L’appareil électronique que nous jetons tous et qui contient 450 milligrammes d’or 22 carats
450 mg d’or 22 carats dans 20 cartes mères : une méthode suisse change le recyclage électronique.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Une ressource aurifère négligée dans les déchets électroniques
- Le recyclage électronique, un gisement plus riche que la mine
- Une alternative suisse : l’or récupéré grâce aux protéines du lait
- Comparatif des méthodes d’extraction de l’or
- Vers une économie circulaire de l’or et des métaux stratégiques
- Le cycle du recyclage aurifère
- Un potentiel industriel stratégique
En bref
Environ 450 mg d’or 22 carats sont extraits de 20 cartes mères grâce à une technique écologique.
Une innovation suisse remplace les procédés chimiques par des éponges issues du lactosérum.
Ce procédé ouvre la voie à une économie circulaire des métaux contenus dans les appareils électroniques.
Une tonne de déchets électroniques contient plus d’or qu’une tonne de minerai extrait d’une mine.
Un recyclage efficace permettrait de réduire la pollution liée aux méthodes d’extraction traditionnelles.
Une ressource aurifère négligée dans les déchets électroniques
Le cycle de vie des équipements numériques est de plus en plus court. Smartphones, ordinateurs portables et tablettes deviennent rapidement obsolètes et terminent souvent leur course dans les décharges. Ce réflexe d’élimination passe pourtant à côté d’une réalité technique : chaque carte mère contient de l’or 22 carats.
Sur 20 cartes extraites d’anciens appareils, près de 450 milligrammes d’or peuvent être récupérés. Ce chiffre n’est pas anecdotique à l’heure où les gisements aurifères traditionnels s’amenuisent et où la demande mondiale en composants électroniques ne cesse de croître.
Le recyclage électronique, un gisement plus riche que la mine
Le volume annuel de déchets électroniques atteint près de 50 millions de tonnes dans le monde. Ces résidus contiennent des éléments conducteurs de grande valeur : or, argent, cuivre, palladium, platine. Le rendement d’extraction sur une tonne d’e-déchets atteint parfois 400 grammes d’or, contre 1 à 5 g dans les minerais classiques.
Malgré ce potentiel, seuls 20 % de ces déchets sont correctement recyclés. Les procédés classiques d’extraction reposent encore sur des produits toxiques comme le cyanure ou le mercure, aggravant la pollution des sols et des eaux.
Une alternative suisse : l’or récupéré grâce aux protéines du lait
Des chercheurs de l’ETH Zurich ont mis au point une méthode inédite de récupération des métaux précieux. Celle-ci repose sur des éponges protéiques issues du lactosérum, un sous-produit de l’industrie fromagère. Ces structures microscopiques, obtenues à partir de fibrilles amyloïdes, captent les ions métalliques présents dans les solutions résultant de la dissolution des circuits imprimés.
Après un traitement thermique, les particules d’or fixées sont converties en pépites 22 carats. Ce processus élimine le recours aux agents chimiques polluants, tout en garantissant un rendement supérieur.
Comparatif des méthodes d’extraction de l’or
| Méthode | Rendement estimé | Impact environnemental | Coût |
|---|---|---|---|
| Extraction minière | 1 à 5 g/tonne | Très élevé | Élevé |
| Extraction chimique classique | 300 à 400 g/tonne d’e-déchets | Élevé | Moyen |
| Éponges protéiques (ETH Zurich) | 450 mg pour 20 cartes mères | Faible | Faible |
Vers une économie circulaire de l’or et des métaux stratégiques
La méthode développée en Suisse constitue une avancée technologique majeure dans le traitement des e-déchets. Au-delà de l’or, elle offre un potentiel pour récupérer d’autres éléments comme le cuivre, le nickel ou le palladium, en s’appuyant sur des techniques complémentaires telles que l’hydrométallurgie.
Ce changement de paradigme peut faciliter le développement d’une industrie de recyclage à haute valeur ajoutée, moins dépendante des filières minières, souvent situées dans des zones à forte tension géopolitique ou à empreinte carbone élevée.
Selon notre expert : Tandis que le cours de l’or frôle les 102 000 €/kg, certains transforment leurs e-déchets en véritables pépites 22 carats. Voici comment.
Le cycle du recyclage aurifère
Le processus de récupération suit un enchaînement d’étapes techniques rigoureuses :
-
Collecte des équipements électroniques en fin de vie.
-
Démontage manuel ou robotisé des cartes mères et composants critiques.
-
Traitement des circuits imprimés dans une solution protéique.
-
Fixation des particules d’or, puis retraitement thermique.
-
Affinage final sous forme de pépites ou lingots.
Cette approche s’inscrit dans une dynamique de valorisation durable des ressources, à l’heure où les matières premières se raréfient et où la pression environnementale sur l’industrie extractive s’intensifie.
Un potentiel industriel stratégique
Si cette technologie venait à se généraliser, elle pourrait transformer radicalement le modèle de gestion des déchets technologiques. Les producteurs de matériel électronique, mais aussi les États, pourraient y trouver un levier stratégique de souveraineté sur les matières premières critiques.
La revalorisation aurifère locale permettrait de coupler performance économique, réduction des émissions et indépendance vis-à-vis des grands fournisseurs de métaux.
Souhaitez-vous savoir combien d’or se cache dans votre smartphone ? L’or à 22 carats contenu dans nos vieux appareils vaut parfois bien plus que leur prix initial.
Et alors que le cours de l’or explose sur les marchés mondiaux, transformer ses déchets en or devient une stratégie financière à surveiller de près.
Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?
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