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L'agence S&P va-t-elle dégrader la note de la France ce vendredi face à un déficit record ?

Dette française : S&P pourrait dégrader la note de la France dès vendredi. Le pays affiche le pire déficit public de la zone euro.

Temps de lecture : 2 minutes

L'agence S&P va-t-elle dégrader la note de la France ce vendredi face à un déficit record ?

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En bref

  • La note souveraine de la France sera réévaluée ce vendredi par l'agence S&P

  • Le pays affiche les pires déficits publics de la zone euro pour 2025 et 2026

  • Une dégradation entraînerait des tensions sur les taux de financement

  • Le gouvernement n’a pas présenté de mesures budgétaires suffisantes

  • Les marchés restent attentifs à l'évolution du ratio dette/PIB

Une évaluation attendue dans un climat budgétaire sous tension

Ce vendredi, l’agence de notation S&P rendra son verdict sur la dette française. Depuis février, la note souveraine AA- est assortie d’une perspective négative. Malgré les annonces politiques, aucun changement structurel n’est intervenu pour enrayer la dégradation des comptes publics.

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Les perspectives budgétaires restent fragiles. La France affiche désormais le pire déficit public de la zone euro pour 2025 et 2026 : respectivement 5,6 % et 5,7 % du PIB, selon les prévisions de la Commission européenne publiées le 19 mai. Ces niveaux dépassent les objectifs fixés par le gouvernement, qui tablait sur un recul à 5,4 % en 2025 et 4,6 % en 2026, avec un retour sous la barre des 3 % prévu pour 2029.

Un contexte politique délicat et des marges de manœuvre réduites

Sur le plan politique, aucune réforme de grande ampleur n’a été mise en œuvre depuis le début de l’année. Le Premier ministre François Bayrou a récemment évoqué une possible hausse de la TVA sociale, afin de financer des dépenses sociales toujours plus lourdes. Une telle mesure nécessiterait un large consensus auprès des partenaires sociaux et des partis politiques pour éviter un blocage parlementaire.

En parallèle, la Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme sur le financement de la Sécurité sociale. Son président, Pierre Moscovici, a mis en garde contre un risque de "crise de liquidité" dès l’an prochain, soulignant un dérapage jugé hors de contrôle.

Le poids croissant des charges d'intérêt

La situation est aggravée par le coût croissant du service de la dette. D’après Éric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management, les charges d’intérêt représenteront 5,6 % des recettes fiscales en 2025, un niveau parmi les plus élevés de la zone euro. À titre de comparaison, ce ratio se limite à 2 % aux Pays-Bas et à 2,7 % en Allemagne, pays bénéficiant de la note AAA.

Même en excluant ces charges, le déficit primaire de la France atteindrait 3,1 % du PIB en 2025, un niveau supérieur à celui de l'ensemble des pays de la zone euro, hormis la Slovaquie. À l’inverse, des pays comme le Portugal ou l’Italie dégagent un excédent primaire.

Une dynamique de dette insoutenable à court terme

Pour conserver la confiance des marchés, il serait impératif de contenir la progression du ratio dette/PIB. Selon les calculs d’Éric Dor, avec une croissance attendue de seulement 0,6 % en 2025, le déficit primaire ne devrait pas dépasser 0,13 % du PIB pour stabiliser la dette. Ce scénario paraît peu réaliste, la dette étant appelée à grimper de 113 % du PIB en 2024 à 116 % en 2025.

Pour l’instant, les marchés restent modérément confiants. Une dégradation de la note ferait toutefois basculer la France dans la catégorie A, restreignant l’accès à certains fonds institutionnels qui privilégient le double AA. Une telle évolution entraînerait mécaniquement une hausse des taux de financement.

Quel choix pour S&P ce vendredi ?

Le scénario le plus probable reste une décision prudente de la part de S&P, qui pourrait temporiser en attendant de nouveaux éléments, notamment sur le dossier des retraites et le projet de budget. Une dégradation dès ce vendredi n’est pas exclue, mais l’agence pourrait choisir de "laisser du temps" au gouvernement pour présenter des mesures plus crédibles.

Par ailleurs, les autres agences maintiennent également une posture réservée. Fitch classe la France en AA- avec perspective négative. Moody’s a déjà abaissé sa note en décembre dernier à Aa3, équivalent de AA-, assortie d’une perspective stable.

L’enjeu de cette réévaluation est majeur : une décision défavorable renforcerait les tensions sur les marchés et complexifierait davantage la gestion d’une dette qui semble de plus en plus difficile à maîtriser.

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Sources : BDOR

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