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La dédollarisation entre dans le bâtiment de la Réserve fédérale à New York

Les réserves de bons du Trésor détenues à la Fed de New York chutent à leur plus bas niveau depuis 2012.

Temps de lecture : 2 minutes

La dédollarisation entre dans le bâtiment de la Réserve fédérale à New York

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En bref

  • Les réserves étrangères en bons du Trésor US stockées à la Fed de New York chutent à 2 780 Md$, un plus bas depuis 2012.

  • La dédollarisation n’est plus une hypothèse : même les grandes banques centrales (Chine, Japon, Inde, UK) réduisent leur exposition au dollar.

  • Cette baisse des avoirs n’est pas liée aux tensions commerciales, mais à un mouvement de fond accéléré en 2025.

  • La Réserve fédérale est directement confrontée à la perte de confiance dans la dette souveraine américaine.

La Réserve fédérale de New York confrontée à l’érosion du dollar mondial

Le mouvement de dédollarisation prend désormais une dimension tangible au sein même de la Réserve fédérale de New York. Les données les plus récentes indiquent une chute marquée des réserves de bons du Trésor américain détenues par les banques centrales étrangères, lesquelles sont conservées dans les coffres du bâtiment emblématique de Lower Manhattan. Le montant, désormais à 2 780 milliards de dollars, atteint son plus bas niveau depuis août 2012.

Ce repli, évalué à près de 130 milliards de dollars sur un an, confirme une désaffection croissante des institutions monétaires étrangères pour les actifs libellés en dollar. À titre de comparaison, ces mêmes avoirs s’élevaient à 2 950 milliards il y a encore deux ans.

A lire aussi : Pendant que les banques centrales fuient le dollar, le cours de l’or se positionne comme valeur d’ancrage mondiale.

Chine, Japon, Inde, Royaume-Uni : les grands se détournent des Treasuries

L’érosion de ces réserves ne se limite pas à quelques acteurs isolés. Selon les données publiées par l’International Banker, plusieurs grandes puissances – Chine, Japon, Inde, Royaume-Uni – ont réduit de façon continue leur exposition aux bons du Trésor américain. Cette dynamique reflète une évolution stratégique dans la gestion des réserves de change, où la place dominante du dollar est de plus en plus remise en question.

Contrairement à certaines interprétations hâtives, cette tendance ne semble pas liée aux tensions commerciales déclenchées par l’administration Trump. Les économistes de JP Morgan soulignent qu’aucune corrélation directe n’a été observée entre l’annonce des droits de douane en avril et le déclin des avoirs en Treasuries.

Un recul structurel de la confiance dans le dollar

Les récentes analyses de marché confirment que ce désengagement est d’origine structurelle. Steve Barrow, stratégiste chez Standard Bank, estime que la rapidité de la baisse des avoirs reflète une perte d’intérêt pour le marché obligataire américain, mais aussi pour le dollar en tant que monnaie de réserve.

Pour la première fois depuis plus d’une décennie, la dédollarisation ne se limite plus aux discours diplomatiques ou aux initiatives des BRICS. Elle s’incarne désormais dans les bilans des banques centrales et se matérialise jusque dans les couloirs de la Fed. Le signal est clair : les grandes économies cherchent à diversifier leur exposition monétaire et à réduire leur dépendance au dollar américain.

Un changement de paradigme géofinancier

Cette dynamique remet en cause un pilier de la puissance économique des États-Unis : la capacité à financer leur dette via des acheteurs étrangers captifs. Le recul des investissements dans les Treasuries implique une remise en question du rôle traditionnel du dollar dans les transactions et réserves mondiales.

Ce contexte pourrait redonner un rôle central à des actifs non souverains, comme l’or physique, qui redevient un repère de stabilité pour de nombreuses banques centrales. Alors que l’once flirte avec ses plus hauts historiques, la défiance envers la dette américaine pourrait encore accentuer cette tendance.

Sources : BDOR

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