Le cours de l'or à 4 450 dollars : l’inflation américaine peut relancer ou casser le rebond avant la Fed
L’or rebondit vers 4 450 dollars avant le CPI américain. Inflation, Fed, dollar et tensions à Ormuz peuvent décider du prochain mouvement.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
L’or tente de rebondir après deux séances de baisse, aidé par le recul du dollar américain.
Le marché attend surtout les chiffres américains des prix à la production jeudi 10 septembre et de l’inflation CPI vendredi 11 septembre.
Les 162 000 emplois créés aux États-Unis en août renforcent la possibilité d’un resserrement monétaire de la Fed le 16 septembre.
Les tensions autour du détroit d’Ormuz entretiennent le risque d’une nouvelle poussée des prix de l’énergie.
Techniquement, la zone des 4 415 dollars reste un premier support important, tandis que 4 523 dollars constitue une résistance à surveiller.
Le cours de l’or reprend de la hauteur mardi 8 septembre, après deux séances consécutives de baisse. Le mouvement tient moins à un changement brutal de scénario qu’à un recul du dollar, lui-même pénalisé par l’appréciation spectaculaire du yen japonais. Le marché reste pourtant hésitant. Et pour cause : trois rendez-vous américains peuvent profondément modifier les anticipations de taux en moins d’une semaine.
Le dollar recule mais la Fed garde l’or sous surveillance
Le billet vert a perdu du terrain mardi face au yen, tombé à son meilleur niveau depuis sept mois. Reuters indiquait le 8 septembre que le dollar s’échangeait autour de 153,3 yens après un passage à 152,89, tandis que l’indice dollar évoluait près de 98,83. Les opérateurs anticipent notamment une politique plus restrictive de la Banque du Japon, ce qui favorise le débouclage de certaines positions spéculatives financées en yen.
Pour l’or, cette faiblesse du dollar procure mécaniquement un peu d’air. Elle ne suffit pourtant pas à installer une tendance franche. Le rapport sur l’emploi publié le 4 septembre a montré 162 000 créations de postes aux États-Unis en août, avec un taux de chômage inchangé à 4,1 %, selon le Bureau of Labor Statistics. Ces chiffres confirment une économie américaine encore suffisamment résistante pour laisser ouverte la possibilité d’une nouvelle hausse des taux.
Le marché attribue désormais autour de 60 % de probabilité à une hausse de taux lors de la prochaine réunion, selon les estimations rapportées par Reuters le 8 septembre. Il s’agit bien d’une anticipation de marché, pas d’une décision de la Fed. La Réserve fédérale rendra son verdict le 16 septembre 2026, selon son calendrier officiel. Pour un actif sans rendement comme l’or, des taux plus élevés restent théoriquement défavorables en augmentant le coût d’opportunité de sa détention.
L’inflation américaine devient l’arbitre du marché
Deux publications vont désormais concentrer l’attention. Le Bureau of Labor Statistics doit dévoiler l’indice des prix à la production d’août le 10 septembre, puis l’indice des prix à la consommation le 11 septembre, tous deux à 8 h 30 heure de Washington.
Le dernier chiffre disponible mérite d’être gardé en tête. En juillet, l’inflation américaine atteignait 3,4 % sur un an, contre 3,5 % en juin, selon le BLS. L’inflation hors alimentation et énergie ressortait à 2,5 %. Plus problématique pour la Fed, les prix de l’énergie affichaient encore une hausse de 14,7 % sur douze mois.
Une inflation d’août supérieure aux attentes renforcerait logiquement le scénario d’un nouveau resserrement monétaire. Le dollar pourrait alors repartir à la hausse et freiner le rebond de l’or. Une publication plus modérée réduirait au contraire la conviction des investisseurs favorables à une hausse des taux et pourrait ouvrir davantage d’espace au XAU/USD.
La difficulté vient du pétrole. Les tensions militaires entre Washington et Téhéran continuent de perturber la circulation dans le détroit d’Ormuz. L’EIA estimait en août que les flux de pétrole et de produits liquides y étaient tombés à 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions au quatrième trimestre 2025 avant le conflit. Reuters rapportait encore le 7 septembre des menaces iraniennes contre les infrastructures énergétiques régionales. Cette situation entretient un risque inflationniste que la Fed ne peut ignorer.
Selon notre expert : Dollar, pétrole, inflation et Fed se percutent au même moment et l’or pourrait être le premier actif à en subir les conséquences.
Les 4 415 dollars deviennent le niveau technique à défendre
La configuration graphique reste partagée. Selon les niveaux techniques fournis dans l’analyse source, l’or évolue toujours au-dessus de sa moyenne mobile exponentielle à 200 jours, située autour de 4 288 dollars, ce qui préserve une structure de fond constructive. Le RSI proche de 52 reste neutre à légèrement positif, tandis que le MACD négatif traduit une dynamique haussière moins convaincante.
Le premier seuil défensif se situe autour de 4 415 dollars, correspondant au retracement de Fibonacci de 38,2 % de la progression observée entre juin et août. Une rupture exposerait ensuite les zones des 4 328 dollars puis 4 288 dollars. Plus bas, le retracement de 61,8 % apparaît vers 4 242 dollars. Ces niveaux constituent des repères graphiques et non des objectifs garantis.
À la hausse, la première résistance sérieuse se trouve vers 4 523 dollars. Un franchissement suffisamment net replacerait la zone des 4 697 dollars dans le viseur. Le niveau psychologique des 4 450 dollars reste donc davantage une zone de bataille qu’une cible acquise.
BDOR affichait le 8 septembre 2026 une once autour de 3 791 euros, soit près de 121,89 euros le gramme, selon sa cotation consultée dans la nuit. Ce qui frappe actuellement n’est pas seulement le niveau absolu des prix. C’est la capacité de l’or à rester élevé alors même que les investisseurs envisagent sérieusement une nouvelle hausse des taux américains.
Pour certains épargnants, cette période encourage aussi une diversification hors des placements bancaires classiques. La détention directe de lingots d’or, de lingots d’argent ou de pièces d’or peut participer à une stratégie de débancarisation partielle et de sécurisation d’une fraction de l’épargne. Cette approche demande de tenir compte du prix d’acquisition, de la fiscalité, des conditions de conservation, de la liquidité et de l’horizon patrimonial.
Sources : BDOR - World Gold Council - FXStreet - Banque centrale européenne
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