L’argent plonge fortement après un record, l’Iran calme le jeu et la Fed reste infassible
L’argent corrige vers 86,50 $ après un record à 93,51 $, porté par l’accalmie en Iran et une Fed moins encline à baisser ses taux.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- L’argent rend du terrain après un sommet historique
- Géopolitique et prime de refuge, la mécanique se retourne
- Fed et inflation, le second moteur défavorable à court terme
- Washington et la succession de Powell, le prochain catalyseur
- Analyse technique, tendance haussière intacte mais tension sur le momentum
En bref
• L’argent (XAG/USD) recule d’environ 6 % vers 86,50 $ après un sommet historique à 93,51 $.
• La détente géopolitique autour de l’Iran réduit la demande de valeurs refuge.
• Les marchés intègrent une Fed moins pressée d’abaisser ses taux après une inflation américaine jugée persistante.
• Le prochain catalyseur majeur se situe à Washington, avec la désignation attendue du futur président de la Fed.
• Techniquement, la tendance reste haussière au-dessus de la moyenne mobile exponentielle 20 jours, mais le momentum ralentit.
L’argent rend du terrain après un sommet historique
Le marché de l’argent (XAG/USD) a brusquement changé de rythme. Jeudi, lors de la séance asiatique, le métal a cédé près de 6 % pour revenir autour de 86,50 $, après avoir inscrit la veille un record absolu à 93,51 $. Le mouvement illustre une réalité connue des traders de matières premières : lorsque la prime de risque se contracte, les excès haussiers se corrigent avec une violence proportionnelle.
La détente a été alimentée par des signaux politiques en provenance de Téhéran. Selon des déclarations relayées par Donald Trump, l’Iran aurait assuré qu’il mettrait fin aux exécutions de manifestants et n’envisagerait pas de campagne massive d’exécutions civiles. Résultat immédiat : la demande de couverture et d’actifs défensifs s’est affaiblie, retirant à l’argent une partie de son carburant spéculatif.
Géopolitique et prime de refuge, la mécanique se retourne
Ces derniers jours, le marché évoluait en mode nerveux. Des menaces américaines d’action militaire planaient sur le régime iranien en raison de la répression des protestations. Dans ce type de séquence, les flux se dirigent naturellement vers des actifs perçus comme des abris, ce qui inclut fréquemment l’argent au même titre que d’autres refuges.
Le changement de tonalité iranien a réduit l’intensité du scénario extrême, et donc la rémunération implicite liée au risque. Même si la prudence reste dominante, la simple baisse de probabilité d’un choc militaire suffit à provoquer des dégagements sur des positions longues devenues surchargées.
Fed et inflation, le second moteur défavorable à court terme
Le repli ne s’explique pas uniquement par la géopolitique. L’autre élément déterminant vient du calendrier monétaire américain. Les investisseurs considèrent désormais que la Réserve fédérale pourrait ne pas réduire ses taux lors de sa réunion de politique monétaire prévue plus tard ce mois-ci.
Cette révision des anticipations s’est renforcée après la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) aux États-Unis, dont la dynamique a été jugée trop tenace pour justifier une détente rapide. Pour l’argent, l’enjeu est direct : des taux élevés prolongent un environnement où le coût d’opportunité de la détention d’actifs non rémunérateurs reste élevé, ce qui limite l’appétit marginal.
Washington et la succession de Powell, le prochain catalyseur
Un autre facteur se dessine au-dessus du marché : la Maison-Blanche pourrait annoncer le prochain président de la Fed dans les prochaines semaines. Donald Trump a indiqué en décembre qu’une annonce interviendrait en janvier.
Plusieurs noms circulent comme favoris, dont Kevin Hassett (conseiller économique de la Maison-Blanche), Kevin Warsh (ancien président de la Fed), ainsi que Christopher Waller et Michelle Bowman (gouverneurs actuellement en poste). Sur les marchés, ce choix n’est pas symbolique : il peut influer sur la trajectoire anticipée des taux, le ton de la communication monétaire, et la perception d’indépendance de l’institution.
Selon notre expert : Les prochains jours pourraient faire basculer le cours de l’or et redessiner l’équilibre financier mondial plus vite que prévu.
Analyse technique, tendance haussière intacte mais tension sur le momentum
Sur le plan graphique, la baisse reste spectaculaire mais ne détruit pas la structure. Les cours évoluent au-dessus de la moyenne mobile exponentielle 20 jours, située vers 77,48 $, ce qui continue de refléter un biais haussier dominant. Tant que les prix restent solidement installés au-dessus de cette zone, les acheteurs conservent l’initiative.
Le RSI 14 jours s’établit autour de 68, proche d’une zone de surachat. L’indicateur indique une dynamique encore ferme, tout en montrant un refroidissement après les extrêmes récents. Ce tassement peut limiter la reprise immédiate si l’énergie haussière se dissipe.
Niveaux à surveiller
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Au-dessus de la 20-EMA : scénario privilégié de tendance haussière et de consolidation contrôlée.
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Sous la 20-EMA : bascule vers une phase de respiration plus profonde, avec un risque d’extension baissière vers 73,85 $ (plus bas du 8 janvier).
Cours de l'argent - 15 janvier 2026
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