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L’Assemblée recule face à l’impôt : 200.000 foyers épargnés in extremis

L’Assemblée rétablit l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation, évitant 200.000 nouveaux foyers imposés en 2026.

Par Cécile DOERFLINGER

Article publié le : 15 janvier, 2026

Temps de lecture : 2 minutes

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L’Assemblée recule face à l’impôt : 200.000 foyers épargnés in extremis

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En bref

• Les députés ont voté le rétablissement de l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation, pour toutes les tranches.
• Sans cette revalorisation, environ 200.000 foyers auraient basculé dans l’impôt sur le revenu en 2026, uniquement sous l’effet du gel du barème.
• Le gouvernement privilégiait une solution intermédiaire inspirée du Sénat (réindexer seulement la tranche la plus basse).
• L’Assemblée a finalement opté pour une revalorisation de 1,1 %, alors que la Banque de France anticipe une inflation moyenne autour de 0,9 % en 2025.
• Cette décision fragilise un peu plus la trajectoire budgétaire, déjà sous tension, et reste dépendante du compromis final sur le budget.

La trajectoire fiscale française s’est jouée, mercredi soir, sur un mécanisme souvent discret mais redoutablement efficace : l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu. Dans l’hémicycle, les députés ont finalement choisi de rétablir la revalorisation automatique des tranches en fonction de l’inflation, écartant l’hypothèse d’un gel qui aurait fait entrer mécaniquement environ 200.000 foyers supplémentaires dans l’impôt dès 2026.

Ce vote, obtenu à une large majorité, ne constitue pas encore un point final. Il s’inscrit dans une séquence budgétaire incertaine où chaque arbitrage peut être renégocié dans le cadre du compromis final recherché par le gouvernement. Reste que le signal politique est clair : la représentation nationale refuse que la hausse d’impôt provienne d’un simple effet de seuil, sans réforme affichée, ni vote assumé sur une augmentation de la pression fiscale.

 

A lire aussi : Le cours de l’or s’emballe pendant que les États s’endettent à un rythme inquiétant et les marchés commencent à vaciller.

 


Un mécanisme fiscal aux conséquences immédiates

 

Derrière la technicité du barème se cache un phénomène connu des spécialistes des finances publiques : le glissement progressif des contribuables vers l’imposition lorsque les revenus augmentent nominalement, même si le pouvoir d’achat, lui, ne progresse pas.

Un gel du barème aurait provoqué une hausse « invisible » de l’impôt, en élargissant l’assiette sans modifier officiellement les taux. Selon les estimations, ce scénario aurait concerné environ 200.000 foyers fiscaux dès 2026, un chiffre devenu central dans le débat parlementaire.

Initialement, cette option était portée par le gouvernement dans le projet de loi de finances. Objectif : générer environ deux milliards d’euros de recettes supplémentaires, dans un cadre budgétaire marqué par la recherche de marges rapides et quantifiables.

 


Le choix du dégel total contre la position prudente du Sénat

 

Le Sénat avait défendu une stratégie plus ciblée : ne réindexer que la tranche la plus basse, afin de protéger les ménages les plus proches du seuil d’imposition. Cette solution, plus limitée, a reçu un accueil favorable du gouvernement, qui y voyait une sortie « acceptable » dans une logique de compromis.

L’Assemblée nationale, elle, a tranché plus franchement : réindexation intégrale, sur toutes les tranches, avec un taux fixé à 1,1 %.

Une revalorisation supérieure aux projections d’inflation

Le niveau retenu attire l’attention, car il dépasse légèrement les projections actuelles de la Banque de France : l’institution anticipe une inflation totale moyenne annuelle autour de 0,9 % en 2025.

Ce différentiel, même modeste, peut sembler symbolique. Il a pourtant un effet direct sur les recettes fiscales attendues, puisque plus la revalorisation du barème est élevée, plus le rendement de l’impôt recule à court terme.

Sur le plan politique, Gabriel Attal a assumé la logique du vote en défendant l’idée d’un cap clair : ne pas accroître la pression sur les ménages actifs et privilégier des économies budgétaires plutôt qu’un mécanisme fiscal perçu comme automatique.

 


Une équation budgétaire toujours plus tendue

 

Le vote de l’Assemblée ne résout pas, à lui seul, la question centrale : comment concilier protection du pouvoir d’achat fiscal et réduction du déficit public ?

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a critiqué le choix des députés, suggérant qu’une contribution limitée de certains ménages aurait pu être justifiée au nom de l’équité, compte tenu de l’état des finances publiques.

Les inquiétudes se sont aussi exprimées au Parlement. Le député MoDem Jean-Paul Mattéi a résumé le risque : à force de concessions sur plusieurs dispositifs, la trajectoire s’éloigne de l’objectif gouvernemental d’un déficit ramené à 5 % du PIB.

Un vote pas encore garanti dans la version finale

Autre facteur d’incertitude : le gouvernement dispose d’outils constitutionnels pour éviter un rejet du budget, avec la possibilité d’abréger les débats, voire de faire adopter le texte sans vote selon les procédures prévues.

En clair, même votée, l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu reste suspendue au compromis final, dans un cycle budgétaire où la stabilité politique et la solidité de la majorité deviennent des variables à part entière.

 


D’autres mesures votées : hauts revenus et pourboires

 

Dans la même séquence parlementaire, les députés ont validé deux autres orientations fiscales :

  • la prolongation de la contribution différentielle sur les hauts revenus, jusqu’à ce que le déficit public repasse sous les 3 % du PIB, avec l’accord du gouvernement ;

  • la prolongation de la défiscalisation des pourboires jusqu’en 2028, mesure déjà adoptée lors des débats budgétaires précédents.

Ces éléments confirment une ligne générale : ajuster l’effort fiscal en limitant l’impact sur les foyers modestes et moyens, tout en maintenant un levier sur les revenus les plus élevés.

 

Selon notre expert : Quand la confiance financière mondiale se fissure, l’or redevient l’actif que tout le monde veut… mais souvent trop tard.

 


Investissements alternatifs : sécuriser son épargne hors du système bancaire

 

Dans un contexte où la pression fiscale peut évoluer rapidement, où les règles budgétaires restent instables et où la dette publique impose des arbitrages parfois brutaux, une partie des épargnants privilégie des solutions d’investissements alternatifs.

L’intérêt croissant pour les lingots d’or et d’argent ou les pièces d’or s’inscrit dans cette logique : réduire son exposition au risque bancaire, diversifier ses réserves de valeur, et rechercher une forme de débancarisation patrimoniale. Cette stratégie vise avant tout la sécurisation de l’épargne, en conservant une fraction de patrimoine sous forme d’actifs tangibles, historiquement utilisés comme protection face aux crises monétaires et aux changements fiscaux.

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