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L’inflation a-t-elle vraiment disparu ? La réponse n’est pas si simple

Trump relance les taxes, l’inflation résiste, les entreprises vacillent : l'équation se complique avant la réunion de la Fed.

Temps de lecture : 4 minutes

L’inflation a-t-elle vraiment disparu ? La réponse n’est pas si simple

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En bref :

  • Les États-Unis ont porté leur taux de droits de douane de 2,4 % à 15 % en six mois

  • L’inflation américaine reste stable à 2,4 %, mais cache des hausses sectorielles

  • Les prix des biens soumis aux taxes douanières augmentent progressivement

  • Les entreprises jonglent entre hausse des prix, réduction de marge ou stratégie hybride

  • Un impact différé sur l'inflation est attendu à l’approche de l’automne

  • La Fed surveille de près la corrélation entre profits, marges et emploi

Trump relance la guerre tarifaire, les prix résistent… pour l’instant

Les décisions de l’administration Trump sur les droits de douane continuent d'agiter les marchés. Si des accords ont été récemment conclus avec la Chine et le Royaume-Uni, les négociations avec la zone euro et le Japon restent en suspens. Dans les faits, le taux moyen effectif des droits de douane appliqué par les États-Unis a bondi : de 2,4 % fin 2024 à environ 15 % aujourd’hui.

A lire aussi : Le cours de l’or pourrait bien repartir à la hausse si l'inflation dérape en coulisse malgré les chiffres apaisants !

Surprise, les chiffres de l’inflation de mai ne montrent pourtant aucune flambée. L'indice des prix à la consommation reste contenu. De quoi interroger sur la capacité réelle de l’économie à absorber un choc tarifaire d’une telle ampleur.

Une inflation globale trompeuse mais des signaux faibles émergent

Les statistiques publiées en mai indiquent une inflation annuelle stable à 2,4 %, avec une variation mensuelle de seulement 0,1 %, contre 0,2 % attendu. Cette stabilité, en partie due à des prix de l’énergie faibles, masque toutefois des hausses localisées dans certaines catégories.

L’inflation cœur, c’est-à-dire hors énergie et alimentation, reste figée à 2,8 %, en deçà des projections. Un examen plus granulaire de l’indice des prix fait apparaître des tensions spécifiques : les équipements pour la maison, jouets et produits électroniques enregistrent une hausse, directement liée aux nouveaux droits de douane.

Les biens importés sous pression… mais les services amortissent le choc

Certes, les prix des biens ne constituent qu’environ 23 % de l’indice global. Les services, en revanche, en représentent l’essentiel, et c’est précisément cette catégorie qui a enregistré un ralentissement en mai. Cette dynamique contribue à neutraliser l’effet inflationniste potentiel des taxes à l’importation.

Certaines hausses sont donc bel et bien visibles, mais diluées dans la structure composite de l’indice. Les voitures neuves, d’occasion ou encore les vêtements, pourtant très exposés aux taxes, restent pour l’instant épargnés.

Trois scénarios envisagés pour la stratégie des entreprises

1. Répercussion immédiate des coûts sur les prix

Une partie des analystes évoque la possibilité que les entreprises aient déjà intégré les nouveaux tarifs dans leurs grilles. Ce scénario suppose une transmission directe et sans friction. Mais cette hypothèse se heurte à plusieurs obstacles : nécessité d’un temps d’adaptation, écoulement des stocks existants, comportements prudents face à la concurrence. Résultat : peu probable que cette option soit généralisée.

2. Maintien des prix, érosion des marges

Dans un environnement concurrentiel tendu, certaines entreprises pourraient choisir de préserver leurs prix au détriment de leurs marges. Les niveaux de marges historiques atteints fin 2024 peuvent justifier cette stratégie de court terme. Mais elle reste peu conforme aux réflexes habituels, notamment dans l’industrie, où les ajustements tarifaires sont souvent la norme.

3. Ajustement partiel des prix et compromis sur la rentabilité

Le scénario le plus cohérent mêle hausse modérée des prix et réduction partielle des marges. C’est d’ailleurs ce que suggèrent les dernières enquêtes sectorielles : les entreprises reconnaissent une hausse de leurs coûts de production, et envisagent une augmentation progressive des prix sur une fenêtre de 1 à 6 mois. Cette montée en puissance, amortie par les stocks constitués en amont, pourrait se traduire par une inflation progressive d’ici la fin de l’été.

Fed : prudence avant décision monétaire

L’ensemble de ces éléments dessine un paysage économique plus complexe qu’il n’y paraît. La Réserve fédérale, qui tiendra sa réunion le 18 juin, devra intégrer ces signaux contradictoires dans sa lecture des dynamiques inflationnistes.

Les arbitrages à venir tiendront compte de plusieurs facteurs : évolution des marges, niveau de profits, comportement de l’emploi. Autant d’indicateurs que les marchés scruteront à la loupe dans les prochaines semaines.

Sources : BDOR

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