Pourquoi la France garde 2 437 tonnes d’or sous Paris ? Rôle, valeur, sécurité et enjeux économiques d’un stock stratégique figé depuis 2009.
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Sommaire
En bref
• La France détient 2 437 tonnes d’or, soit la 4e réserve mondiale derrière les États-Unis, l’Allemagne et l’Italie.
• Ce stock n’a plus bougé depuis 2009, date des dernières ventes d’or menées entre 2004 et 2009 (589 tonnes cédées).
• La Banque de France évalue ce stock à plus de 280 milliards d’euros au cours actuel, un montant faible au regard de la dette publique.
• Vendre ces réserves pour réduire la dette ne ferait qu’un effet ponctuel et ne réglerait pas le déséquilibre budgétaire structurel.
• Conservé à 27 mètres sous terre dans “La Souterraine”, l’or sert avant tout de garantie de crédibilité financière et de stabilité monétaire.
• La Banque de France conserve aussi une petite partie d’or appartenant à des institutions étrangères et organisations internationales.
Alors que l’euro, le dollar ou le yen vivent au rythme des tensions géopolitiques, des décisions des banques centrales et des cycles économiques, un actif continue d’occuper une place à part dans la mécanique financière des États : l’or. Sa logique n’obéit pas aux mêmes règles qu’une monnaie nationale, et sa détention reste un marqueur de puissance financière.
Sur ce terrain, la France joue dans le haut de tableau. Avec 2 437 tonnes, elle dispose de la quatrième réserve mondiale, derrière les États-Unis (8 133 tonnes), l’Allemagne (3 350 tonnes) et l’Italie (2 452 tonnes), d’après un bilan publié en novembre 2025.
Autre point notable : ce volume est stable depuis longtemps. La Banque de France ne prévoit aucune évolution, ni hausse ni baisse, du stock dans les prochaines années.
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La situation actuelle contraste avec l’histoire récente de la réserve nationale. Après la Seconde Guerre mondiale, la France disposait d’un stock jugé faible, avant une remontée progressive dans les années 1950, notamment pour respecter les Accords de Bretton Woods, qui structuraient le système monétaire international autour d’un dollar convertible en or.
La réserve a culminé dans les années 1960, puis un tournant s’est produit au milieu des années 2000 : entre 2004 et 2009, la France a cédé 589 tonnes, soit environ 20 % du stock.
La Banque de France explique que ces ventes répondaient à une logique de gestion plus active des réserves de change, avec un réinvestissement intégral en devises. L’objectif affiché n’était pas de “sortir de l’or”, mais d’arbitrer et de diversifier.
Résultat : depuis 2009, l’or français est resté figé à son niveau actuel.
La question revient périodiquement, surtout lorsque la dette publique devient un sujet explosif. Fin deuxième trimestre 2025, elle atteignait 3 416,3 milliards d’euros, soit 115,6 % du PIB.
À première lecture, conserver autant d’or immobilisé peut sembler paradoxal. Pourtant, les ordres de grandeur écrasent l’idée.
La Banque de France estime que l’encours d’or représente plus de 280 milliards d’euros au cours actuel. Cela équivaut à moins de 10 % de la dette publique.
Bruno Tinel, maître de conférence à Paris I Panthéon-Sorbonne et directeur du Master monnaie, banque, finance, assurance, le résume clairement : une vente massive serait faisable techniquement, mais économiquement stérile. Elle créerait un effet “one-shot”, rapidement consommé, incapable de modifier la trajectoire du pays.
Du côté de la Banque de France, la ligne est nette : vendre pour dégager une plus-value produirait un revenu temporaire, sans aucune continuité possible. Surtout, ce geste ne traiterait pas l’origine du problème, liée à l’écart structurel entre dépenses et recettes publiques.
Si l’or ne sert pas à rembourser la dette, il n’est pas décoratif pour autant. La Banque de France insiste sur sa fonction stratégique : renforcer la crédibilité et la solidité financière de l’institution pour conduire la politique monétaire en indépendance, tout en contribuant à la stabilité financière.
Bruno Tinel confirme l’analyse : ces réserves participent aux fondamentaux du système de paiements national et international. L’or ne paie pas directement les factures, mais son existence consolide la confiance dans la capacité de l’État et de sa banque centrale à honorer ses engagements.
En clair : c’est un actif de garantie, plus qu’un outil budgétaire.
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La quasi-totalité des réserves françaises est conservée dans une infrastructure hautement sécurisée surnommée “La Souterraine”, à 27 mètres sous terre, sous le siège de la Banque de France.
Cet espace d’environ un hectare est parfois comparé à Fort Knox. Aucun visiteur n’y entre, et il abrite l’or français depuis 1927.
Construit entre 1924 et 1927, le site était présenté comme le plus grand coffre-fort du monde à son époque :
environ 10 000 tonnes d’acier
environ 20 000 tonnes de ciment
une porte d’entrée de sept tonnes
dispositifs multiples, dont des contrôles biométriques (reconnaissance rétinienne) et un système de clés
La Banque de France avance même que “La Souterraine” pourrait théoriquement stocker tout l’or connu et exploité, estimé à 180 000 tonnes.
La Banque de France assure également la conservation de réserves pour certains clients institutionnels (banques centrales étrangères, organisations internationales), une proportion présentée comme limitée.
Après un cambriolage spectaculaire au Louvre en octobre dernier, une partie des bijoux du musée a aussi été transférée dans ce bunker, selon RTL : notamment les bijoux de la Couronne et d’autres pièces exposées.
Au-delà du cas français, l’intérêt de ces réserves révèle un fait central : l’or demeure un instrument de confiance pour les États, même à l’ère des politiques monétaires non conventionnelles et des chocs économiques récurrents.
La réserve d’or française raconte donc une histoire moins patrimoniale que financière : celle d’un État qui conserve un levier de crédibilité, un actif d’assurance, et une ligne de défense symbolique dans un système monétaire dominé par l’incertitude.
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