EUR/USD : la paire reste sous pression sous la moyenne 100 jours malgré l'inflation US
EUR/USD stagne sous 1,1550 : inflation US en repli, tensions Iran-USA et repères techniques clés à surveiller pour la suite.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 4 minutes

En bref
L’EUR/USD évolue autour de 1,1520 et reste bloqué sous sa moyenne mobile à 100 jours située vers 1,1565.
L’inflation américaine a ralenti à 3,4 % en juillet 2026, contre 3,5 % en juin.
L’inflation sous-jacente est revenue à 2,5 %, ce qui réduit une partie des craintes de resserrement monétaire immédiat.
Les investisseurs attendent désormais les prix à la production américains, avant la réunion de la Fed des 15 et 16 septembre.
Une cassure de 1,1500 exposerait la paire à 1,1475 puis 1,1338, tandis qu’un retour au-dessus de 1,1565 améliorerait la configuration.
L’inflation américaine offre un répit à l’euro sans renverser la tendance
La paire EUR/USD évolue autour de 1,1520 jeudi matin en Europe, après trois séances difficiles pour la monnaie unique. Le ralentissement des prix américains a permis à l’euro de retrouver un peu d’air, sans déclencher pour autant un véritable mouvement de reprise. Le Bureau of Labor Statistics a confirmé le 12 août 2026 une inflation américaine de 3,4 % sur un an en juillet, après 3,5 % en juin. Hors alimentation et énergie, la progression des prix est passée de 2,6 % à 2,5 %. Sur un mois, le CPI n’a avancé que de 0,1 %.
Ces chiffres donnent aux investisseurs une raison de réduire les paris les plus agressifs sur les taux américains. Ils ne règlent pas le problème. L’énergie reste chère, avec une hausse annuelle de 14,7 % de l’indice énergétique américain en juillet selon le BLS. Les anticipations monétaires peuvent donc changer rapidement au gré du pétrole, de l’emploi et des prochaines statistiques.
Le prochain rendez-vous immédiat sera l’indice des prix à la production de juillet, programmé le 13 août à 8 h 30 à New York par le BLS. Puis viendront les statistiques d’août sur les prix et l’emploi avant la réunion du FOMC des 15 et 16 septembre 2026, inscrite au calendrier officiel de la Réserve fédérale. Le marché des Fed Funds reste mouvant : le CME FedWatch traduit les anticipations implicites des contrats à terme et ne constitue pas une prévision officielle de la Fed.
Sous 1,1565, la configuration technique reste défavorable à l’EUR/USD
La lecture graphique demeure moins rassurante. L’EUR/USD reste sous sa moyenne mobile simple à 100 jours, située autour de 1,1565 dans la configuration étudiée. Tant que cette zone n’est pas reconquise avec suffisamment de volume et de continuité, la hausse ressemble davantage à une respiration qu’à une reprise installée.
Le RSI à 14 périodes évolue autour de 56, soit une zone neutre légèrement favorable aux acheteurs. La paire se maintient aussi au-dessus de la moyenne centrale des bandes de Bollinger à 20 jours, proche de 1,1475. Ce détail limite pour l’instant le risque de décrochage immédiat. La résistance suivante se situe vers 1,1612, à proximité de la bande supérieure de Bollinger. Une clôture au-dessus de cette zone modifierait nettement la lecture de court terme.
Le scénario baissier reste pourtant simple. Le premier niveau psychologique se situe à 1,1500. Sa rupture replacerait 1,1475 au centre des échanges. Plus bas, la bande inférieure de Bollinger, proche de 1,1338, constituerait une cible technique en cas d’accélération vendeuse. Ce scénario n’est pas une prévision certaine : il correspond aux niveaux issus de l’analyse graphique fournie.
La profondeur du marché explique aussi pourquoi les mouvements peuvent devenir rapides. La Banque des règlements internationaux indiquait en septembre 2025 que le marché mondial des changes atteignait 9 600 milliards de dollars de transactions quotidiennes en avril 2025. Le dollar intervenait dans 89 % des échanges et l’euro restait la deuxième devise la plus traitée avec 28,9 %.
Selon notre expert : Dollar, pétrole et taux américains rebattent les cartes et le cours de l’or pourrait connaître une nouvelle séance particulièrement brutale.
La BCE, le dollar et les actifs alternatifs restent au centre des arbitrages
L’euro ne dépend pas uniquement des chiffres américains. La politique de la Banque centrale européenne, l’écart de taux avec les États-Unis et la vigueur de l’économie de la zone euro resteront déterminants. La BCE estimait le 2 juin 2026 que la part de l’euro dans plusieurs indicateurs d’usage international avait progressé autour de 20 % en 2025, confortant son statut de deuxième grande devise internationale.
Pour les épargnants, les mouvements de devises rappellent aussi une réalité moins spectaculaire mais utile : concentrer l’intégralité de son patrimoine sur des dépôts bancaires et des actifs libellés dans une seule monnaie expose à un risque monétaire, inflationniste et financier. Certains investisseurs choisissent ainsi de compléter leur allocation avec des actifs tangibles tels que des lingots d’or et d’argent ou des pièces d’or, notamment dans une logique de diversification patrimoniale et de débancarisation partielle.
BDOR relevait le 13 août 2026 que le cours de l’or avait brièvement atteint environ 4 450 dollars l’once avant de repasser sous 4 400 dollars, dans une séance dominée par les anticipations de taux américains. Une telle allocation ne supprime aucun risque et ne garantit pas une performance. Elle répond plutôt à une recherche de répartition entre liquidités bancaires, actifs financiers et détention physique, avec l’idée de ne pas faire dépendre toute son épargne d’une seule classe d’actifs.
Sources : BDOR - Bureau of Labor Statistics - CME Group - Reuters
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