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EUR/USD : la cassure du drapeau baissier ouvre la voie vers 1,1325 sous tensions au Moyen-Orient

EUR/USD chute vers 1,1390, la cassure d'un drapeau baissier et les tensions au Moyen-Orient ouvrent la voie vers 1,1325 cette semaine.

Temps de lecture : 4 minutes

EUR/USD : la cassure du drapeau baissier ouvre la voie vers 1,1325 sous tensions au Moyen-Orient

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En bref

  • EUR/USD recule vers 1,1390, plombé par la vigueur du dollar refuge

  • L'indice DXY progresse de 0,2% à 101,15 points

  • Les tensions entre les États-Unis et l'Iran autour du détroit d'Ormuz ravivent l'aversion au risque

  • La cassure d'un drapeau baissier ouvre la voie vers 1,1324 puis 1,1300

  • Le CPI américain de juin et l'audition de Kevin Warsh occuperont les cambistes cette semaine


L’euro commence la semaine sur la défensive. La paire EUR/USD évolue autour de 1,1400 dollar, après avoir été repoussée vendredi dans la zone de 1,1460. Le mouvement paraît encore contenu, mais le décor s’est nettement assombri avec la reprise des affrontements entre les États-Unis et l’Iran.

Le dollar profite une nouvelle fois de son statut de refuge. Ce réflexe n’a rien de surprenant sur le marché des changes : lorsque les risques militaires et énergétiques augmentent simultanément, les investisseurs réduisent leur exposition aux actifs jugés plus vulnérables. L’euro en fait partie, car la zone euro demeure fortement dépendante des importations de pétrole et de gaz.

Les dernières cotations placent l’EUR/USD près de 1,14, tandis que le Brent progresse de plus de 4 %, autour de 79 dollars le baril. Cette combinaison est franchement défavorable à la monnaie européenne.

 

A lire aussi : L’or encaisse une secousse brutale alors que la guerre, le pétrole et les banques centrales rebattent toutes les cartes.

 


Le détroit d’Ormuz replonge les marchés dans l’incertitude

 

Les hostilités se sont intensifiées durant le week-end. Les forces américaines ont frappé plusieurs installations militaires iraniennes, tandis que Téhéran a annoncé des représailles contre des bases américaines présentes dans plusieurs pays de la région.

Les Gardiens de la révolution affirment également avoir fermé le détroit d’Ormuz. Le commandement militaire américain indique, de son côté, que des navires ont pu traverser la zone sous escorte. Cette contradiction mérite d’être conservée : une fermeture annoncée ne signifie pas nécessairement une interruption totale du trafic maritime. Elle suffit pourtant à faire grimper la prime de risque incorporée dans chaque baril.

Le marché redoute moins une pénurie immédiate qu’un conflit durable perturbant les flux énergétiques. Or, pour l’Europe, chaque hausse persistante du pétrole alourdit la facture des importations, réduit le pouvoir d’achat et complique le travail de la Banque centrale européenne.

 


L’euro paie la dépendance énergétique européenne

 

La réaction du marché des changes me paraît cohérente, peut-être même encore modérée. Les États-Unis sont mieux placés que la zone euro pour absorber un pétrole plus cher grâce à leur propre production énergétique. L’Union européenne doit, elle, acheter une large part de ses besoins en dollars.

Cette asymétrie nourrit mécaniquement la demande de devise américaine. Elle risque aussi de réactiver l’inflation européenne au moment où la croissance reste fragile. Un baril durablement installé près de 80 dollars ne condamnerait pas l’euro, mais une rupture prolongée des transports dans le Golfe pourrait rapidement modifier les anticipations de croissance et de taux.

Sur le plan technique, la zone comprise entre 1,1370 et 1,1380 constitue le premier soutien sérieux. Une rupture nette ouvrirait la voie à une correction plus profonde. À l’inverse, le retour au-dessus de 1,1460 allégerait la pression vendeuse. Pour l’heure, les acheteurs manquent de conviction.

 

Selon notre expert : Les marchés pensaient avoir retrouvé leur calme mais le cours de l’or vient de rappeler que la crise financière est loin d’être terminée.

 


La Fed et l’inflation américaine vont départager l’euro et le dollar

 

Le prochain test arrivera dès le 14 juillet avec la publication de l’indice des prix à la consommation américain de juin. Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, doit également présenter le rapport semestriel de politique monétaire devant la Chambre des représentants le 14 juillet, puis devant le Sénat le lendemain.

La Fed maintient actuellement son taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. Une inflation supérieure aux attentes renforcerait les anticipations de politique restrictive et soutiendrait encore le dollar.

Christine Lagarde doit parallèlement rencontrer Kevin Warsh à Washington, tandis qu’Isabel Schnabel intervient lors d’un événement économique en Allemagne. Les commentaires des deux institutions seront surveillés, mais les chiffres américains devraient garder le dernier mot.

Face à cette instabilité monétaire et géopolitique, certains épargnants se tournent aussi vers des investissements alternatifs, notamment les lingots d’or et d’argent ou les pièces d’or physiques. Cette stratégie répond souvent à une volonté de débancarisation partielle et de sécurisation d’une fraction de l’épargne hors des circuits financiers traditionnels. Elle ne supprime ni le risque de prix ni les contraintes de conservation, mais elle peut réduire la dépendance exclusive aux devises, aux marchés boursiers et aux établissements bancaires.

Sources : BDOR - Réserve fédérale - Bureau of Labor Statistics - Département américain du Trésor

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