Dette publique américaine à 40 047 milliards de dollars
La dette publique américaine franchit 40 047 milliards de dollars, soit 125% du PIB. Le Trésor double ses rachats d'obligations pour apaiser les marchés.
Par Trajce KOSTIK
Temps de lecture : 4 minutes

Sommaire
- Un franchissement plus rapide que prévu
- Des taux d'emprunt au plus haut depuis 2007
- Un déficit entre 6 % et 7 % du PIB qui rend les marchés nerveux
- Les promesses budgétaires de la Maison-Blanche à l'épreuve
- Une dérive budgétaire vieille de vingt-cinq ans
- Sécuriser son épargne face à la dérive budgétaire
En bref
- La dette fédérale des États-Unis a franchi mardi 18 août le seuil des 40 000 milliards de dollars, à 40 047 milliards précisément, selon les données du Trésor publiées mercredi.
- Ce cap est atteint plusieurs mois plus tôt que la prévision du Bureau du budget du Congrès, qui tablait sur 39 400 milliards en fin d'année.
- Le rendement des bons du Trésor à 30 ans a touché mardi son plus haut niveau depuis 2007, sous l'effet de l'inflation et du conflit avec l'Iran.
- Le Trésor a annoncé le doublement de ses rachats d'obligations à long terme dès le 9 septembre, de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération.
- La dette représente près de 125 % du PIB américain et le déficit annuel avoisine 6 % à 7 %, loin de l'objectif de 3 % fixé par Scott Bessent.
La dette publique américaine vient de franchir un seuil jamais atteint. Après la dernière émission de bons du Trésor mardi 18 août, l'endettement fédéral s'établit à 40 047 milliards de dollars, d'après les chiffres publiés mercredi par le ministère américain des Finances. Ce montant dépasse la richesse produite en une année entière par la première économie mondiale, avec un ratio proche de 125 % du produit intérieur brut.
À lire aussi : Le cours de l'or profite directement de la défiance grandissante des investisseurs envers la dette souveraine américaine.
Un franchissement plus rapide que prévu
Le Bureau du budget du Congrès (CBO) anticipait jusqu'ici un endettement de l'ordre de 39 400 milliards de dollars à la fin de l'année. Le cap des 40 000 milliards arrive donc avec plusieurs mois d'avance sur les projections officielles. Deux facteurs expliquent cette accélération, la hausse des emprunts destinés à financer la santé et la sécurité sociale d'une part, l'alourdissement des intérêts versés par l'État fédéral d'autre part.
Le Washington Post pointe aussi les centaines de milliards de dollars de recettes perdues après l'invalidation des droits de douane par la Cour suprême en février, dont le remboursement aux entreprises pèse désormais sur les comptes publics. Le Financial Times calcule que la dette américaine a gonflé de 3 000 milliards de dollars sur la seule année écoulée, un rythme sans équivalent hors période de pandémie.
Des taux d'emprunt au plus haut depuis 2007
Ce franchissement intervient à un moment délicat pour Washington. Les inquiétudes liées à l'inflation, alimentées par le conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l'énergie, ont poussé les investisseurs à se délester d'obligations d'État cette semaine. Résultat, le rendement des bons du Trésor à 30 ans a atteint mardi son plus haut niveau depuis 2007.
Chaque hausse des taux force l'État à dépenser davantage pour se refinancer, ce qui creuse mécaniquement l'endettement. L'économiste Ed Yardeni décrit auprès du Financial Times un cercle vicieux, où la montée des taux liée aux craintes sur la dette alourdit les charges d'intérêts, lesquelles nourrissent à leur tour la défiance des marchés.
Pour calmer la tension, le Trésor a annoncé mercredi le doublement de ses rachats d'obligations à long terme à compter du 9 septembre, de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération. La mesure a rassuré les investisseurs et détendu les taux, mais elle illustre la difficulté croissante des États-Unis à trouver des acheteurs pour leur dette.
Un déficit entre 6 % et 7 % du PIB qui rend les marchés nerveux
« Il est bien connu que l'État fédéral a un rythme de déficit qui n'est pas soutenable », observe Jessica Riedl, spécialiste du budget citée par l'AFP. La dette du pays a plus que doublé depuis la crise financière de 2008. Des déficits compris entre 3 % et 4 % du PIB suffisaient autrefois à inquiéter les marchés financiers. Ces niveaux tournent désormais autour de 6 % à 7 %, ce qui a rendu les investisseurs beaucoup plus fébriles.
Shai Akabas, vice-président du Bipartisan Policy Center, souligne que cette dérive se produit alors que l'économie américaine reste relativement solide. Une récession ou une intensification des conflits à l'étranger ferait grimper ces chiffres bien plus vite encore.
Les promesses budgétaires de la Maison-Blanche à l'épreuve
Donald Trump avait promis lors de ses deux mandats de tailler dans les dépenses gouvernementales. Son secrétaire au Trésor Scott Bessent s'était engagé à ramener le déficit à 3 % du PIB d'ici la fin du mandat, contre 6,3 % au départ. Celui-ci devrait s'établir autour de 5,8 % en 2026, soit environ 2 000 milliards de dollars, très loin de l'objectif affiché.
Les réductions d'impôts, les remboursements de droits de douane et les dépenses militaires liées à la guerre contre l'Iran ont englouti des milliards que les économies réalisées dans l'administration ne compensent pas.
Une dérive budgétaire vieille de vingt-cinq ans
La responsabilité dépasse largement le locataire actuel de la Maison-Blanche. La dette ne représentait que 31,5 % du PIB en 2001, après quatre années d'excédents, rappelle le Wall Street Journal. Les guerres en Irak et en Afghanistan, l'éclatement de la bulle internet, la crise de 2008 puis la pandémie de Covid-19 ont fait exploser les compteurs, pendant que républicains et démocrates réduisaient régulièrement les impôts.
Maya MacGuineas, présidente du Comité pour un budget fédéral responsable, met les ordres de grandeur en perspective. Près de deux cents ans ont été nécessaires pour atteindre les 1 000 premiers milliards de dette en 1981. Trump a ajouté 8 400 milliards durant son premier mandat, Joe Biden autant, et 3 800 milliards supplémentaires se sont accumulés depuis janvier 2025. Au rythme actuel, le CBO projette un ratio dette sur PIB de 120 % d'ici dix ans et de 175 % d'ici trente ans.
Selon notre expert : Face à un marché obligataire sous pression et à des déficits records, le métal jaune s'impose comme la valeur refuge de référence à travers le monde.
Sécuriser son épargne face à la dérive budgétaire
Cette spirale d'endettement souverain et la nervosité du marché obligataire rappellent la fragilité des actifs adossés à la seule signature des États. Les investissements alternatifs comme les métaux, lingots d'or et d'argent ou pièces d'or, offrent une réponse concrète à ceux qui souhaitent débancariser une partie de leur patrimoine. Détenus en propre, hors du système bancaire, ces actifs tangibles ne dépendent d'aucune promesse de remboursement et protègent l'épargne contre l'inflation comme contre les secousses des dettes publiques.
Sources : BDOR, BFM, LesEchos, CourierInternational, RTS,
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