L’euro-dollar tombe vers 1,1365, plombé par la Fed, le dollar fort et les tensions Iran-USA. Le seuil de 1,1350 devient sensible.

En bref
L’euro-dollar recule pour la troisième séance consécutive et glisse autour de 1,1365.
Le dollar américain profite des anticipations de hausse des taux de la Fed et des tensions autour de l’Iran.
La BCE reste ferme, mais cela ne suffit pas à protéger l’euro.
L’analyse technique pointe un risque vers 1,1350, même si les indicateurs deviennent très tendus.
Le marché peut encore baisser, mais vendre dans la panique à ces niveaux devient dangereux.
Le euro-dollar traverse une séquence désagréable. Pas spectaculaire au sens d’un krach. Plus sourde. Plus méthodique. La paire EUR/USD recule pour la troisième séance d’affilée et s’installe autour de 1,1365, un niveau qui renvoie le marché à ses plus bas depuis plus d’un an.
Le chiffre n’est pas anodin. Sous 1,15, la psychologie change. Sous 1,14, les cambistes cessent de parler d’un simple trou d’air. Ils commencent à recalculer leurs scénarios. L’objectif de 1,1350 n’a rien d’une prophétie, mais il devient une zone de traction naturelle, presque magnétique, tant que le dollar garde l’avantage.
La raison principale tient en trois lettres : Fed. Les investisseurs réintègrent l’idée d’une politique monétaire américaine plus dure que prévu. L’inflation résiste, les prix de l’énergie restent nerveux, et la banque centrale américaine n’a aucune envie de donner au marché le confort d’un assouplissement rapide. Cette fermeté redonne du rendement au dollar. Et quand le dollar retrouve du rendement, l’euro manque vite d’arguments.
A lire aussi : Le cours de l’or bouge dans l’ombre du dollar fort et beaucoup d’épargnants risquent de regarder trop tard le vrai message du marché.
La Banque centrale européenne n’est pourtant pas absente. Elle a durci le ton, relevé ses taux et rappelé que l’inflation devait revenir vers 2 % à moyen terme. Sur le papier, cela devrait soutenir l’euro. Sur le papier seulement.
Car le marché ne compare pas des intentions. Il compare des rapports de force. Et, à ce stade, la Fed bénéficie d’une économie américaine encore solide, d’un marché du travail résistant et d’un dollar recherché dès que la géopolitique se crispe. L’Europe, elle, avance avec une croissance moins homogène, une énergie plus vulnérable et une monnaie qui peine à attirer les capitaux quand la peur remonte.
Les messages contradictoires entre Washington et Téhéran autour du programme nucléaire iranien ajoutent une couche de nervosité. Le dollar joue alors son vieux rôle de refuge. Ce n’est pas toujours rationnel, ni même élégant. Mais c’est efficace. En quelques séances, l’indice du dollar a retrouvé des niveaux plus vus depuis treize mois, pendant que l’euro s’affaissait sans véritable résistance.
Techniquement, les vendeurs ont la main. Les échecs répétés au-dessus de la moyenne mobile simple à 100 périodes sur le graphique 4 heures ont laissé une trace. La cassure du seuil de 1,1500 a ensuite confirmé le changement de ton. Depuis, chaque rebond ressemble davantage à une respiration qu’à une reprise construite.
Les indicateurs de momentum restent franchement négatifs. Le RSI à 14 périodes évolue près de 21, une zone de survente marquée. Le MACD demeure en territoire négatif, avec une dynamique baissière encore présente. Dit simplement, le marché vend l’euro, mais il l’a déjà beaucoup vendu.
C’est là que l’exercice devient inconfortable. Le scénario baissier reste crédible, surtout tant que 1,1544, proche de la moyenne mobile à 100 jours, n’est pas reconquis. Cette zone ferait office de premier vrai test pour les acheteurs. Sans retour au-dessus, l’avantage reste du côté du dollar.
Mais courir après la baisse à 1,1365 comporte aussi un risque. Un RSI aussi bas indique souvent un marché fatigué. Pas forcément prêt à repartir, mais susceptible de consolider. Un rebond technique vers 1,1450 ou 1,1500 ne serait pas absurde, même dans une tendance encore dégradée. La nuance compte. Elle évite de confondre tendance et précipitation.
La zone de 1,1350 concentre désormais l’attention. Une cassure nette ouvrirait la voie à une poursuite du mouvement, avec une pression accrue sur les entreprises européennes exposées aux importations en dollars, notamment dans l’énergie, les matières premières industrielles et certains composants technologiques.
Pour les ménages, le sujet paraît lointain. Il ne l’est pas totalement. Un euro plus faible renchérit mécaniquement certains achats libellés en dollar. Le carburant, l’électronique, les voyages vers les États-Unis ou certains produits importés peuvent finir par refléter cette tension. Le forex entre rarement dans la conversation du quotidien, puis il arrive dans les prix.
Mon avis est assez tranché : le marché sanctionne moins l’euro qu’il ne récompense le dollar. La différence est essentielle. La monnaie unique ne s’effondre pas par faiblesse absolue. Elle cède face à une devise américaine qui concentre rendement, profondeur de marché et réflexe défensif.
Selon notre expert : L’or vient d’envoyer un avertissement brutal pendant que les banques centrales serrent encore la vis et que les devises perdent leur calme.
Cette séquence rappelle aussi pourquoi certains épargnants diversifient une partie de leur patrimoine hors du système bancaire classique. Les lingots d’or, les lingots d’argent et les pièces d’or d’investissement peuvent servir de réserve patrimoniale lorsque les devises bougent vite, que les taux se tendent et que les banques centrales imposent leur tempo.
Cette logique ne remplace ni une gestion de trésorerie sérieuse ni une allocation diversifiée. Elle répond plutôt à une autre question : comment protéger une fraction de son épargne contre la dépréciation monétaire, les chocs géopolitiques et la dépendance totale aux actifs financiers numériques. Dans une phase où le dollar domine et où l’euro recule, cette réflexion redevient très concrète.
Sources : BDOR
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