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Le prix de l'or passe sous 3700 euros, freiné par la remontée des taux obligataires américains

L'once d'or recule à 3672 euros, en repli de 1,56%, alors que les rendements obligataires américains remontent avant les résultats des géants technologiques.

Temps de lecture : 5 minutes

Le prix de l'or passe sous 3700 euros, freiné par la remontée des taux obligataires américains

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En bref

  • L'once d'or s'échange à 3672,5 euros ce mardi, en baisse de 1,56% sur 24 heures

  • Le métal repasse sous le seuil symbolique des 3700 euros après plusieurs séances de repli

  • Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans remonte autour de 5,13%, pesant sur le métal sans rendement

  • Sur un mois, l'or perd 3,7%, mais conserve une hausse de 1,5% sur trois mois

  • La hausse de l'euro face au dollar amortit en partie le recul du métal pour les épargnants européens

  • L'or reste sous sa moyenne mobile à 20 jours, un niveau technique qui freine tout rebond

Un repli net qui ramène l'or sous les 3700 euros

L'once d'or affiche 3672,5 euros ce mardi 20 octobre en milieu de matinée, un repli de 1,56% sur 24 heures qui ramène le métal sous le seuil symbolique des 3700 euros. Le gramme s'échange à 118,07 euros, contre une ouverture lundi à 118,69 euros, soit un recul de 0,5% sur les deux premières séances de la semaine.

Sur un mois, le recul atteint 3,7%, prolongeant un mouvement amorcé la semaine précédente avec une baisse de 0,4%, suivie cette semaine d'un repli de 1,3% sur sept jours glissants. Sur trois mois en revanche, l'or conserve une progression de 1,5%, preuve que la tendance de fond reste haussière malgré les secousses récentes.

A lire aussi : Pourquoi la remontée des taux américains pèse sur le cours de l'or cette semaine

Les rendements américains reprennent la main avant les résultats de Meta

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, qui avait cédé 16,5 points de base la semaine passée, regagne du terrain ce mardi autour de 5,13%, après avoir progressé de 1,2% lundi. Ce regain pèse sur l'or : un métal sans coupon se compare à ce que rapporte l'argent placé sans risque, et plus les taux montent, plus le détenir coûte en opportunité manquée.

Meta ouvre mercredi la saison des résultats trimestriels des géants technologiques américains, avant Microsoft, Amazon et Google la semaine suivante. Les investissements massifs annoncés dans les infrastructures d'intelligence artificielle, de l'ordre de 1200 milliards de dollars combinés l'an prochain selon Goldman Sachs, relancent le débat sur leur soutenabilité et poussent les capitaux vers les actifs de croissance au détriment des valeurs refuges. L'once d'or, cotée autour de 4120 dollars en version américaine, reste sous sa moyenne mobile à 20 jours, un plafond technique tant qu'il n'est pas franchi.

Côté change, l'indice dollar recule de 0,24% sur 24 heures pendant que l'euro grimpe à 1,1241 dollar, en hausse de 0,29%. Ce mouvement amortit la baisse pour un épargnant en euros : le repli de l'or est plus marqué en dollars qu'en euros.

Le pétrole s'embrase sur fond de tensions avec l'Iran

Le baril de WTI s'échange autour de 98,45 dollars, en hausse de près de 15% depuis son point bas récent de 86,32 dollars il y a deux semaines. Téhéran a laissé entendre ce week-end, par la voix d'un responsable du Conseil suprême de sécurité nationale, que le blocage pourrait s'étendre au delà du détroit d'Ormuz vers le détroit de Bab al-Mandeb et le canal de Suez, en réponse à toute nouvelle frappe américano-israélienne.

Pour l'or, un pétrole plus cher envoie un message ambivalent : il nourrit l'inflation importée, ce qui soutient habituellement les valeurs refuges, mais il alimente aussi les craintes sur la croissance mondiale, qui profitent davantage aux rendements obligataires. C'est cette seconde lecture qui domine ce mardi : la prime de risque sur l'énergie ne compense pas l'attrait retrouvé des emprunts d'État.

La Fed se tait, le marché tranche à sa place

Les responsables de la Réserve fédérale sont entrés dans leur période de réserve avant l'annonce de politique monétaire. Les derniers messages insistaient sur l'objectif de ramener l'inflation vers 2%, sans urgence affichée pour un nouveau geste sur les taux. Les investisseurs anticipent largement un statu quo en octobre, suivi d'une hausse en décembre, un scénario qui prolongerait la pression sur les actifs sans rendement, dont l'or.

L'argent décroche plus fort, le ratio se dégrade

L'once d'argent recule de 0,82% sur 24 heures à 50,94 euros, mais affiche une légère hausse de 0,1% depuis la clôture de lundi, à 1,638 euro le gramme. Sur un mois, le métal perd 11,7%, bien plus que l'or. Le ratio or argent, qui mesure combien d'onces d'argent il faut pour acheter une once d'or, grimpe à 72,1 contre 66,1 il y a un mois, soit une dégradation de 9,1% pour l'argent.

Cet écart illustre la double nature du métal gris. Moins recherché comme valeur refuge alors que les taux remontent, l'argent souffre aussi côté industriel, photovoltaïque et électronique notamment, plus sensible aux craintes de ralentissement qui accompagnent la flambée du pétrole. Ce mélange de pressions explique pourquoi l'argent avait amplifié la baisse de la semaine précédente, 5,8%, avant de se stabiliser ces deux derniers jours.

Ce qui peut faire basculer la semaine

Notre lecture du jour tient en une phrase : l'or paie la concurrence retrouvée des rendements obligataires, pas un désamour pour le métal. Elle serait prise en défaut si les résultats de Meta mercredi, puis ceux de Microsoft, Amazon et Google la semaine suivante, déçoivent sur les investissements en intelligence artificielle : un retour de la prudence sur les actions ferait refluer les rendements et redonnerait de l'air à l'or. À l'inverse, une confirmation des dépenses annoncées prolongerait la pression haussière sur les taux et pourrait pousser le métal vers le support psychologique évoqué par les techniciens autour de 4000 dollars l'once.

L'autre risque de la semaine reste géopolitique. Une extension réelle du blocage iranien au delà du détroit d'Ormuz changerait la donne sur l'énergie et, par ricochet, sur l'inflation anticipée. Le silence imposé aux responsables de la Fed jusqu'à leur prochaine décision laisse le marché seul juge de ses propres anticipations, ce qui explique une partie de la nervosité observée sur l'or ces deux derniers jours.

Sources : BDOR

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