EUR/USD : le rachat de dette du Trésor américain pourrait propulser la paire vers 1,17 dollar
La paire EUR/USD franchit un cap technique après l'annonce de rachats obligataires du Trésor américain, avec un objectif de hausse vers 1,17.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
Le Trésor américain double la taille de ses rachats de dette longue, à au moins 4 milliards de dollars par opération, jusqu'à début novembre selon son communiqué officiel du 19 août 2026
Cette annonce fait chuter les rendements des bons du Trésor à 10 et 30 ans, entraînant l'indice dollar vers la zone des 98,50-98,00
EUR/USD repasse au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours pour la première fois depuis mai, avec un objectif technique vers 1,1700 puis 1,1785
La dette publique américaine dépasse désormais 40 000 milliards de dollars, soit environ 100% du PIB selon le Congressional Budget Office
L'écart de rendement à 10 ans entre les États-Unis et l'Allemagne se resserre à 139 points de base selon LSEG, réduisant l'attrait relatif des actifs américains
Le rachat de dette du Trésor américain redessine la trajectoire du dollar
Mercredi, le Trésor américain a annoncé qu'il doublerait la taille de ses opérations de rachat sur les échéances 10 et 30 ans, portant chaque opération à au moins 4 milliards de dollars, une mesure confirmée par l'US Treasury dans son communiqué du 19 août 2026 et censée courir jusqu'à début novembre. La dernière ligne du texte laisse même entendre que le dispositif pourrait être prolongé, voire renforcé. L'onde de choc a été immédiate sur les rendements obligataires longs, qui ont plongé, entraînant dans leur sillage l'indice dollar, désormais attendu entre 98,50 et 98,00 avant un possible rebond, selon les analystes de Kshitij Consultancy Services.
Rapportée à la taille totale de la dette publique américaine, l'augmentation des rachats reste anecdotique, presque négligeable diront certains observateurs. Mais le signal envoyé aux marchés compte davantage que le montant lui-même. Un Trésor qui intervient pour contenir la hausse des rendements longs ne fait pas disparaître le besoin de financement, il déplace simplement la pression ailleurs. Et cette pression, faute de pouvoir s'exprimer pleinement sur les taux, pourrait bien migrer vers le marché des changes, l'EUR/USD étant le baromètre le plus scruté de la santé du billet vert.
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L'EUR/USD teste ses résistances historiques
La paire EUR/USD a compté parmi les plus fortes hausses de la séance de mercredi, repassant au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours pour la première fois depuis mai dernier. Le mouvement s'est essoufflé juste au-dessus de 1,1670, un niveau qui a alterné les rôles de support et de résistance tout au long de l'année. Cette zone reste la référence du jour pour juger si la dynamique haussière mérite d'être suivie ou si une consolidation s'impose avant d'aller plus loin.
Les indicateurs techniques penchent clairement du côté acheteur. Le RSI (14) enchaîne les plus hauts et vient de franchir le seuil de surachat autour de 73, ce qui invite tout de même à la prudence sur un possible essoufflement à court terme. Le MACD, lui, continue de diverger positivement par rapport à sa ligne de signal, confirmant la tendance haussière de fond. L'ensemble des signaux favorise donc des positions acheteuses plutôt que vendeuses, sans exclure des prises de bénéfices ponctuelles sur un marché qui vient de gagner beaucoup de terrain en peu de temps.
Les niveaux clés à surveiller
Au-dessus des cours actuels, plusieurs seuils techniques se dessinent avant l'objectif de 1,1700 : le retracement à 50% du mouvement baissier de janvier à juin, puis 1,1723, ancien support qui pourrait désormais jouer les résistances. Les plus optimistes viseront 1,1785, niveau qui avait plafonné les hausses en avril et mai, avant 1,1850 et le retracement à 78,6% situé à 1,1920. À l'inverse, un retour et un maintien sous 1,1670 ouvrirait la voie à un repli vers la moyenne mobile à 200 jours, puis vers 1,1614, le retracement à 38,2%.
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La dette américaine, un poids qui pèse sur le billet vert
La dette publique américaine dépasse désormais 40 000 milliards de dollars, la part détenue par le public avoisinant 100% du PIB selon les données du Congressional Budget Office. Les déficits primaires demeurent élevés et la charge des intérêts nets continue de grimper. Le volume de dette que le secteur privé doit absorber ne cesse donc d'augmenter, ce qui devrait normalement exiger une rémunération plus élevée pour attirer les capitaux, en particulier sur les échéances longues où l'incertitude est la plus forte.
Si le Trésor intervient en permanence pour contenir cette hausse des rendements, l'ajustement ne disparaît pas, il se déplace. L'écart de rendement à 10 ans entre les États-Unis et l'Allemagne s'est resserré à 139 points de base selon les données LSEG, réduisant la prime offerte aux investisseurs pour détenir des actifs américains. Si cette tendance se poursuit pendant que le Trésor multiplie les opérations de soutien, la pression née sur le marché obligataire pourrait bien se transférer plus rapidement encore vers le dollar, avec l'euro comme premier réceptacle compte tenu de la profondeur de son marché de capitaux.
Matières premières et diversification, la parade face à l'incertitude monétaire
Sur les marchés de matières premières, l'or a franchi le seuil des 4500 dollars et vise désormais 4600-4650 dollars tant qu'il se maintient au-dessus de 4200 dollars, tandis que l'argent poursuit sa progression vers la zone des 70-75 dollars. Le cuivre a rebondi depuis son support à 6,30-6,35 dollars et pourrait grimper vers 6,65-6,75 dollars, pendant que le pétrole brut Brent et le WTI restent cantonnés à leurs fourchettes respectives de 80-95 dollars et 75-90 dollars, faute de catalyseur suffisant. Ce contexte de dette croissante, de rendements sous contrôle artificiel et de devise sous tension rappelle pourquoi de nombreux épargnants se tournent vers les métaux précieux, à travers des lingots d'or, des lingots d'argent ou des pièces d'or, dans une logique de débancarisation et de sécurisation patrimoniale, loin des soubresauts monétaires et des politiques d'intervention des banques centrales.
Sources : BDOR - US Treasury - Congressional Budget Office - LSEG
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