Ils ramassent une vieille canette en forêt : elle cachait 600 pièces d’or à 330 000 $
Deux randonneurs tchèques découvrent 598 pièces d'or et des bijoux anciens dans une canette rouillée, estimés à 330 000 dollars.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 3 minutes

Sommaire
- Une trouvaille inattendue au cÅur des forêts tchèques
- Des pièces qui racontent un périple entre Balkans et France
- Trois hypothèses pour expliquer un enfouissement resté secret
- Un cadre légal favorable, mais un débat qui enflamme les réseaux
- L'or physique, une valeur refuge face aux incertitudes bancaires
En bref
Deux randonneurs découvrent 598 pièces d'or dans une canette rouillée coincée dans un mur de pierre, en République tchèque
Le trésor comprend aussi des bijoux et objets en or et argent, pour un poids total avoisinant les 7 kilogrammes
La valeur estimée atteint 330 000 dollars, les inventeurs pouvant recevoir jusqu'à 10 % de cette somme selon la loi tchèque
L'origine exacte et la raison de l'enfouissement restent un mystère pour les experts du musée de Hradec Králové
Les pièces datent de 1808 à 1915, moitié d'origine balkanique, moitié française, sans aucune pièce d'Europe centrale
Une trouvaille inattendue au cœur des forêts tchèques
Deux randonneurs remarquent une canette en aluminium presque invisible, coincée dans un mur de pierre en sous-bois, dans les montagnes des Krkonoše, en République tchèque. Ils la détachent, l'ouvrent, et découvrent 598 pièces d'or empilées en onze colonnes serrées, chaque paquet enveloppé dans un tissu noir.
À environ un mètre de là, une seconde trouvaille attend : une boîte en fer contenant 16 étuis à cigarettes en or, dix bracelets, un peigne, une chaîne munie d'une clé, un poudrier et un petit sac à main en maille d'argent. Deux étuis, toujours scellés, n'ont pas encore été ouverts. Le poids total du butin varie selon les sources consultées : environ 7 kilogrammes selon Indian Defence Review (2025), dont 3,7 kg pour les seules pièces d'or.
Les deux inventeurs, qui souhaitent rester anonymes, se sont présentés sans rendez-vous chez le numismate du musée de Bohême orientale, à Hradec Králové, début 2025. Miroslav Novak, chef du département d'archéologie de l'établissement, raconte dans un entretien accordé à CNN que ce n'est qu'après cette visite spontanée que les archéologues ont commencé à s'occuper de la découverte. Le musée a gardé le silence plusieurs mois avant d'annoncer publiquement la trouvaille fin avril.
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Des pièces qui racontent un périple entre Balkans et France
Le numismate Vojtěch Brádle, cité par Arkeonews, confie que sa mâchoire est tombée devant l'assemblage. Selon lui, cet ensemble n'a jamais servi d'usage courant : il aurait été délibérément caché parce qu'il représentait du métal noble, bien au-delà de ce que les pièces pouvaient acheter à l'époque. Les pièces sont datées de 1808 à 1915. Novak détaille que la moitié est d'origine balkanique et l'autre moitié d'origine française, tandis que les pièces d'Europe centrale, comme les allemandes, sont totalement absentes, alors même que la découverte se situe sur l'ancienne frontière ethnique entre les populations tchèque et allemande.
Un détail complique toute datation simple : plusieurs pièces austro-hongroises portent de petits contre-poinçons apposés en Serbie ou en Bosnie, dans les années 1920 et 1930. Le trésor n'a donc pu être enterré que bien après la frappe de sa pièce la plus récente. Brádle note que, pour l'instant, il ne connaît aucune autre découverte tchèque contenant des pièces avec ces contremarques particulières.
Selon notre expert : Pendant que l'or explose sur les marchés financiers, ce trésor caché dans une forêt rappelle que la fortune peut se cacher n'importe où
Trois hypothèses pour expliquer un enfouissement resté secret
Novak avance trois périodes possibles pour expliquer cet enfouissement. Il évoque la déportation des populations tchèque et juive, puis la déportation des Allemands après la guerre, ainsi qu'une réforme monétaire, faisant référence à l'occupation nazie après 1938, à l'expulsion des Allemands de Tchécoslovaquie en 1945, puis à la réforme monétaire communiste de 1953.
Le directeur du musée, Petr Grulich, résiste pourtant à toute conclusion hâtive : il estime qu'il est difficile de dire si cet or appartenait à une famille tchèque, allemande ou juive. Le Bureau tchèque des essais analyse actuellement les objets non monétaires pour déterminer leur composition métallique. Cette analyse conditionnera l'approche de conservation retenue, l'évaluation finale du trésor et la récompense due aux deux randonneurs.
Un cadre légal favorable, mais un débat qui enflamme les réseaux
La valeur du trésor est estimée à 330 000 dollars. La loi tchèque accorde aux inventeurs jusqu'à 10 % de cette somme, une règle qui pourrait transformer une simple promenade en forêt en petite fortune inattendue pour les deux randonneurs restés anonymes.
Sur Facebook, certains commentateurs estiment que les objets devraient revenir directement aux randonneurs, jugeant que ce dépôt ne correspondrait pas à la définition légale d'une découverte archéologique. Un débat qui illustre combien la frontière entre patrimoine national et propriété privée reste sensible dès qu'un peu d'or resurgit du sol.
Novak rappelle qu'à environ 9 kilomètres de là, un trésor de 2 700 deniers d'argent du XIIe siècle avait déjà été mis au jour, il y a une dizaine d'années. De nombreux habitants ont quitté cette région boisée au XXe siècle, laissant derrière eux plusieurs fermes tombées à l'abandon, autant de cachettes potentielles encore ignorées.
L'or physique, une valeur refuge face aux incertitudes bancaires
Cette histoire tchèque rappelle une vérité qui traverse les siècles : l'or garde sa valeur bien après la disparition de ceux qui l'ont enterré. Face à l'instabilité des marchés financiers et à la fragilité perçue du système bancaire, un nombre croissant d'épargnants se tournent vers des actifs tangibles pour sécuriser leur patrimoine. Les lingots d'or, les pièces d'or et les lingots d'argent offrent une alternative concrète, détenue physiquement, loin des circuits bancaires classiques. Cette logique de débancarisation séduit ceux qui souhaitent diversifier leur épargne sans dépendre uniquement des banques ou des marchés boursiers.
Contrairement à une canette rouillée oubliée dans un mur de pierre, l'achat de métaux physiques auprès d'acteurs spécialisés permet un suivi rigoureux, une traçabilité complète et une liquidité immédiate en cas de revente. Un choix patrimonial qui, loin des mystères balkaniques, s'inscrit dans une démarche raisonnée de protection contre l'érosion monétaire.
Sources : BDOR - CNN - Arkeonews - Indian Defence Review
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