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Livret A et LEP : vers une nouvelle baisse du taux en février 2026 ?

Le taux du Livret A pourrait tomber à 1,30 % début 2026, avec un LEP également en baisse. Le rendement de l’épargne continue de se dégrader.

Temps de lecture : 3 minutes

Livret A et LEP : vers une nouvelle baisse du taux en février 2026 ?

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En bref

  • Le Livret A pourrait passer de 1,70 % à 1,30 % dès février 2026

  • Le LEP reculerait à 2,30 %, affectant les épargnants modestes

  • Inflation et €ster en net repli, pénalisant les taux réglementés

  • Une nouvelle perte de pouvoir d’achat sur les produits d’épargne liquide

  • L'assurance-vie redevient une alternative envisagée par les épargnants

La dynamique baissière entamée à l’été 2025 sur les produits d’épargne réglementée semble bien partie pour se prolonger au début de l’année prochaine. D’après les dernières projections, le Livret A pourrait voir son taux de rémunération tomber à 1,30 % en février 2026, soit un plus bas rarement atteint depuis une quinzaine d’années.

Une correction marquante intervenue en 2025

Durant l’été, la rémunération nette du Livret A avait été ramenée de 2,40 % à 1,70 %, une réduction brutale de 70 points de base. Cette baisse avait entraîné dans son sillage plusieurs autres produits : le LDDS a été aligné sur le même taux, tandis que le LEP est descendu à 2,70 %, et que le CEL a été révisé à 1,25 %.

Dans un contexte de fragilité persistante du pouvoir d’achat, ces ajustements ont entraîné une réduction visible du rendement de l’épargne liquide, particulièrement pour les ménages modestes.

A lire aussi : L’or franchit un seuil critique et relance les interrogations sur la solidité de l’euro.

Des indicateurs défavorables et persistants

Le calcul du taux du Livret A repose sur deux paramètres : l’inflation hors tabac et l’€ster (le taux interbancaire de référence de la zone euro). Or, les deux indicateurs évoluent défavorablement depuis plusieurs mois.

L’INSEE a publié des chiffres sans équivoque pour le premier semestre 2025 :

  • Inflation hors tabac à 0,9 %, contre 1,47 % fin 2024

  • €ster à 2,46 %, en recul sensible par rapport aux 3,45 % précédents

Les prévisions pour le second semestre confirment cette tendance. Dans sa note du 11 septembre, l’INSEE projette une inflation moyenne autour de 1,033 %, insuffisante pour justifier une revalorisation du Livret A.

Nouvelle mise à jour attendue en février

Comme le veut la formule de calcul, une actualisation du taux interviendra début février 2026. Selon les données actuelles, le scénario le plus probable serait une rémunération ramenée à 1,30 %, toujours basée sur une inflation avoisinant 1 % et un €ster estimé à 1,50 %.

Le recul serait moins sévère qu’en août, mais confirmerait une orientation défavorable pour les épargnants. L’impact, s’il peut sembler limité sur le court terme, devient plus pesant sur des placements prolongés.

LEP : un rendement encore au-dessus, mais en baisse

Le LEP conserverait théoriquement un point de rémunération de plus que le Livret A, en vertu d’un ajustement politique exceptionnel. Ce mécanisme permettrait de maintenir son taux à 2,30 %, dans l’hypothèse d’un Livret A à 1,30 %.

Ce niveau reste relativement avantageux, mais en net recul par rapport au 3,50 % encore en vigueur en début d’année 2025. Les titulaires de LEP, souvent issus de foyers à revenus modestes, subiraient donc également une contraction du rendement réel.

Une érosion progressive du rendement garanti

Dans un environnement où les taux de la BCE fléchissent et où l’inflation ralentit sans retrouver une dynamique soutenue, les produits d’épargne liquide deviennent structurellement moins intéressants. Le Livret A continue certes d’assurer sécurité et liquidité, mais son attrait s’estompe face à des produits comme l’assurance-vie, dont la fiscalité et la rentabilité redeviennent compétitives.

Cette transition de l’épargne vers des véhicules plus dynamiques s’observe déjà dans les flux récents, avec une décollecte continue sur le Livret A depuis le printemps 2025.

Vers une redirection de l’épargne : débancarisation en hausse et ruée vers les actifs tangibles

La dégradation continue des taux réglementés pousse un nombre croissant d’épargnants à s’éloigner des produits traditionnels bancarisés. Ce mouvement de débancarisation ne concerne plus seulement les profils fortunés : il s’observe aussi chez les ménages prudents, en quête de solutions d’épargne stables, liquides et fiscalement neutres.

Parmi les alternatives privilégiées, les lingots d’or ou d’argent s’imposent progressivement comme des réserves patrimoniales non corrélées aux taux directeurs. Leur particularité : aucune imposition sur les plus-values après 22 ans de détention, un avantage décisif à l’heure où la fiscalité sur les revenus financiers reste élevée.

Cette stratégie, autrefois cantonnée aux investisseurs avertis, séduit désormais un public plus large, soucieux de préserver son capital hors du circuit bancaire classique. L’engouement pour l’or physique témoigne de cette volonté de réancrer l’épargne dans des valeurs tangibles, particulièrement en période d’instabilité monétaire et de rendements bancaires affaiblis.

Sources : BDOR

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