Fed : les statistiques sur l’emploi et la croissance freinent les espoirs de baisse rapide des taux
La croissance américaine rebat les cartes sur les taux de la Fed. Les marchés digèrent et corrigent.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
En bref
La croissance US au T2 révisée à 3,8 %, bien au-dessus des attentes.
Les inscriptions au chômage reculent, signe d’un marché du travail résilient.
La Fed pourrait temporiser sur les baisses de taux, les marchés réajustent leurs anticipations.
Le Cac 40 reste orienté à la baisse, malgré des données macroéconomiques solides.
Wall Street corrige également, notamment sur les valeurs technologiques.
Des tensions commerciales ressurgissent, avec une enquête US sur les équipements médicaux.
La révision du PIB américain secoue les anticipations de politique monétaire
Les derniers chiffres en provenance des États-Unis ont surpris par leur vigueur. La croissance du produit intérieur brut au deuxième trimestre a été revue à la hausse à 3,8 % en rythme annualisé, alors que le consensus s’attendait à une confirmation du chiffre précédent de 3,3 %. Il s’agit du rythme le plus rapide enregistré depuis près de deux ans.
Cette performance économique est en grande partie liée à la reprise des commandes de biens durables, qui ont progressé de 2,9 % en août après un recul marqué en juillet. Le marché tablait initialement sur une nouvelle contraction de 0,3 %, ce qui accentue l'effet de surprise.
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Parallèlement, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont retombées à 218 000, un plus bas depuis la mi-juillet. Le marché attendait 233 000 nouvelles demandes. Ce chiffre alimente l’idée d’un marché de l’emploi encore robuste, ce qui pousse les investisseurs à réévaluer leurs anticipations vis-à-vis de la Réserve fédérale.
Une Fed confrontée à un dilemme stratégique
Dans ce contexte, les marchés revoient à la baisse leurs espoirs d’un assouplissement rapide de la politique monétaire. Le scénario dominant anticipe désormais moins de 40 points de base de réduction des taux d’ici fin décembre.
Sam Stovall, stratège en chef chez CFRA Research, s’interroge : « Les chiffres du chômage étant moins dégradés que prévu, la Fed pourrait-elle suspendre ses baisses de taux en octobre, et n’agir qu’en fin d’année ? »
Tout dépendra de l’indice PCE attendu vendredi, principal baromètre de l’inflation aux yeux de la Fed. Les projections tablent sur une légère hausse annuelle à 2,7 %, avec un noyau dur (core) stable à 2,9 %. L’évolution de ce chiffre conditionnera largement la capacité de la banque centrale à maintenir le cap sur deux assouplissements supplémentaires d’ici 2025, selon Bret Kenwell d’eToro.
Des marchés en repli malgré les bonnes nouvelles
À Paris, le Cac 40 perdait 0,6 % en milieu d’après-midi, à 7.783 points. À New York, les principaux indices reculent entre 0,45 % et 1,1 %, dans le sillage d’une légère désaffection des investisseurs pour les grandes valeurs technologiques. Nvidia, Oracle ou Micron s’inscrivaient en baisse avant l’ouverture, alors qu’elles avaient récemment soutenu le rebond du Nasdaq.
Les places financières digèrent encore l’ensemble des données économiques et réajustent leurs positions face à une Fed devenue plus difficile à anticiper. Une économie robuste n’élimine pas les craintes sur le front des taux, mais rend le scénario d’une récession plus lointain.
Tensions commerciales et polémiques en chaîne sur les valeurs
Le secteur européen des équipements médicaux a subi un revers après l’annonce d’une enquête de sécurité nationale lancée par l’administration Trump. Celle-ci cible les importations de dispositifs médicaux, ouvrant potentiellement la voie à de nouveaux tarifs douaniers similaires à ceux imposés sur l’automobile, le cuivre ou l’acier.
Cette annonce a immédiatement pesé sur certaines valeurs :
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Demant chute de 5,5 %, l’un des replis les plus marqués du Stoxx 600.
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Philips, Sonova, Siemens Healthineers et ConvaTec ont également accusé le coup.
Dans d’autres secteurs, la prudence reste de mise. Brunello Cucinelli, symbole du segment haut de gamme dit quiet luxury, recule après des allégations de Morpheus Research pointant une communication trompeuse sur ses activités en Russie.
Selon notre expert : Dans ce contexte d’incertitude monétaire, l’or pourrait redevenir l’ultime valeur refuge en 2025.
Fort contrastes sectoriels : H&M s’envole, Beneteau dévisse
Les contrastes sectoriels sont marqués. H&M s’adjuge 8 % après avoir dépassé les attentes sur ses marges et résultats trimestriels. À l’opposé, Beneteau décroche de 8 % à Paris, pénalisé par des pertes plus importantes qu’anticipé au premier semestre et des perspectives jugées décevantes par les investisseurs.
Dans un contexte où les grandes tendances macroéconomiques brouillent les signaux monétaires, les réactions de marché deviennent de plus en plus tactiques et sectorielles.
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