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Les baisses de taux de la Fed impuissantes face à une inflation persistante selon CNN

L'inflation reste tenace aux États-Unis malgré les baisses de taux de la Fed, selon les dernières prévisions relayées par CNN.

Temps de lecture : 2 minutes

Les baisses de taux de la Fed impuissantes face à une inflation persistante selon CNN

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En bref

  • L'inflation aux États-Unis reste environ 20 % plus élevée qu’en janvier 2021, malgré les baisses de taux.

  • Les responsables de la Réserve fédérale restent divisés sur l’efficacité des mesures monétaires.

  • Le plein emploi est désormais menacé, en particulier chez les jeunes et les ménages les plus modestes.

  • Les politiques commerciales et l’arrêt des statistiques publiques compliquent l’analyse économique.

  • La Fed reste coincée entre maintien de l’activité et maîtrise des prix, sans trajectoire claire.

Les pressions inflationnistes résistent aux décisions de politique monétaire

L'inflation reste élevée aux États-Unis, atteignant encore un niveau environ 20 % supérieur à celui observé début 2021. Les prévisions relayées par CNN soulignent que la stratégie actuelle de baisse des taux orchestrée par la Réserve fédérale américaine peine à produire des effets tangibles sur les prix à la consommation.

En septembre, la Fed a abaissé son taux directeur de 25 points de base, mais cette initiative n’a pas permis de relâcher les tensions économiques ressenties par les ménages. La dynamique inflationniste, nourrie notamment par les politiques commerciales récentes et l’incertitude économique ambiante, semble s’ancrer durablement dans le tissu conjoncturel américain.

A lire aussi : Le pouvoir d’achat s’effondre et la Fed piétine : et si l’or redevenait la seule valeur monétaire réelle ?

Une Fed divisée, entre inflation persistante et emploi en berne

Malgré neuf mois consécutifs sans hausse de taux, l’impact global de la politique monétaire reste incertain. La croissance de l’emploi ralentit, et des catégories comme les jeunes ou les minorités enregistrent une dégradation marquée de leur situation professionnelle.

Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, s’est exprimée sur CNBC en ces termes :

« Nous n’avons pas atteint notre cible de 2 % depuis plus de quatre ans et demi. L’inflation reste une préoccupation majeure. »

Les membres du comité monétaire anticipent encore deux baisses de taux d’ici fin 2025, mais les incertitudes sont profondes, tant du côté du marché du travail que de celui des prix.

Jerome Powell, président de la Fed, a admis la complexité du moment :

« Il n’existe plus de trajectoire sans risque. Nos décisions impliquent des compromis. »

L’équilibre compromis par les tensions commerciales

Jusqu’à fin 2024, les signaux économiques semblaient pointer vers un “atterrissage en douceur”. L’indice PCE, principal indicateur d’inflation de la Fed, était même tombé à 2,3 % en avril, son plus bas niveau depuis quatre ans. Mais les changements intervenus en janvier dans la politique commerciale américaine ont perturbé cette dynamique.

Les entreprises ont gelé leurs recrutements, les prix ont recommencé à grimper et la reprise s’est fragmentée. Selon Philip Straehl (Morningstar Wealth), le climat économique actuel est marqué par des arbitrages douloureux : la Fed sacrifie une partie de la stabilité du marché du travail pour contenir l’incertitude liée aux droits de douane.

Des inégalités de plus en plus visibles

Les ménages les plus modestes subissent de plein fouet les conséquences de cette inflation résiliente. Leurs dépenses ont chuté, leurs options de consommation se sont réduites et leurs scores de crédit se dégradent rapidement. Le redémarrage des remboursements d’emprunts étudiants n’a fait qu’aggraver cette pression financière.

Charles Scharf, PDG de Wells Fargo, résume la situation :

« Les clients à faibles revenus vivent avec moins que ce qu’ils avaient avant la pandémie. Leur marge de manœuvre est inexistante. »

Cette fracture se reflète dans l’indice de confiance des consommateurs mesuré par l’Université du Michigan : les ménages aisés, souvent actionnaires, conservent un certain optimisme ; les autres expriment une inquiétude croissante.

L'absence de données économiques paralyse les décisions

Le blocage partiel de l’administration américaine empêche la publication des statistiques économiques clés, comme le rapport sur l’emploi ou l’évolution de l’indice PCE. Cette opacité ajoute à l’incertitude, laissant la Fed sans repère clair au moment de trancher sur ses futures orientations.

Austan Goolsbee, président de la Fed de Chicago, a résumé la difficulté de l’instant :

« Aucun manuel ne dit comment réagir face à un choc stagflationniste. »

Vers une fin d’année sous haute tension monétaire

Le taux de chômage, actuellement à 4,3 %, reste maîtrisé mais montre des signes inquiétants. Historiquement, toute hausse tend à s’auto-entretenir si elle n’est pas rapidement enrayée. À l’approche de la réunion monétaire des 28 et 29 octobre, les marchés tablent sur une nouvelle baisse de taux d’un quart de point.

Mais la Fed se trouve désormais confrontée à un triple défi : maintenir son indépendance, juguler l’inflation persistante et éviter une flambée du chômage dans un environnement économique toujours instable.

La portée des prochaines décisions dépendra de deux éléments : la trajectoire des relations commerciales et la capacité du marché du travail à absorber les futurs ajustements de taux. Faute de données fiables et dans un contexte politique tendu, la Fed avance à l’aveugle, sous le regard attentif des ménages, des entreprises… et des marchés mondiaux.

Sources : BDOR

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