Un cap historique est franchi : plus d’une voiture neuve sur trois est désormais électrique en France
En juillet, l'électrique capte 35% des ventes de voitures en France, portée par la flambée du pétrole et le recul du diesel.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 3 minutes

En bref
35% des voitures neuves vendues en France en juillet étaient 100% électriques, un record avec 44 378 unités
L'essence recule à 11% des ventes et le diesel s'effondre à seulement 2%
Les hybrides restent leaders avec 48% des ventes du mois
La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz ont fait grimper les prix à la pompe
BYD, Xpeng et Leapmotor ont plus que doublé leurs ventes, Tesla rebondit de 86%
Un record de ventes électriques porté par le recul du thermique
En juillet, 44 378 voitures 100% électriques ont trouvé un acheteur en France, soit 35% des immatriculations du mois, selon les données de la Plateforme automobile (PFA) publiées début août 2025. Ce chiffre marque un record absolu pour la filière, dans un marché automobile français qui progresse de 9% sur un an, avec 126 808 véhicules neufs vendus au total. Il y a cinq ans encore, un tel niveau aurait semblé hors de portée pour la mobilité électrique, cantonnée à une niche urbaine et coûteuse.
Le moteur thermique classique, lui, perd du terrain à grande vitesse. Les voitures électriques essence ne représentent plus que 11% des immatriculations en juillet, avec 13 903 exemplaires écoulés, selon la même source. Le diesel, longtemps considéré comme la norme sur les routes françaises, s'effondre à 2% seulement, soit 2 750 véhicules. Les hybrides, elles, gardent la tête du classement avec 48% des ventes du mois et plus de la moitié des immatriculations depuis janvier, tandis que le 100% électrique atteint désormais 29% du marché sur les sept premiers mois de l'année.
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La flambée du pétrole, catalyseur inattendu de la transition électrique
Ce basculement du marché doit beaucoup à la géopolitique. La guerre au Moyen-Orient et la fermeture temporaire du détroit d'Ormuz ont fait grimper les prix de l'essence et du diesel à la pompe ces dernières semaines, rendant la recharge électrique soudainement plus attractive pour les automobilistes soucieux de leur budget carburant. L'effet est presque mécanique : chaque hausse du prix du litre pousse un peu plus d'acheteurs vers la prise plutôt que vers le pistolet de la station-service.
Le phénomène ne se limite pas à l'Hexagone. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime, dans une projection publiée en 2025, que près de 30% des voitures vendues dans le monde en 2026 pourraient fonctionner à l'électricité. Il s'agit d'une estimation, pas d'une annonce officielle, mais la tendance qu'elle décrit colle avec ce qui se joue actuellement sur le marché français. Personnellement, je trouve cette conjonction assez ironique : c'est le pétrole cher qui accélère la sortie du pétrole.
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Constructeurs chinois et Tesla, deux dynamiques gagnantes
Cette bascule profite largement aux constructeurs chinois, malgré les droits de douane imposés par l'Union européenne. Leurs marques ont représenté 8% des immatriculations françaises en juillet, avec près de 10 000 véhicules vendus selon la PFA. BYD, Xpeng et Leapmotor ont plus que doublé leurs ventes en un an, tandis que MG progresse de 41%. Les barrières douanières freinent, mais ne stoppent visiblement pas l'appétit des acheteurs français pour ces modèles souvent moins chers que leurs équivalents européens.
Tesla, de son côté, reprend des couleurs après une année 2025 compliquée, marquée notamment par les prises de position politiques d'Elon Musk qui avaient éloigné une partie de la clientèle. Les ventes de la marque américaine ont rebondi de près de 86% en juillet, un chiffre qui surprend après des mois de recul continu. Reste à savoir si ce sursaut tiendra sur la durée, ou s'il ne s'agit que d'un feu de paille lié à un effet de rattrapage ponctuel.
Sécuriser son épargne face aux mutations du marché automobile et de l'énergie
Ces bouleversements rapides, entre prix du pétrole imprévisibles et transition énergétique accélérée, rappellent à quel point les repères économiques peuvent changer vite. Face à cette instabilité, nombre d'épargnants cherchent des solutions pour protéger leur capital autrement qu'en misant sur un seul secteur. Les lingots d'or, les lingots d'argent et les pièces d'or restent des choix privilégiés par ceux qui souhaitent sortir une partie de leur épargne du système bancaire traditionnel et sécuriser une valeur tangible, transmissible et déconnectée des soubresauts industriels ou géopolitiques du moment.
Cette logique de diversification prend tout son sens quand un secteur entier, comme celui de l'automobile, se transforme en quelques mois sous l'effet de facteurs extérieurs qu'il ne maîtrise pas. Détenir une part de son épargne sous forme physique permet d'amortir les chocs, sans dépendre des choix stratégiques d'un constructeur ou des décisions d'un gouvernement sur les droits de douane.
Sources : BDOR - Plateforme automobile (PFA) - Agence internationale de l'énergie (AIE)
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