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Transformer les déchets en trésors : les scientifiques extraient en toute sécurité de l'or des déchets électroniques

Des chercheurs australiens inventent une méthode écologique pour extraire de l’or sans toxiques, testée sur minerais et e‑déchets.

Temps de lecture : 2 minutes

Transformer les déchets en trésors : les scientifiques extraient en toute sécurité de l'or des déchets électroniques

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En bref

  • Une équipe australienne dévoile une technique d’extraction de l’or sans mercure ni cyanure, plus propre et recyclable.

  • La méthode repose sur un désinfectant courant combiné à un polymère au soufre qui capte l’or avec précision.

  • Applicable à l’or contenu dans les minerais ou les déchets électroniques, elle vise un déploiement industriel mondial.

  • Elle répond aux enjeux environnementaux et sanitaires liés aux pratiques minières artisanales, encore très polluantes.

  • Les tests menés avec des partenaires au Pérou et aux États-Unis montrent son efficacité et sa viabilité économique.

L’exploitation aurifère a longtemps été associée à des procédés toxiques et destructeurs, notamment dans le traitement des minerais ou le recyclage des composants électroniques. Pourtant, une équipe de chercheurs de l’université Flinders en Australie propose une solution radicalement différente, à la fois moins polluante, plus sûre et économiquement viable.

A lire aussi : Et si cette innovation accélérait la raréfaction de l’or pur disponible sur les marchés mondiaux ?

Une méthode chimique fondée sur des produits accessibles et non toxiques

L’approche développée par les scientifiques australiens repose sur un composé simple : l’acide trichloroisocyanurique, un désinfectant largement utilisé pour le traitement des piscines et de l’eau potable. Combiné à de l’eau salée, ce réactif devient capable de dissoudre sélectivement l’or, même lorsqu’il est mêlé à d’autres métaux.

Une fois dissous, l’or est capté par un polymère enrichi en soufre, conçu spécifiquement pour se lier uniquement à l’or, sans absorber les autres éléments présents. Ce polymère, conçu dans les laboratoires de Flinders, se distingue par une propriété rare : il peut être recyclé après usage, permettant de libérer l’or capturé et de réutiliser le matériau.

Vers une extraction circulaire, propre et adaptable

Ce système constitue une véritable rupture technologique dans le traitement des minerais ou des déchets métalliques. La capacité du polymère à être régénéré introduit une logique circulaire dans un secteur historiquement linéaire et très polluant.

Pour le professeur Justin Chalker, responsable du laboratoire, ce travail incarne un tournant :

« Nous avons mis au point un nouveau réactif de lixiviation recyclable, inspiré d’un désinfectant courant, et un procédé de synthèse du polymère utilisant la lumière comme déclencheur. »

Cette approche allie ingénierie, chimie verte et physique, dans une démarche pleinement interdisciplinaire.

Des applications concrètes, de l’e-déchet aux mines artisanales

L’équipe a déjà testé le procédé sur des minerais bruts, des concentrés métalliques, et des déchets électroniques, obtenant des résultats prometteurs. L’objectif n’est pas seulement scientifique : le déploiement industriel est déjà en cours, en lien avec plusieurs acteurs de la filière minière et du recyclage.

Cette innovation représente un enjeu majeur dans les régions où l’or est encore extrait avec du mercure, comme c’est le cas dans de nombreuses mines artisanales à travers le monde. La pollution au mercure issue de l’orpaillage est l’une des principales sources de contamination mondiale, avec des conséquences sanitaires désastreuses.

Des tests ont d’ailleurs été menés avec des experts américains et péruviens, pour valider l’utilisation du procédé dans ces contextes à haut risque.

Des partenaires mobilisés pour un changement global

Le projet ne se limite pas à la performance technique. L’université Flinders a cherché à intégrer cette solution dans un modèle économique, environnemental et social cohérent. L’implication de partenaires issus de l’industrie, de la recherche minière et de la philanthropie a permis d’accélérer le passage du laboratoire au terrain.

Parmi les auteurs de l’étude, le docteur Max Mann insiste sur l’ampleur du problème mondial lié aux déchets électroniques, dont les stocks augmentent sans solution durable. Le docteur Thomas Nicholls souligne quant à lui que le polymère soufré est produit à partir d’un procédé utilisant les rayons UV, renforçant le caractère durable de l’ensemble du processus.

Enfin, le docteur Harshal Patel résume l’esprit du projet :

« Nous avons plongé dans une montagne de déchets électroniques, et nous en sommes sortis avec un lingot d’or. »

Une avancée technologique aux implications stratégiques

La portée de cette innovation dépasse la seule extraction de l’or. À terme, cette méthode pourrait modifier la manière dont l’or est extrait, recyclé, valorisé, et même stocké.

Le docteur Lynn Lisboa, également co-auteur de l’étude, rappelle que les besoins en or ne cessent de croître à mesure que la technologie s’impose dans tous les domaines. Il devient donc stratégique de maîtriser des procédés sûrs et adaptables, capables de répondre à cette pression croissante sans aggraver la crise écologique.

Sources : BDOR

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