Le cours de l'or recule ce lundi, mais la tendance de fond reste solidement haussière
L'once d'or cède 0,90 % à 3791,9 euros sous la pression du dollar, mais nos relevés confirment une progression de 8 % depuis juillet.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 5 minutes

En bref
L'once d'or s'échange à 3791,9 euros, en baisse de 0,90 % sur 24 heures
Le dollar reste ferme autour de 100,32 points, ce qui pèse sur l'or
Les tensions au Moyen-Orient n'ont pas suffi à soutenir les cours ce matin
Sur sept jours, l'or progresse malgré tout de 2,0 % selon nos relevés
Depuis le 13 juillet, l'or affiche une hausse de 8,0 %
Le lingot d'un kilo progresse de 8,7 % depuis fin juin, confirmant la tendance haussière
Un repli qui se lit à la lumière du dollar et des tensions au Moyen-Orient
L'once d'or s'échange ce matin à 3791,9 euros, en retrait de 0,90 % sur 24 heures selon nos relevés en temps réel. L'argent recule plus nettement encore, à 57,53 euros l'once, soit une baisse de 1,76 % sur la même période. Ce double mouvement de repli n'a rien d'anodin : il correspond à une résistance du dollar, dont l'indice reste installé autour de 100,32 points, quasiment stable sur 24 heures mais suffisamment ferme pour peser sur les métaux libellés en billet vert.
Le paradoxe apparent tient au contexte. Des frappes revendiquées par les forces houthistes contre des sites sensibles à Riyad, le refus iranien de rouvrir le détroit d'Ormuz ou de reprendre des négociations avec Washington, la posture attentiste du président américain qui évoque des décisions imminentes sur le conflit iranien : tous ces éléments nourrissent habituellement la demande de valeurs refuges. Mais la perspective d'une politique monétaire américaine encore restrictive, avec une nouvelle hausse de taux évoquée par plusieurs responsables de la Réserve fédérale, redonne au dollar un rôle d'aimant qui capte une partie de cette prime de risque au détriment de l'or.
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Ce que nos relevés disent au-delà de la séance
La photographie du jour masque une dynamique bien plus favorable sur la durée. Nos relevés BDOR montrent une progression de 2,0 % pour l'or et de 5,2 % pour l'argent sur les sept derniers jours. L'argent, plus volatil, a donc davantage profité du mouvement récent que l'or, avant de rendre une partie de ces gains ce matin. Sur un mois, la lecture s'inverse partiellement : l'or cède 3,7 % tandis que l'argent limite la casse à 2,4 %, preuve que les deux métaux ne suivent pas une trajectoire strictement parallèle.
L'horizon le plus parlant reste celui du 13 juillet 2026 : l'or y affiche une progression de 8,0 %, l'argent de 13,8 %. C'est cette tendance de fond, et non le repli d'une matinée, qui définit la position d'un épargnant qui détient ces métaux depuis plusieurs semaines. La cotation officielle française du lingot d'un kilo, à 121 490 euros, illustre ce décalage entre le temps de la séance et celui du fixing : elle progresse de 2,3 % sur la journée et de 8,7 % depuis le 26 juin 2026, un rythme largement supérieur à celui affiché par le cours spot au même moment. L'once lingotin, cotée 3989 euros avec une hausse de 5,0 % sur sa séance, confirme ce même décalage temporaire entre fixing physique et cours continu.
La Fed, la BCE et la vraie question des taux réels
Le facteur déterminant reste la trajectoire des taux. Aux États-Unis, la perspective d'une hausse supplémentaire, évoquée par les projections de la Réserve fédérale, maintient les rendements obligataires à un niveau élevé, même si un repli récent des cours du pétrole, lié à une reprise des expéditions saoudiennes, limite pour l'instant les craintes d'inflation incontrôlée. Des analystes de Nordea jugent que l'économie américaine reste résiliente et que les pressions inflationnistes montrent peu de signes de ralentissement, ce qui plaide selon eux pour une politique monétaire encore plus restrictive que prévu.
En zone euro, le décor est différent mais tout aussi structurant pour l'épargnant français. Le taux directeur de la BCE se situe à 2,65 %, sa facilité de dépôt à 2,5 %, tandis que l'OAT à 10 ans évolue autour de 4 %. Cet écart entre taux courts et taux longs français maintient une pression sur le coût de l'argent public et conserve à l'or son rôle de réserve de valeur sans rendement, mais protégée du risque de crédit souverain. C'est cette combinaison, plus que la seule actualité géopolitique du jour, qui explique la tenue relative des métaux précieux sur la durée malgré les à-coups de la séance.
Ce qui pourrait démentir cette lecture
Notre analyse suppose que les tensions au Moyen-Orient et la posture restrictive de la Fed continuent de s'équilibrer sans qu'un des deux facteurs ne domine durablement l'autre. Un apaisement rapide, par exemple à l'occasion d'un sommet entre les dirigeants américain et chinois évoqué dans l'actualité, ou un retournement plus net de la Fed vers une pause monétaire, pourrait redonner de l'air au dollar et accentuer la pression sur l'or à court terme. À l'inverse, une escalade supplémentaire au Moyen-Orient ou une remontée brutale du pétrole referait basculer l'équilibre en faveur de l'or.
Ce qui reste solide, c'est l'écart entre le repli quotidien et la tendance mesurée depuis juillet. Un épargnant qui raisonne à l'échelle de la séance risque de surinterpréter un mouvement de 0,90 %. Celui qui regarde les sept derniers jours, le mois écoulé et les deux mois et demi de notre relevé obtient une image plus nuancée, et sans doute plus utile pour situer où se trouve réellement le marché de l'or aujourd'hui.
Sources : BDOR
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