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Pourquoi la Fed s’oppose à toute baisse des taux en 2025

Face aux tarifs de Trump et à l’inflation incertaine, la Fed maintient ses taux. Powell justifie une stratégie de prudence très surveillée.

Temps de lecture : 4 minutes

Pourquoi la Fed s’oppose à toute baisse des taux en 2025

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En bref

  • Tensions commerciales : les tarifs douaniers de Trump nourrissent des incertitudes inflationnistes.

  • Inflation instable : les données récentes restent trop fragiles pour trancher.

  • Marché du travail solide : pas de signes alarmants de chômage.

  • Vision prospective : la Fed anticipe les risques futurs avant d’agir.

Une décision sous haute tension politique

La conférence de presse de Jerome Powell, tenue mercredi à Washington, s'est rapidement transformée en justification publique. Le président de la Réserve fédérale s’est attelé à répondre à une question centrale : pourquoi maintenir un taux directeur inchangé malgré des signes visibles de ralentissement de l’inflation ?

A lire aussi : L’or résistera-t-il aux tensions géopolitiques et à la stratégie figée de la Fed ? La réponse pourrait bouleverser les portefeuilles !

Des voix critiques s’élèvent, au premier rang desquelles Donald Trump, pour dénoncer une politique monétaire jugée trop restrictive. Le locataire de Mar-a-Lago martèle que la Fed devrait déjà stimuler la croissance via une baisse des taux, surtout dans un contexte de ralentissement des dépenses des ménages.

L’effet retardé des tarifs douaniers

L’un des principaux freins identifiés par Powell est la stratégie tarifaire engagée depuis février par Donald Trump. Cette vague protectionniste, encore en cours de déploiement, vise des secteurs stratégiques : puces électroniques, bois d’œuvre, produits pharmaceutiques, automobiles étrangères…

Pour Powell, le risque est clair : ces mesures pourraient alimenter une reprise de l’inflation, d’autant que la transmission des hausses de coûts vers les prix à la consommation est encore incertaine et décalée dans le temps.

« Il y a de nombreux développements à venir, même à court terme. Nous ne savons pas encore avec toute confiance où ils s’établiront », a-t-il précisé.

Une inflation encore mal cernée

Si les derniers rapports mensuels montrent une désinflation notable, la Fed estime que les effets des nouveaux tarifs n’ont pas encore eu le temps de se matérialiser.

Jerome Powell reste prudent : « Nous avons l’impression que nous allons en savoir beaucoup plus au cours de l’été. » La chaîne de transmission est longue et complexe : producteurs, exportateurs, importateurs, distributeurs et consommateurs interagissent à différents rythmes. Rien ne permet aujourd’hui de mesurer précisément l’impact réel sur les prix finaux.

Le marché du travail reste solide

L’autre pilier du raisonnement de la Fed repose sur la stabilité du marché de l’emploi. Le taux de chômage reste bas, à 4,2 %, un niveau que Powell juge compatible avec un équilibre à long terme.

En l’absence de détérioration visible de l’emploi, aucune urgence ne justifie un assouplissement monétaire immédiat. D’autant que tout ajustement prématuré pourrait être contre-productif si l’inflation repartait à la hausse dans les mois à venir.

« Parce que l’économie est toujours solide, nous pouvons prendre le temps de voir ce qui va se passer », a insisté Powell.

Une banque centrale tournée vers les risques à venir

La posture actuelle de la Fed repose sur un principe fondamental : agir avant que le danger ne se matérialise pleinement. Ce positionnement proactif, Powell le justifie par l'expérience de mars 2020, lorsque la Fed avait immédiatement abaissé les taux à zéro face à la pandémie naissante, avant même que ses effets économiques ne soient visibles.

Aujourd’hui, ce sont les anticipations de hausse de prix qui guident la prudence. Les projections internes de la Fed pour les mois à venir évoquent une possible résurgence de l’inflation, surtout si les tarifs douaniers sont maintenus ou élargis.

Un équilibre précaire entre croissance et stabilité

Face aux pressions politiques, aux signaux économiques contradictoires et à une situation géopolitique instable, la Fed mise sur le temps. Attendre, observer, et ajuster ensuite : c’est la stratégie choisie pour l’instant.

Le dilemme est réel : relâcher trop tôt pourrait réveiller l’inflation. Tarder trop longtemps, et c’est la croissance qui pourrait s’essouffler.

La patience de la Fed sera-t-elle payante ? L’été apportera des réponses décisives, mais aussi de nouveaux risques.

Sources : BDOR

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