Banque : pourquoi 25 % des Français sont à découvert dès le 18 du mois
24% des Français finissent à découvert presque chaque mois. Le basculement moyen arrive dès le 18, surtout chez les jeunes et les locataires.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Le découvert n’est plus un accident, mais un rendez-vous mensuel
- Deux jours de mieux… mais une réalité plus large
- Jeunes actifs : la génération la plus exposée
- Locataires : une pression budgétaire structurelle
- Assurances et abonnements : des dépenses “contraintes” moins figées qu’on le croit
- Investissements alternatifs : sécuriser son épargne hors des circuits bancaires
En bref
• 24% des Français déclarent être à découvert sur leur compte courant tous les mois ou presque.
• En moyenne, le “jour du découvert” tombe le 18 du mois en 2026, contre le 16 l’an dernier.
• Les 25-34 ans sont les plus touchés, avec 42% déclarant un découvert régulier.
• Les 18-24 ans sont moins nombreux à être concernés (31%), mais passent dans le rouge plus tôt, dès le 14.
• Les locataires apparaissent davantage exposés (34%), pénalisés par des charges fixes lourdes, notamment le loyer.
• Certains postes dits “contraints” peuvent pourtant être renégociés facilement (assurances, énergie, box), grâce à la résiliation possible après un an d’engagement.
• Des économies annuelles importantes sont annoncées sur l’assurance auto (jusqu’à 396 €) et habitation (jusqu’à 480 €) via la mise en concurrence.
Le découvert n’est plus un accident, mais un rendez-vous mensuel
Le découvert bancaire s’est imposé comme une mécanique régulière dans le budget de nombreux ménages. Selon une étude du comparateur Lesfurets, 24% des Français déclarent être à découvert sur leur compte courant tous les mois ou presque. Un chiffre qui confirme une fragilité financière persistante, malgré un léger déplacement du fameux “jour du découvert”.
En 2026, ce basculement dans le rouge intervient en moyenne le 18 du mois. L’an passé, le même indicateur tombait plutôt autour du 16. Deux jours de répit, donc, qui peuvent donner l’impression d’une respiration… mais qui ne suffit pas à masquer l’extension du phénomène.
Car dans le même temps, la proportion de Français concernés augmente : 22% déclaraient être à découvert régulièrement l’an dernier, contre 24% aujourd’hui. Autrement dit, le découvert arrive un peu plus tard, mais il touche davantage de monde.
Deux jours de mieux… mais une réalité plus large
Ce recul moyen du “jour du découvert” peut s’interpréter de deux façons. Soit la situation économique s’est légèrement détendue, soit les ménages ont appris à mieux lisser leurs dépenses et à ajuster certains postes.
Cette amélioration apparente reste toutefois fragile : le découvert demeure une zone rouge qui coûte cher. Même quand il est “autorisé”, il peut entraîner des intérêts débiteurs, parfois couplés à des frais fixes, qui rognent le pouvoir d’achat au mois suivant… et alimentent un cercle peu favorable.
Le découvert comme symptôme d’une hausse des charges fixes
La tendance s’explique notamment par la progression des dépenses difficiles à ajuster à court terme : logement, énergie, abonnements, assurances, transports. Ces postes ont gagné du poids dans la structure budgétaire, réduisant la marge disponible pour absorber un imprévu.
Quand une dépense urgente survient, le compte courant devient la variable d’ajustement… et l’atterrissage se fait dans le rouge.
Jeunes actifs : la génération la plus exposée
Le découpage par âge met en lumière des écarts marqués. Les 25-34 ans sont les plus touchés : 42% déclarent être à découvert chaque mois ou presque. Une donnée cohérente avec leur moment de vie : entrée dans l’emploi, installation, crédit, dépenses de mobilité, parfois jeune famille.
Chez les 18-24 ans, la proportion est un peu plus basse (31%) mais avec un détail frappant : ils basculent plus tôt. En moyenne, le compte passe à découvert dès le 14 du mois.
Ce profil illustre une contrainte simple : des revenus souvent plus irréguliers ou plus modestes, face à des charges fixes déjà lourdes.
Locataires : une pression budgétaire structurelle
L’étude souligne aussi un autre facteur déterminant : le statut d’occupation du logement. Les locataires déclarent être plus souvent à découvert, à hauteur de 34%.
Le constat repose sur une logique budgétaire bien connue : le loyer pèse chaque mois, et laisse moins d’espace pour absorber le reste. Les locataires affichent aussi, en moyenne, des niveaux de revenus plus bas, et un effort logement plus élevé.
Résultat : même une variation limitée (énergie, assurance, transport) suffit parfois à faire basculer l’équilibre.
Assurances et abonnements : des dépenses “contraintes” moins figées qu’on le croit
La notion de dépenses contraintes est souvent comprise comme un bloc intouchable. Pourtant, certaines lignes peuvent être renégociées plus simplement qu’il n’y paraît, notamment :
-
assurance auto
-
assurance habitation
-
mutuelle santé
-
énergie
-
box internet et téléphonie
Lesfurets rappelle un point central : beaucoup de ces contrats peuvent être résiliés à tout moment et sans frais après un an d’engagement. Cette faculté découle de la loi Hamon (2015), conçue pour faciliter la concurrence et redonner du pouvoir au consommateur.
Autrement dit, une partie du budget mensuel n’est pas verrouillée : elle peut être optimisée.
Des économies parfois supérieures à plusieurs pleins d’essence
La promesse chiffrée mise en avant par le comparateur est parlante : jusqu’à 396 euros d’économie par an sur l’assurance auto, et jusqu’à 480 euros sur l’assurance habitation, en comparant les offres.
Même si ces montants dépendent du profil, ils rappellent une réalité : en période de tension budgétaire, les gains se trouvent souvent dans la renégociation des contrats existants plutôt que dans des restrictions impraticables au quotidien.
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Investissements alternatifs : sécuriser son épargne hors des circuits bancaires
Face à l’érosion du pouvoir d’achat, à la hausse des frais et à une instabilité économique persistante, de plus en plus d’épargnants s’intéressent aux investissements alternatifs, avec une logique claire : reprendre le contrôle sur la protection de leur capital.
Dans cette stratégie de débancarisation et de sécurisation, les actifs tangibles occupent une place particulière, notamment les lingots d’or et d’argent ainsi que les pièces d’or. Leur intérêt réside dans leur capacité à traverser les cycles économiques, en limitant la dépendance aux produits financiers classiques et aux aléas du système bancaire.
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