Gabriel Zucman sûr de lui : sa taxe « finira par voir le jour »
Gabriel Zucman ouvre la voie à des ajustements sur sa taxe sur les ultra-riches : taux, seuil, assiette. Une fiscalité flexible pour répondre à la crise.
Par Enzo BECHER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Gabriel Zucman reste confiant dans l’avenir de sa taxe visant les ultra-riches.
Il plaide pour un débat public sur les modalités : taux, seuil, assiette.
Des ajustements sont envisageables : de 2 % jusqu’à 5 % de taxation.
Le gouvernement reste officiellement opposé à cette mesure.
Objectif : proposer une solution fiscale équitable pour réduire le déficit public.
Une proposition évolutive, au cœur du débat fiscal
Gabriel Zucman, économiste franco-américain à l’origine d’une proposition de taxation des ultra-riches, a confirmé sa volonté de faire évoluer son dispositif pour le rendre plus adapté aux besoins collectifs. Invité sur RMC le 29 octobre, il a rappelé que cette taxe constitue avant tout une base de réflexion, ouverte aux critiques, ajustements et discussions démocratiques.
Dans son ouvrage Les milliardaires ne paient pas d’impôt sur le revenu et nous allons y mettre fin, Zucman propose un cadre théorique et concret, à destination du grand public, pour comprendre les rouages de l’évasion fiscale à grande échelle et les solutions possibles pour y remédier.
Ajuster sans dénaturer : les trois leviers principaux
L’économiste identifie trois paramètres clés autour desquels pourrait s’articuler l’adaptation de sa taxe : le taux d’imposition, le seuil d’entrée et l’assiette taxable.
1. Un taux potentiellement progressif
Initialement fixé à 2 %, ce taux vise à garantir que les milliardaires ne soient plus fiscalement avantagés par rapport aux autres classes sociales. Ce pourcentage, selon Zucman, n’est pas arbitraire : il correspond à une volonté d’équité fiscale. Néanmoins, l’économiste n’écarte pas la possibilité de rehausser ce taux à 3 % voire 5 %, selon les orientations politiques choisies.
2. Le seuil de richesse, une ligne encore mobile
Aujourd’hui, le projet cible les fortunes supérieures à 100 millions d’euros. Mais là encore, Zucman ouvre la porte à une discussion : « On pourrait dire 50 millions ou 200 millions », selon lui. La flexibilité du seuil permettrait de moduler la portée de la taxe en fonction du contexte budgétaire et des arbitrages politiques.
3. Une assiette intégrale pour éviter les contournements
Sur le périmètre de ce qui serait taxé, Zucman est catégorique : aucune échappatoire ne doit subsister. La taxe devrait s’appliquer à l’ensemble des actifs détenus : actions, biens immobiliers, participations, produits financiers, etc. L’objectif est clair : neutraliser les stratégies d’optimisation fiscale en intégrant toutes les formes de richesse au calcul.
Selon notre expert : Face à la montée des tensions budgétaires, les États pourraient réquisitionner l’épargne privée plus vite qu’on ne le pense…
Une pédagogie fiscale assumée
Gabriel Zucman ne se contente pas de proposer une mesure technique. Il veut en faire un sujet de débat public. L’économiste insiste sur la nécessité pour chaque citoyen étudiant, salarié, retraité de comprendre les enjeux, les critiques, et les contre-arguments liés à cette taxation ciblée. Selon lui, cette transparence est indispensable pour bâtir un consensus fiscal dans une France confrontée à un déficit structurel persistant.
Malgré l’opposition affichée du gouvernement à ce stade, l’économiste reste optimiste. Il est convaincu que sa taxe « finira par voir le jour », sous une forme ou une autre.
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