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L'argent recule à 50,94 euros, pénalisé par des anticipations de nouvelles hausses de taux

L'once d'argent cède 0,82 % à 50,94 euros ce mardi, les perspectives de resserrement monétaire aux Etats-Unis, en zone euro et au Japon pesant sur le métal.

Temps de lecture : 5 minutes

L'argent recule à 50,94 euros, pénalisé par des anticipations de nouvelles hausses de taux

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En bref

  • L'once d'argent recule de 0,82 % à 50,94 euros ce mardi matin

  • Le gramme d'argent reste quasi stable à 1,638 euro

  • Les anticipations de hausses de taux aux Etats-Unis, en zone euro et au Japon pèsent sur le métal

  • Le ratio or argent grimpe à 72,1, signe d'un décrochage de l'argent sur un mois

  • Sur une semaine, la variation de l'argent est quasi nulle après un net repli la semaine précédente

  • L'argent reste tiraillé entre son rôle de valeur refuge et son usage industriel

Un repli contenu malgré la flambée du pétrole

L'once d'argent s'échange ce mardi 20 octobre 2026 à 50,94 euros, en recul de 0,82 % sur 24 heures selon nos relevés du matin. Le gramme, lui, cote 1,638 euro, pratiquement stable depuis la clôture de lundi (+0,1 %) et en légère hausse depuis l'ouverture de la séance (+0,2 %). L'amplitude du jour reste large, 1,8 % entre le plus bas et le plus haut relevés entre minuit et 10 heures, signe que le marché hésite plutôt qu'il ne tranche.

Ce qui frappe, c'est le décalage avec le pétrole. Le WTI grimpe à 99,38 dollars le baril, en hausse de 1,44 % sur 24 heures, porté par des informations faisant état d'attaques visant des pétroliers dans une zone de transit stratégique du Golfe. Une telle flambée du brut devrait, en théorie, pousser l'argent vers le haut : elle nourrit les craintes d'inflation importée, et l'argent se comporte historiquement comme une couverture contre la hausse des prix. Or le métal ne suit pas. C'est le premier signal que la mécanique des taux l'emporte, pour l'instant, sur la mécanique géopolitique.

A lire aussi : Comprendre pourquoi l'argent résiste moins bien que l'or face à la remontée des taux

Taux directeurs : la mécanique qui pèse sur l'argent

L'argent ne verse aucun coupon. Chaque anticipation de taux plus élevés augmente donc le coût d'opportunité de le détenir face à un placement rémunéré. Les marchés évoquent une probabilité d'environ 94 % d'un relèvement des taux américains en décembre, un niveau qui renforce l'attrait du dollar et des obligations face au métal. L'Index Dollar recule pourtant de 0,24 % ce mardi, à 101,76 points, et l'euro/dollar progresse de 0,29 % à 1,1241 dollar. Ce double mouvement devrait plutôt soutenir l'argent pour un acheteur en euros, puisqu'un dollar plus faible rend le métal moins cher à l'achat en devise locale. Le repli observé aujourd'hui vient donc surtout d'ailleurs.

Du côté européen, la Banque centrale européenne maintient son taux directeur à 2,65 % et sa facilité de dépôt à 2,5 % depuis la mi-septembre 2026, avec un relèvement supplémentaire évoqué d'ici la fin de l'année pour contenir l'inflation. L'OAT à 10 ans, à 4,44 %, continue d'offrir un rendement obligataire qui concurrence directement un métal sans revenu. À cela s'ajoute la posture du gouverneur de la Banque du Japon, qui a jugé l'inflation sous-jacente proche de sa cible de 2 %, ouvrant la voie à un resserrement supplémentaire. Trois banques centrales qui parlent de resserrement au même moment, c'est un alignement rare, et c'est précisément ce qui plombe l'argent malgré un baril en hausse.

Le ratio or/argent trahit un décrochage sur un mois

Le ratio or/argent s'établit à 72,1 ce mardi, contre 66,1 il y a un mois, soit une progression de 9,1 %. Un ratio qui monte signifie que l'argent perd du terrain face à l'or, et ces chiffres le confirment sans ambiguïté. Sur un mois, nos relevés montrent un repli de 11,7 % pour l'argent, contre 3,7 % pour l'or. L'écart est net, et il rappelle la double nature de l'argent, à la fois métal monétaire et matière industrielle utilisée dans le photovoltaïque et l'électronique. Quand les perspectives de resserrement monétaire pèsent sur la demande industrielle anticipée, l'argent encaisse les deux chocs à la fois, celui des taux et celui de la demande.

Sur un horizon plus long, de trois mois, le tableau s'équilibre un peu : l'argent progresse de 0,6 % quand l'or gagne 4,5 %. L'écart se resserre, ce qui suggère que le décrochage récent est surtout un phénomène des dernières semaines, pas une tendance installée depuis l'été. La semaine passée affichait d'ailleurs un repli de 5,8 %, suivi cette semaine d'une variation quasi nulle (-0,0 % sur sept jours selon nos relevés), ce qui ressemble davantage à une pause qu'à une poursuite de la chute.

Ce que nous retenons, et ce qui pourrait nous contredire

Notre lecture, c'est que l'argent reste coincé entre deux forces contraires et que, pour l'instant, celle des taux domine celle du pétrole et de la géopolitique. Un épargnant qui détient de l'argent physique voit donc un métal qui stagne près de ses plus bas récents malgré un environnement énergétique tendu, ce qui n'est pas anodin : d'ordinaire, les tensions sur l'approvisionnement pétrolier accompagnent plutôt une remontée des métaux. Ici, l'effet taux absorbe l'effet géopolitique.

Cette lecture peut se tromper. Si les attaques évoquées dans la zone de transit du Golfe s'aggravaient, ou si la Réserve fédérale surprenait en repoussant son relèvement de décembre, le rapport de force s'inverserait vite. Un dollar qui continuerait de fléchir, combiné à un pétrole qui s'installerait durablement au-dessus de 100 dollars, redonnerait à l'argent un argument qu'il n'a pas pleinement exploité ces derniers jours. La semaine qui vient, marquée par les décisions attendues de plusieurs banques centrales, dira si la pause actuelle est un plancher ou une étape avant une nouvelle baisse.

Sources : BDOR

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