02/07 Cours EUR/USD : l'euro atteint 1,1830, un sommet depuis septembre 2021
L’EUR/USD replie après un sommet de 4 ans. L’économie américaine freine la baisse du dollar. L’Europe cède du terrain sur les négociations douanières.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- L’euro se replie après avoir frôlé les sommets de 2021
- Le dollar soutenu par l’industrie et l’emploi
- Un statu quo prudent côté Réserve fédérale
- En Europe, une inflation maîtrisée et une BCE sur pause
- Tarifs douaniers : vers un compromis transatlantique ?
- Vers un nouveau cycle de volatilité monétaire ?
En bref
Le taux de change EUR/USD atteint 1,1830, un sommet depuis septembre 2021, avant de corriger à 1,1800.
Le dollar reprend de la vigueur, soutenu par une hausse inattendue du PMI manufacturier US à 49,0.
L’inflation en zone euro reste à 2 %, validant l’arrêt du cycle de resserrement monétaire de la BCE.
Washington et Bruxelles reprennent les discussions commerciales, notamment sur les tarifs universels.
L’euro se replie après avoir frôlé les sommets de 2021
Après deux semaines de hausse continue, le taux de change EUR/USD a connu une pause technique, oscillant autour de 1,1800 ce mercredi matin. Mardi, la paire avait brièvement franchi les 1,1830, un niveau jamais vu depuis près de quatre ans. Une respiration logique, alimentée par un léger redressement du dollar américain, lui-même porté par des indicateurs macroéconomiques meilleurs que prévu.
Cette correction intervient au terme d’un rallye débuté le 18 juin, propulsé par des anticipations de réduction des taux par la Réserve fédérale, couplées à un apaisement relatif des pressions inflationnistes en Europe. Mais les derniers chiffres venus des États-Unis ont quelque peu brouillé les cartes.
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Le dollar soutenu par l’industrie et l’emploi
Le dollar index (DXY), qui mesure la devise américaine face à un panier de six monnaies majeures, a interrompu sa baisse entamée mi-juin, pour revenir vers 96,70. Ce regain s’explique notamment par le redressement de l’activité industrielle américaine. L’indice PMI manufacturier de l’ISM est passé de 48,5 à 49,0 en juin, dépassant les attentes du consensus (48,8).
Dans le même temps, le marché du travail reste robuste : le rapport JOLTS a révélé 7,76 millions de postes ouverts en mai, contre 7,395 millions en avril, largement au-dessus des prévisions des économistes. Ces signaux positifs pourraient repousser le calendrier d’assouplissement monétaire que les marchés avaient anticipé.
Un statu quo prudent côté Réserve fédérale
Lors de sa prise de parole mardi, le président de la Fed, Jerome Powell, a adopté un ton mesuré. Il a souligné que la politique monétaire sera ajustée en fonction des données à venir, laissant la porte ouverte à une baisse des taux en juillet… sans pour autant la promettre.
De son côté, le secrétaire au Trésor Bessent a affiché plus d’assurance sur les plateaux de Fox News, évoquant une première baisse avant l’automne, voire dès cet été. L’interprétation des chiffres de l’emploi d’ici la fin de semaine pourrait faire pencher la balance.
En Europe, une inflation maîtrisée et une BCE sur pause
La publication des chiffres préliminaires d’inflation en zone euro n’a pas créé de surprise. Le taux est resté stable à 2 %, pile dans la fourchette cible de la Banque centrale européenne. Ce maintien pourrait renforcer le discours de fin de cycle exprimé par Philip Lane, chef économiste de la BCE.
Avec un resserrement déjà acté, l’euro pourrait perdre son élan face à un dollar encore soutenu par une économie plus dynamique à court terme. D’autant plus que la politique commerciale entre l’UE et les États-Unis ajoute une dose d’incertitude au climat actuel.
Tarifs douaniers : vers un compromis transatlantique ?
Le commissaire européen Maros Sefcovic s’apprête à rencontrer ses homologues américains à Washington, dans l’espoir de faire avancer les pourparlers sur les tarifs douaniers. Bruxelles accepterait un compromis basé sur un droit universel de 10 % sur certaines exportations européennes, à condition d’obtenir des concessions dans des secteurs stratégiques comme les pharmaceutiques, les alcools, les semi-conducteurs et l’aéronautique.
Les tensions commerciales restent un facteur de volatilité pour les marchés de devises, et toute avancée ou blocage dans les discussions pourrait impacter directement le cours EUR/USD.
Selon notre expert : Entre tensions commerciales et pivot monétaire, le contexte financier mondial annonce-t-il une tempête pour les devises majeures ?
Vers un nouveau cycle de volatilité monétaire ?
La combinaison d’un euro stabilisé par la BCE et d’un dollar sous surveillance avant la publication des prochains indicateurs américains laisse les marchés dans une phase d’observation. Le comportement du cours de l’or, souvent considéré comme un thermomètre du stress monétaire, sera également à scruter dans les prochains jours.
Alors que les banquiers centraux affûtent leurs arguments et que les négociations douanières se durcissent, le duel euro-dollar semble entrer dans une nouvelle phase de tension. Le sommet de 1,1830 pourrait n’être qu’un avant-goût de ce que l’été réserve aux cambistes.
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