Le cours de l'or : ce repli à 3 731,8 € l'once révèle une tension inédite sur les marchés mondiaux
Le cours de l'or recule à 3 731,8 € l'once ce vendredi, tandis que les banques centrales continuent d'accumuler des réserves record.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
L'once d'or recule à 3 731,8 euros, en baisse de 1,03 % sur 24h selon BDOR
L'argent chute plus fortement, à 54,75 euros l'once, soit -3 % sur la journée
Les banques centrales ont acheté 1 136 tonnes d'or en 2022, un record selon le World Gold Council
Le dollar se raffermit, l'indice Dollar Index progresse à 99,11 points
La dette publique française atteint 118,5 % du PIB, alimentant l'intérêt pour les actifs tangibles
L'once d'or recule à 3 731,8 euros, un repli qui interroge
Le cours de l'or a cédé du terrain ce vendredi, avec une once qui s'échange autour de 3 731,8 euros, en baisse de 1,03 % sur vingt-quatre heures, selon les données de marché compilées par BDOR. Ce repli survient après plusieurs séances de hausse continue, portées par les tensions géopolitiques et les incertitudes monétaires qui pèsent sur l'économie mondiale. Le mouvement reste modéré au regard des standards observés sur ce marché, mais il traduit une prise de bénéfices logique après un rallye soutenu depuis le début de l'année.
Ce repli s'accompagne d'une baisse plus marquée de l'argent, dont l'once recule de 3 % pour s'établir à 54,75 euros. Cette double correction intervient alors que le dollar américain reprend légèrement des couleurs, l'indice Dollar Index progressant de 0,27 % à 99,11 points. L'or reste historiquement corrélé de manière inverse au billet vert : chaque once étant libellée en dollars sur les marchés internationaux, tout raffermissement de la devise américaine tend mécaniquement à peser sur ses cours.
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Les banques centrales, moteur discret de la demande mondiale
Derrière les variations quotidiennes, un mouvement de fond structure durablement le marché : les achats massifs des banques centrales. Selon le World Gold Council, les institutions monétaires ont ajouté 1 136 tonnes d'or à leurs réserves en 2022, un record depuis le début des relevés statistiques, pour une valeur estimée à 70 milliards de dollars. La Chine, l'Inde et la Turquie figurent parmi les acheteurs les plus actifs, cherchant à diversifier leurs réserves face aux incertitudes qui entourent le dollar et les bons du Trésor américain.
Cette stratégie répond à une logique simple : des réserves d'or élevées renforcent la crédibilité perçue d'une économie et rassurent sur sa solvabilité. Dans un climat où la dette publique française atteint 118,5 % du PIB en direct et où le déficit public s'établit à -5,1 % du PIB au premier trimestre 2026 selon l'Insee, la tentation de se tourner vers des actifs tangibles gagne aussi les épargnants particuliers, bien au-delà des seules banques centrales.
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Pourquoi l'or reste une valeur refuge malgré les secousses
L'or continue de jouer son rôle historique de valeur refuge, particulièrement prisée lors des phases de turbulence économique ou géopolitique. Le métal ne dépend d'aucun émetteur ni d'aucun gouvernement, ce qui en fait une protection naturelle contre l'inflation et la dépréciation monétaire. L'inflation dans la zone euro s'établit à 0,7 % sur un an en décembre 2025 selon Eurostat, un niveau contenu qui limite pour l'instant la pression sur les arbitrages des épargnants, mais la vigilance reste de mise face aux taux directeurs de la BCE, actuellement fixés à 2,65 %.
Le marché reste aussi sensible aux arbitrages entre actifs risqués et valeurs refuges. Un rebond des indices boursiers tend traditionnellement à affaiblir l'or, tandis qu'un repli des marchés actions le favorise. Le CAC 40 a d'ailleurs perdu 1,96 % sur la séance, selon les données du jour, illustrant une nervosité ambiante qui joue souvent en faveur du métal doré. Les taux d'intérêt influencent également ces arbitrages : sans rendement propre, l'or profite des politiques monétaires accommodantes et souffre quand le loyer de l'argent augmente.
Diversifier son épargne face à l'incertitude
Face à ce contexte mouvant, nombre d'épargnants s'orientent vers des solutions de débancarisation partielle de leur patrimoine. Les lingots d'or, les pièces d'or et l'argent physique constituent des supports concrets, détenus en dehors du système bancaire traditionnel, qui permettent de sécuriser une part de son épargne contre les aléas monétaires et les crises de confiance. Cette approche patrimoniale, longtemps réservée à des profils avertis, séduit désormais un public plus large, soucieux de diversifier ses placements au-delà des produits bancaires classiques.
Sources : BDOR - World Gold Council - Eurostat - Insee
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