LEP : ce scénario inquiétant qui pourrait faire chuter le taux sous 1% dès août
Le taux du Livret d’épargne populaire pourrait plonger dès le 1er août, malgré le soutien du Livret A. Quelles conséquences pour les épargnants ?
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Une chute annoncée : le rendement du LEP sous pression
La fête pourrait bien être terminée pour le Livret d’épargne populaire (LEP). Depuis le 1er février 2025, son taux net d’impôt de 3,5 % faisait figure d’exception dans un paysage de rendements asséchés. Mais l’ombre d’un brutal retour à la réalité plane désormais sur les 12,5 millions de détenteurs de ce livret réservé aux revenus modestes.
La raison ? Une inflation en berne, confirmée par les derniers chiffres publiés par l’Insee le 30 avril. L’inflation hors tabac n’a progressé que de 0,8 % sur le mois écoulé, confirmant une tendance au reflux continu depuis janvier. Une situation qui, mécaniquement, tire le rendement théorique du LEP vers le bas.
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Sur les six premiers mois de 2025, la moyenne de l’inflation hors tabac pourrait s’établir à 0,85 %, laissant présager un taux d’intérêt révisé qui frôlerait les 0,9 %. Une division par près de quatre en l’espace de six mois.
Le garde-fou Livret A : un seuil de sécurité
Les projections les plus alarmistes doivent toutefois être nuancées. Le taux du LEP ne peut légalement passer sous celui du Livret A, majoré d’un demi-point. C’est ce que rappelle l’arrêté du 27 janvier 2021, un texte clé dans le pilotage des produits d’épargne réglementés.
Concrètement, avec un Livret A figé à 1,7 %, le rendement du LEP ne pourra descendre sous la barre des 2,2 %. Ce seuil constitue un plancher solide pour les titulaires du livret, même dans un contexte de désinflation accélérée.
Mais ce n’est pas tout. L’État dispose encore d’un levier politique : celui de la dérogation. En février dernier, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, et le ministère de l’Économie, ont déjà dérogé à la formule stricte, maintenant le taux à 3,5 % au lieu des 2,9 % calculés.
Une décision attendue : entre équité et pression politique
Le prochain rendez-vous est fixé au 1er août 2025. À cette date, Bercy pourra de nouveau infléchir la formule mathématique, au nom du pouvoir d’achat des plus fragiles. Une mesure politiquement chargée, à l’heure où l’exécutif cherche à préserver la confiance des ménages.
Les signaux convergent donc vers un repli significatif, mais probablement contenu, du taux du LEP. Le scénario d’un passage sous les 2 % semble, à ce jour, écarté. Mais une baisse reste inévitable.
Les prochains chiffres de l’Insee, attendus en juin, seront donc scrutés à la loupe. Ils scelleront le sort estival d’un produit d’épargne devenu refuge, et désormais rattrapé par un retour brutal à la normalité.
Sources : BDOR
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