Emmanuel Macron nommera le successeur de Sébastien Lecornu « dans les tout prochains jours »
Sébastien Lecornu démissionne après 30 jours à Matignon. Une crise institutionnelle majeure secoue l’exécutif. Macron sous pression.
Par Cécile DOERFLINGER
Temps de lecture : 2 minutes

En bref
Sébastien Lecornu démissionne après seulement un mois comme Premier ministre.
Le gouvernement formé la veille a déclenché une rupture avec la droite.
Bruno Retailleau remet en cause la participation des LR, précipitant la crise.
Le gouvernement Lecornu devient le plus éphémère de la Ve République.
Le Rassemblement national réclame une dissolution, LFI pousse à la destitution.
Un mois après sa nomination, Sébastien Lecornu a quitté Matignon, emporté par une fronde interne. Cette démission éclair intervient moins de 24 heures après l’annonce de son gouvernement, provoquant un nouveau choc institutionnel. Les marchés n’ont pas tardé à réagir : le CAC 40 plonge de 1,56 % en quelques minutes, tandis que le cours de l’or exprimé en euros grimpe de plus de 2 %, illustrant une nouvelle fuite vers la sécurité.
Une nomination sabordée de l’intérieur
Nommé le 9 septembre 2025 dans un contexte déjà explosif, Sébastien Lecornu n’aura pas eu le temps d’exercer son autorité. À peine dévoilée, la composition de son équipe gouvernementale a déclenché une levée de boucliers, notamment chez Les Républicains, partenaires instables d’une coalition de circonstance.
Le chef de la droite sénatoriale, Bruno Retailleau, figure centrale du fragile attelage présidentiel, a publiquement désavoué l’exécutif. Reconduit à l’Intérieur mais furieux de la place réduite accordée à son camp dans la nouvelle équipe (4 ministres LR contre 10 issus de Renaissance), il a convoqué dès dimanche soir une réunion d’urgence de son comité stratégique.
Un Conseil des ministres annulé, une déclaration jamais prononcée
Le premier Conseil des ministres, prévu ce lundi matin, n’aura pas lieu. La déclaration de politique générale, initialement prévue mardi devant l’Assemblée nationale, est annulée. Sébastien Lecornu a confirmé sa décision sur le perron de Matignon : « Les conditions n’étaient plus réunies pour gouverner. »
Lui qui promettait une gouvernance parlementaire, sans usage du 49.3, s’est heurté au retour des logiques partisanes. « Les partis politiques continuent d’agir comme s’ils détenaient une majorité absolue », a-t-il dénoncé. Il a également fustigé la pression d’ambitions présidentielles précoces, pointant implicitement Bruno Retailleau comme artisan de la discorde.
Une chute en un temps record
Le gouvernement Lecornu n’aura tenu que quelques heures, devenant le plus bref de toute la Ve République. Une instabilité sans précédent depuis la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron en juin 2024, qui avait conduit à un hémicycle fragmenté, ingouvernable, partagé entre Renaissance, Les Républicains et le Rassemblement national.
Troisième Premier ministre nommé en un an, Lecornu s’inscrit dans une séquence d’usure du pouvoir exécutif. Il laisse derrière lui une crise politique aiguë, dans un contexte économique déjà miné par la perte du triple A français, l’aggravation du déficit public et la montée des tensions sur les taux obligataires.
Selon notre expert : Instabilité politique, tensions financières : et si cette crise marquait le retour de l’or au sommet dans les portefeuilles français ?
Les oppositions montent au créneau
La droite nationaliste n’a pas tardé à saisir l’opportunité. À peine la démission officialisée, Jordan Bardella a exigé une nouvelle dissolution de l’Assemblée. Le président du Rassemblement national a estimé qu’« il ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans retour aux urnes ».
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a appelé à engager une motion de destitution contre Emmanuel Macron, évoquant un effondrement démocratique du pouvoir exécutif. Les deux principaux opposants au président jouent désormais ouvertement la carte de la rupture institutionnelle.
L’or brille, le CAC 40 s’enfonce
Les marchés n’avaient pas anticipé une telle secousse. En quelques minutes seulement, le CAC 40 a perdu 1,56 %, plombé par les valeurs bancaires et les sociétés exposées au risque souverain français. Dans le même temps, le cours de l’or en euros a bondi de 2,1 %, atteignant un nouveau sommet historique.
Ce regain d’intérêt pour le métal jaune traduit une perte de confiance dans les actifs financiers français. Les tensions sur les taux obligataires pourraient s’accentuer dans les prochains jours, alors que l’exécutif reste sans cap ni majorité claire.
Un climat délétère aux conséquences économiques
Cette nouvelle crise de gouvernance pourrait peser lourd sur les marchés. Les investisseurs, déjà échaudés par le contexte budgétaire, risquent de se détourner encore davantage de la dette française, provoquant un élargissement du spread avec le Bund allemand. Une situation qui pourrait fragiliser encore la signature de l’État français.
En toile de fond, le cours de l’or continue de grimper, porté par la méfiance vis-à-vis des actifs libellés en euros. Alors que l’exécutif se cherche un nouveau Premier ministre, certains analystes estiment que le métal jaune pourrait franchir les 4 000 dollars l’once dans les prochains jours, en réponse à la volatilité politique française et aux tensions budgétaires à répétition.
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