EUR/USD : l’euro prend le dessus face au dollar après la menace tarifaire de Trump
EUR/USD grimpe au-dessus de 1,17 alors que le dollar recule, pénalisé par les menaces tarifaires de Trump et un climat de défiance envers les USA.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- EUR/USD : l’euro accélère pendant que le dollar décroche
- Une nouvelle secousse politique relance le scénario « sell America »
- Dollar, taux US : la défiance s’installe sur fond de dédollarisation
- L’Allemagne ajoute un signal désinflationniste avec les prix à la production
- Inflation en zone euro : révision à la baisse, mais noyau ferme
- Marché US : calendrier léger, Davos au centre du radar
- Analyse technique : EUR/USD vise 1,1740, mais le marché s’échauffe
En bref
• L’EUR/USD bondit de plus de 1% en deux séances et évolue autour de 1,1730, porté par une nette faiblesse du dollar.
• Les nouvelles menaces de droits de douane de Donald Trump envers l’Union européenne alimentent un réflexe de marché de type « sell America ».
• Les investisseurs réduisent leur exposition au dollar et aux obligations américaines, sur fond de perte de confiance et de dynamique de dédollarisation.
• En Allemagne, l’indice des prix à la production recule plus fortement qu’attendu en décembre, renforçant les anticipations de désinflation.
• L’attention se déplace vers l’indice ZEW allemand et la prise de parole de Donald Trump au forum de Davos.
• Techniquement, la zone 1,1740 constitue un seuil de résistance immédiat, tandis que 1,1660 forme un premier support en cas de correction.
EUR/USD : l’euro accélère pendant que le dollar décroche
Le marché des changes vient d’offrir un mouvement particulièrement lisible : l’euro se renforce fortement tandis que le dollar perd du terrain sur l’ensemble du spectre. En deux séances, la paire EUR/USD a progressé de plus de 1% et évolue désormais autour de 1,1730, flirtant avec la zone médiane des 1,1700.
Ce type d’accélération n’est jamais totalement anodin sur le Forex, car il reflète rarement un simple ajustement technique. Ici, le catalyseur est clairement politique, avec un regain de tensions entre Washington et Bruxelles.
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Une nouvelle secousse politique relance le scénario « sell America »
Le marché réagit à une annonce qui ravive la nervosité : Donald Trump, célébrant la première année de son second mandat, a confirmé sa volonté d’imposer 10% de droits de douane supplémentaires à certains pays européens.
Cette pression commerciale viserait, selon les éléments relayés par les marchés, les États européens opposés au projet américain lié à l’annexion du Groenland. Le sujet, explosif sur le plan diplomatique, s’invite désormais dans les anticipations de flux financiers.
Conséquence immédiate : un comportement de type « Sell America » se remet en place, rappelant les épisodes de stress observés après le « Liberation Day » d’avril. La logique est la suivante : quand l’incertitude institutionnelle et géopolitique s’intensifie côté américain, le dollar cesse temporairement de jouer son rôle d’actif refuge… et devient une variable d’ajustement.
Dollar, taux US : la défiance s’installe sur fond de dédollarisation
Un autre signal ressort nettement dans ce mouvement : la baisse du dollar s’accompagne d’une réduction d’exposition sur les rendements des bons du Trésor américain. Sur les marchés, cela se traduit par des ventes simultanées d’USD et d’actifs US, ce qui renforce l’idée d’une dégradation de la confiance à court terme.
Le phénomène est régulièrement résumé par un mot devenu central dans la macro-finance récente : dédollarisation.
Ce terme recouvre plusieurs dynamiques :
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arbitrages vers d’autres devises dans les réserves et dans les flux,
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volonté de réduire l’exposition aux risques politiques américains,
-
repositionnement tactique des gérants lorsque la volatilité diplomatique s’accélère.
Dans ce contexte, l’euro redevient mécaniquement une alternative liquide et immédiate, d’autant que l’actualité européenne se structure aussi autour de mesures de riposte.
Bruxelles prépare la réponse : l’Europe se coordonne
Les dirigeants de la zone euro se réunissent à Bruxelles afin d’évaluer les scénarios de réponse. Le marché comprend très vite ce type de séquence : plus la guerre commerciale s’enracine, plus la volatilité devient durable et plus l’aversion au risque s’installe.
Même le ton officiel se durcit. La ministre danoise de l’Économie, Stephanie Lose, a confirmé la volonté de maintenir le dialogue avec Washington, tout en actant qu’une réponse européenne deviendrait probable si les tensions continuaient à monter.
L’Allemagne ajoute un signal désinflationniste avec les prix à la production
Côté données économiques, l’Allemagne a publié un chiffre qui a consolidé la trajectoire de l’euro. L’indice des prix à la production (PPI) a reculé de -0,2% en décembre, alors que le consensus tablait sur -0,1%. Sur un an, le PPI baisse de -2,5%, après -2,3%, et au-delà des attentes.
Ce chiffre nourrit la lecture d’une désinflation toujours présente au niveau industriel, avec une transmission progressive vers l’économie réelle.
La dynamique reste paradoxale : une désinflation prononcée pourrait normalement réduire le soutien à la devise. Mais ici, l’euro grimpe malgré tout, car le facteur dominant n’est pas monétaire. Il est géopolitique et lié aux flux.
Prochaine étape : l’indice ZEW
Le marché attend désormais l’indice ZEW allemand. Le consensus table sur une poursuite de l’amélioration du sentiment institutionnel, autour de 50 en janvier, ce qui constituerait le meilleur niveau depuis juillet dernier.
Inflation en zone euro : révision à la baisse, mais noyau ferme
Autre point à surveiller : l’inflation harmonisée (HICP) en zone euro a été révisée légèrement à la baisse, à 1,9% sur un an en décembre (contre 2% précédemment). Le noyau dur (hors éléments volatils) reste toutefois à 2,3%.
Cette combinaison maintient un équilibre fragile : inflation globale plus basse, inflation sous-jacente encore résiliente. Pour les investisseurs, cela limite les extrêmes dans les anticipations de politique monétaire.
Selon notre expert : Les investisseurs fuient le risque et l’or redevient l’ultime abri quand les monnaies vacillent.
Marché US : calendrier léger, Davos au centre du radar
Les marchés américains rouvrent après le long week-end lié au Martin Luther King Jr. Day. Le calendrier macro-économique reste maigre, avec notamment un rapport ADP sur l’emploi privé.
Le véritable événement, lui, se situe ailleurs : la prise de parole de Donald Trump au forum de Davos mercredi. Dans une phase où le Forex réagit au millimètre aux signaux politiques, chaque phrase est susceptible d’influencer les flux.
Analyse technique : EUR/USD vise 1,1740, mais le marché s’échauffe
Sur le plan graphique, la tendance est clairement haussière. Les acheteurs dominent et le prix évolue au-dessus de 1,1730.
Les indicateurs techniques confirment toutefois un marché tendu :
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le RSI en unité 4 heures se situe en zone de surachat, ce qui suggère un mouvement rapide et potentiellement étiré,
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le MACD reste orienté à la hausse au-dessus de zéro, avec un histogramme qui s’élargit, signe de momentum favorable.
Niveaux clés à surveiller
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Résistance immédiate : 1,1740 (plus haut du 6 janvier)
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Résistance supérieure : 1,1765 (plus haut du 2 janvier)
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Zone suivante : au-dessus de 1,1800 (pics des 18 et 24 décembre)
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Support technique : 1,1660 (ligne de tendance inverse)
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Support intraday : 1,1635
Si le marché corrige, la zone 1,1660 servira de test : un maintien au-dessus préserverait la structure haussière.
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