Le détroit d'Ormuz soumis à un péage en yuans fragilise le pétrodollar. Colmant et Petitjean analysent les risques pour le dollar et l'équilibre financier mondial.
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Sommaire
En bref
Le détroit d'Ormuz, par où transitent quelque 20 millions de barils par jour, serait soumis à un péage de 2 millions de dollars par navire, exigible en yuans, selon l'analyste Shanaka Perera.
Le système du pétrodollar, bâti à partir de 1974, lie la facturation du brut au dollar contre une protection militaire américaine des monarchies du Golfe.
Pour Bruno Colmant, la guerre autour de l'Iran sert aussi à réimposer le billet vert face aux ambitions monétaires chinoises.
Mikael Petitjean rappelle que le yuan ne représente encore que quelques pourcents des échanges mondiaux, loin derrière l'euro et le dollar.
Les deux économistes s'accordent sur une érosion progressive plutôt qu'un basculement brutal.
Coincé entre l'Iran et Oman sur une quarantaine de kilomètres, le détroit d'Ormuz est le passage maritime le plus stratégique de la planète. Quelque 20 millions de barils de pétrole y transitent chaque jour, soit environ 20 % de la consommation mondiale et un quart des flux pétroliers maritimes. Le gaz naturel liquéfié est tout aussi concerné : près de 20 % des exportations mondiales de GNL, principalement issues du Qatar et des Émirats, empruntent ce corridor. Toute perturbation de ce point de passage frappe directement les prix de l'énergie, la sécurité d'approvisionnement et, désormais, les règles monétaires qui gouvernent le commerce du pétrole.
Pour saisir les enjeux du conflit actuel, un retour historique s'impose. En 1971, le président Richard Nixon met fin au système de Bretton Woods, qui garantissait la convertibilité du dollar en or depuis 1944. Les devises basculent alors dans un régime de changes flottants. Pour préserver la prédominance du billet vert, Washington négocie dès 1974 un accord avec les pays producteurs : le brut sera facturé en dollars, en échange d'une protection militaire et d'un accès privilégié au marché américain.
L'économiste Bruno Colmant, ancien président de la Bourse de Bruxelles, décrit ce pacte comme "à la fois énergétique, monétaire et militaire". Pour tout pays importateur, acheter du pétrole suppose d'abord d'acquérir des dollars, ce qui entretient structurellement la demande mondiale de billets verts. Le professeur Mikael Petitjean, de l'UCLouvain, précise que ce "couple dollar-monarchies pétrolières" a verrouillé la domination du billet vert sur les matières premières depuis plus de cinquante ans.
La situation actuelle au détroit d'Ormuz introduit une rupture dans cette logique. L'analyste Shanaka Perera décrit un corridor passé sous administration des Gardiens de la révolution iraniens (IRGC), assorti d'un péage de 2 millions de dollars par navire, payable en yuans. "Chaque pétrolier qui paie en yuans plutôt qu'en dollars crée un précédent", écrit-il. "Chaque précédent affaiblit l'architecture du pétrodollar qui régit le commerce énergétique depuis 1974."
Pour Bruno Colmant, ce conflit dépasse la dimension militaire. "La guerre qui se passe en Iran maintenant est aussi une guerre qui vise à réimposer le dollar dans le commerce international et à combattre les émergences chinoises éventuelles." Les paiements en yuan au détroit ne seraient donc pas un simple péage de guerre, mais un test grandeur nature d'un système de règlement énergétique alternatif.
Malgré ces pressions, le dollar conserve une domination sans équivalent. Environ la moitié du commerce mondial reste libellée en billets verts. Colmant pointe le "privilège exorbitant" que cela procure à Washington : la capacité de se financer à taux quasi nul et le pouvoir d'exclure des adversaires du système financier mondial par de simples sanctions.
Des alternatives se développent. La Chine construit un écosystème centré sur le renminbi (dont le yuan est l'unité de compte), avec une distinction entre yuan onshore (CNY) et yuan offshore (CNH). Les banques centrales de pays hostiles à l'Occident augmentent leurs réserves d'or tout en maintenant des positions dans la dette américaine. Petitjean qualifie cette posture de "stratégie duale" : se protéger via l'or, peser politiquement via les bons du Trésor.
Mais la part du yuan dans les échanges mondiaux reste marginale. C'est l'euro qui s'est imposé comme deuxième grande monnaie d'échange, devant le yen et la livre sterling. "Cela fait cinquante ans qu'on annonce le décrochage du dollar", rappelle Petitjean. À chaque grande crise, les taux montent plus vite en Europe qu'aux États-Unis et le dollar s'apprécie. "Dès que le monde a peur, le dollar redevient valeur refuge."
Les deux économistes écartent un basculement soudain. Colmant évoque une "lente érosion" sur dix à vingt ans, freinée par la puissance militaire américaine et le statut des États-Unis comme premier producteur mondial de pétrole. Le renminbi pourrait grappiller quelques points supplémentaires, mais "la majorité des transactions sera toujours en dollars", notamment au sein de l'OTAN.
Un recul plus marqué ne serait pas sans conséquence. Colmant envisage des ripostes américaines : baisse brutale des taux pour rendre le billet vert plus attractif, pression sur la dette souveraine, ou droits de douane massifs contre les pays cherchant à s'affranchir du dollar. Le choc autour de l'Iran ne détruit pas le système pétrodollar, mais accélère une fragmentation monétaire déjà à l'œuvre, dans un monde qui glisse d'un ordre unipolaire vers un paysage multi-devises où le dollar reste, pour l'heure, incontournable.
Selon notre expert : Le cours de l'or reflète en temps réel la défiance croissante envers les grandes devises, dans un contexte où le pétrodollar montre ses premières fissures structurelles.
La fragilité du pétrodollar et les tensions autour des flux énergétiques rappellent l'intérêt d'actifs indépendants des circuits bancaires classiques. Lingots d'or, pièces d'or ou pièces d'argent physiques constituent une réserve de valeur qui échappe aux effets des politiques monétaires et à la volatilité des devises. À l'heure où les banques centrales elles-mêmes diversifient leurs réserves en achetant de l'or, détenir des métaux physiques offre aux particuliers un moyen concret de sécuriser une part de leur épargne en dehors du système financier traditionnel, dans un contexte géopolitique et monétaire durablement incertain.
Sources : BDOR - Le Figaro - RTBF - Front Populaire - La Tribune
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