile de Sallanches (Haute-Savoie) dans la nuit du 14 au 15 janvier.
• Les ravisseurs ont exigé une rançon via des vidéos envoyées à leur fils, propriétaire de cryptomonnaies, pour plusieurs millions d’euros.
• Les victimes ont été retrouvées le 16 janvier au soir à Montélimar, sérieusement blessées et hospitalisées.
• Le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) s’est saisi de l’enquête et vise plusieurs chefs lourds, dont l’extorsion en bande organisée.
• L’affaire s’inscrit dans une série de dossiers similaires ouverts en France en quelques jours, sans lien apparent entre eux.

Les faits s’accumulent, et les méthodes se durcissent. En Haute-Savoie, deux septuagénaires ont été kidnappés dans la nuit du 14 au 15 janvier à leur domicile de Sallanches, ciblés non pour leur profil… mais pour celui de leur fils, identifié comme détenteur de cryptomonnaies.

Ce dossier, désormais entre les mains du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), marque une nouvelle étape dans la montée de la criminalité patrimoniale autour des actifs numériques, où la violence physique devient un levier d’extorsion au service d’une rançon.

 

A lire aussi : Le cours de l’or s’affole sur fond de tensions financières mondiales, et certains signaux inquiètent les analystes

 


Une opération nocturne ciblée, avec demande de rançon immédiate

 

D’après des sources concordantes, les ravisseurs ont formulé une demande de rançon peu après l’enlèvement. Le dispositif utilisé est révélateur des codes récents de ces affaires : des vidéos comportant un message de rançon, évoquant plusieurs millions d’euros, auraient été envoyées directement au fils des victimes.

Ce schéma opérationnel est méthodique. La pression psychologique se combine à une menace explicite, avec un objectif clair : accélérer le paiement et court-circuiter toute tentative de négociation, tout en imposant le calendrier des ravisseurs.

 


Retrouvés à Montélimar, gravement blessés

 

Le vendredi 16 janvier au soir, les deux victimes ont été retrouvées à Montélimar (Drôme), à proximité d’une discothèque. Leur état a immédiatement imposé une prise en charge médicale : ils étaient sérieusement blessés, puis hospitalisés.

Le passage à l’acte dépasse ici le vol ou l’escroquerie : l’événement s’inscrit dans une mécanique d’extorsion, où la détention et les sévices constituent un outil de “preuve” destiné à rendre la rançon inévitable.

 


Le Pnaco se saisit du dossier : signal judiciaire fort

 

Le lundi 19 janvier, le Pnaco a confirmé s’être saisi de l’enquête. Le choix de cette juridiction n’a rien d’anodin : cette structure est mobilisée sur les affaires les plus lourdes, lorsque l’organisation et la gravité des faits justifient un pilotage spécialisé.

Les qualifications retenues affichent la couleur :

  • blanchiment en bande organisée

  • extorsion en bande organisée

  • participation à une association de malfaiteurs criminelle

Les investigations ont été confiées aux gendarmes de l’Unité nationale de police judiciaire ainsi qu’à la section de recherche de Chambéry. Le traitement judiciaire laisse entendre que les autorités considèrent ce dossier comme un cas emblématique de la vague récente.

 

Une criminalité opportuniste qui exploite la traçabilité paradoxale des cryptos

Les cryptomonnaies sont traçables sur la blockchain, mais les criminels misent sur un point faible qui demeure : la contrainte directe sur les personnes. En clair, l’agression physique contourne la sécurité informatique.

Le basculement est brutal : lorsqu’un portefeuille résiste aux piratages, la menace se déplace vers l’humain, là où la “sécurité” n’est plus un pare-feu mais un rapport de force.

 

Selon notre expert : Ce qui se prépare sur les marchés pourrait surprendre même les investisseurs aguerris, pendant que l’or attire tous les regards

 


Une quatrième enquête similaire en quelques jours

 

Le Pnaco le précise : il s’agit de la quatrième enquête ouverte en France en quelques jours pour des faits comparables, après des dossiers évoqués en Charente-Maritime, dans la Sarthe et dans le Maine-et-Loire.

Selon une source proche du dossier, ces quatre affaires ne présenteraient pas de lien apparent. Cette précision est importante : elle suggère moins l’existence d’un seul réseau national que la diffusion rapide d’un “mode opératoire” devenu rentable.

 


Charente-Maritime : 8 millions d’euros en cryptomonnaies dérobés

 

Le phénomène n’est pas théorique. Mi-décembre 2025, à Dompierre-sur-Mer (Charente-Maritime), un couple a été séquestré par trois individus cagoulés. Le préjudice annoncé : huit millions d’euros en cryptomonnaies.

Dans cette logique, la cybercriminalité pure laisse place à une criminalité hybride, mélangeant violence physique, intimidation, et transferts d’actifs numériques.

 


Quand la détention de cryptos devient un risque personnel

 

Une réalité s’impose : posséder des cryptomonnaies, en particulier en volume significatif, peut créer une exposition non seulement financière, mais sécuritaire. Les criminels ne cherchent pas uniquement des identifiants : ils cherchent une capitulation.

La multiplication des cas en quelques semaines pose une question simple aux détenteurs d’actifs numériques : la confidentialité est-elle réellement maîtrisée ? Une information qui circule même partiellement suffit parfois à déclencher un ciblage.

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