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Incroyable, ces bactéries transforment nos déchets en or !

La biolixiviation permet d’extraire de l’or des déchets électroniques grâce à des bactéries naturelles, sans mercure ni cyanure.

Temps de lecture : 2 minutes

Incroyable, ces bactéries transforment nos déchets en or !

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En bref

  • Une tonne de circuits imprimés peut contenir jusqu’à 150 grammes d’or pur.

  • Des bactéries permettent de l’extraire sans recours aux produits chimiques toxiques.

  • La méthode de biolixiviation est utilisée dans une nouvelle usine en Angleterre.

  • Ce processus naturel et circulaire permet de recycler l’or, l’argent et le cuivre.

  • Il pourrait rapidement remplacer les méthodes minières classiques.

Une alternative biologique aux procédés miniers toxiques

Les techniques traditionnelles d’extraction de l’or reposent encore largement sur l’utilisation de cyanure, mercure et de vastes volumes d’eau. Ces méthodes posent des problèmes environnementaux majeurs, d’autant plus que l’efficacité reste très limitée : en moyenne, dix grammes d’or sont extraits pour chaque tonne de minerai traité.

Une solution plus respectueuse de l’environnement émerge pourtant depuis plusieurs décennies : la biolixiviation. Ce procédé exploite des bactéries naturelles telles qu’Acidithiobacillus ferrooxidans, capables de libérer les métaux précieux piégés dans les déchets miniers ou électroniques, sans pollution chimique.

A lire aussi : Les BRICS accélèrent sur l’or physique tandis que l’Occident jette le sien à la poubelle sans le savoir.

Des circuits imprimés saturés d’or recyclable

Selon The Economist, une tonne de circuits imprimés peut renfermer jusqu’à 150 grammes d’or pur. Ce métal est largement utilisé dans les composants électroniques pour ses propriétés de conductivité et sa résistance à l’oxydation.

En 2022, 62 millions de tonnes de déchets électroniques ont été générés dans le monde, mais moins d’un quart ont été recyclés de manière efficace, selon les données de l’ONU. La majorité des composants contenant de l’or, de l’argent ou du cuivre sont soit incinérés, soit enfouis, soit fondus, entraînant une perte irréversible de ces ressources.

Une technologie inspirée d’observations antiques

Le principe de la lixiviation biologique remonte à l’Antiquité. Il y a plus de 2 000 ans, des mineurs avaient remarqué que l’eau des galeries de cuivre prenait une teinte bleue au contact de certains résidus. Ce n’est que dans les années 1950 que les scientifiques ont identifié des bactéries comme étant à l’origine de ce phénomène. Dès lors, ces micro-organismes ont été utilisés pour récupérer les métaux dans les résidus solides ou liquides issus de l’exploitation minière.

Une usine pilote au Royaume-Uni

Pour exploiter le plein potentiel de la biolixiviation, il est nécessaire de concevoir des installations adaptées à ces bactéries spécifiques, présentes dans la nature et non pathogènes. La société britannique Bioscope Technologies vient d’achever la construction d’une usine dédiée à Cambridge, capable de traiter 1 000 tonnes de déchets électroniques par an.

L’environnement doit être strictement contrôlé : un milieu acide, une température maintenue sous 50 °C et un apport constant en oxygène. Les bactéries sont ensuite mélangées aux composants broyés dans une chambre de réaction, où elles digèrent les métaux en un à deux jours. À la sortie, un simple ajout d’eau suffit à isoler l’or.

Vers un recyclage circulaire et automatisé

Ce processus innovant permet non seulement de récupérer l’or, mais également de nombreux autres métaux stratégiques : argent, cuivre, palladium, étain… Et ce n’est qu’un début. Bioscope ambitionne d’élargir son spectre dès l’an prochain à des éléments plus rares tels que le zinc, le gallium ou le tantale.

L’objectif à long terme est de mettre en place un système circulaire dans lequel les bactéries seraient réutilisées à l’infini pour accélérer un processus naturellement lent, mais durable. Cette approche marque une rupture profonde avec la logique extractive, en transformant nos déchets en ressources valorisables à haute densité.

Une solution stratégique face aux tensions géopolitiques

Alors que les tensions géopolitiques et les pénuries de métaux stratégiques s’intensifient, la capacité à extraire l’or et les métaux rares localement, à partir de déchets, devient un enjeu crucial. Le recyclage bactérien ouvre une voie technologique résiliente, indépendante des circuits d’approvisionnement minier classiques souvent concentrés en Asie ou en Afrique.

Le modèle de biolixiviation défendu par Bioscope pourrait s’étendre à grande échelle dans les prochaines années, notamment en Europe, où les normes environnementales restreignent les alternatives toxiques. Ce changement de paradigme pourrait permettre une relocalisation industrielle sur le traitement de déchets électroniques à forte valeur ajoutée.

Sources : BDOR

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