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13 milliards d’euros : comment l’or stocké à New York a offert un gigantesque jackpot à la France

La Banque de France dégage 13 milliards d'euros de plus-value en modernisant son stock d'or rapatrié de New York, un gain historique.

Temps de lecture : 4 minutes

13 milliards d’euros : comment l’or stocké à New York a offert un gigantesque jackpot à la France

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En bref

  • La Banque de France annonce une plus-value proche de 13 milliards d'euros sur ses réserves d'or.

  • Cette manne provient du remplacement de lingots historiques stockés à New York par des barres conformes aux standards internationaux.

  • 129 tonnes d'or, soit environ 5% du stock national, ont été rapatriées via 26 transactions entre juillet 2025 et janvier 2026.

  • La Souterraine, sous le siège parisien de l'institution, conserve 2437 tonnes d'or, quatrième réserve mondiale.

  • L'hypothèse d'une vente partielle des réserves pour réduire la dette publique reste débattue mais jugée risquée par les experts.

Une plus-value historique sur l'or rapatrié de New York

La Banque de France a annoncé, mardi 24 mars, avoir dégagé un gain en capital proche de 13 milliards d'euros sur ses réserves d'or. Selon les informations rapportées par BFM Business le même jour, cette somme provient d'une opération de modernisation engagée depuis 2005, consistant à remplacer des lingots historiques ou non conformes par des barres respectant les standards internationaux du marché de type good delivery. Cette substitution permet d'éviter les frais et les contraintes techniques liées au raffinage des anciens lingots, souvent hérités de dépôts anciens ou de fontes hétérogènes.

Un audit interne mené en 2024 a recommandé d'achever ce chantier pour les 129 tonnes encore stockées à New York, soit environ 5% du stock national français. Entre juillet 2025 et janvier 2026, 26 transactions ont été réalisées pour finaliser cette opération. Le résultat dépasse largement les projections initiales : 12,8 milliards d'euros de plus-value, dont 11 milliards comptabilisés sur l'exercice 2025 et 1,8 milliard sur le début de 2026. La Banque de France confirme désormais la clôture totale de ce rapatriement transatlantique.

A lire aussi : L'once d'or explose à plus de 3788 euros pendant que la dette publique française grimpe à 118,4% du PIB, une équation financière qui inquiète tous les épargnants

Villeroy de Galhau écarte l'hypothèse politique

Le gouverneur François Villeroy de Galhau a tenu à couper court aux interprétations géopolitiques entourant ce mouvement de fonds. Le remplacement des barres américaines répondrait, selon lui, à un souci de conformité avec les standards de qualité européens, et non à une défiance vis-à-vis des États-Unis. L'ampleur du gain s'explique aussi par le calendrier des opérations : l'once d'or s'échangeait déjà à un niveau élevé durant la période des transactions, et elle atteint aujourd'hui 3788,3 euros selon les données communiquées par BDOR. Un contexte de prix soutenu qui a mécaniquement gonflé la valeur comptable des lingots substitués.

L'institution conserve l'essentiel de ses réserves nationales dans un site situé 27 mètres sous son siège, dans le premier arrondissement parisien, connu sous le nom de La Souterraine. Ce coffre abrite 2437 tonnes d'or, ce qui représente près de 344 milliards d'euros au cours actuel de 3788,3 euros l'once relevé par BDOR, plaçant la France au quatrième rang mondial des réserves officielles. Une porte de 7 tonnes, des dispositifs de reconnaissance biométrique et un système de clés multiples verrouillent l'accès à ce lieu hautement sécurisé.

Selon notre expert : Entre un déficit public qui dérape et un cours de l'or historique, la tentation de vendre les réserves françaises n'a jamais été aussi forte

Vendre l'or français pour éponger la dette, une fausse bonne idée ?

L'idée circule à mesure que les comptes publics se dégradent. La dette publique atteint 118,4% du PIB et le déficit s'établit à -5,1% du PIB pour 2025, selon les données officielles disponibles. Face à ce constat, certains suggèrent de céder une partie du stock aurifère pour profiter des cours actuels. Mais la Banque de France et plusieurs économistes écartent cette piste : l'or joue un rôle de garantie de crédibilité monétaire et de couverture contre les crises, un rôle que des liquidités issues d'une vente ponctuelle ne remplaceraient pas durablement.

Réduire ce stock reviendrait à priver la France d'un actif dont la valeur progresse indépendamment des marchés obligataires ou actions, à l'heure où le CAC 40 évolue autour de 8308 points et où l'OAT à 10 ans se négocie à 3,85%. L'arbitrage reste délicat entre besoin de liquidités immédiates et préservation d'une réserve stratégique séculaire, et pour l'instant, la prudence semble l'emporter côté monétaire.

Sécuriser son épargne face à l'incertitude budgétaire

Dans ce climat de finances publiques tendues, l'intérêt pour les solutions patrimoniales hors circuit bancaire classique progresse chez de nombreux épargnants français. Les lingots d'or, les pièces d'or et les placements en argent physique séduisent une partie du public soucieuse de diversifier ses actifs et de limiter son exposition aux aléas budgétaires et monétaires. Cette logique de débancarisation partielle, consistant à détenir une fraction de son épargne hors des circuits financiers traditionnels, répond à une préoccupation croissante de sécurisation patrimoniale, à l'image de la stratégie suivie par la Banque de France elle-même avec ses propres réserves.

Les plateformes spécialisées proposent aujourd'hui des produits accessibles à différents budgets, du petit lingotin à la pièce Napoléon, avec des modalités de stockage sécurisé ou de livraison directe. Pour beaucoup, cette allocation reste modeste, généralement comprise entre 5% et 10% du patrimoine, mais elle constitue une forme d'assurance tangible face aux soubresauts monétaires et à l'érosion progressive de la confiance dans les instruments purement financiers.

Sources : BDOR - BFM Business - Banque de France

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