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« Nos mandats sont en tension » : la mise en garde de Raphael Bostic sur la Fed

Le président de la Fed d’Atlanta, Raphael Bostic, alerte : les mandats de la banque centrale sont en conflit, nécessitant prudence avant tout ajustement des taux.

Temps de lecture : 2 minutes

« Nos mandats sont en tension » : la mise en garde de Raphael Bostic sur la Fed

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En bref

  • Raphael Bostic (Fed Atlanta) soutient la récente baisse des taux, mais reste prudent.

  • L’économie reste, selon lui, dans une phase restrictive de politique monétaire.

  • Il juge que les deux mandats de la Fed (emploi et inflation) sont toujours en conflit.

  • Une normalisation des taux n’est envisageable qu’avec des progrès concrets sur l’inflation.

  • L’analogie de Jerome Powell sur la « brume » reste, selon lui, la meilleure posture à adopter : avancer lentement.

Un soutien prudent à la baisse des taux

Lors de son intervention à la conférence sur l’évolution du financement bancaire organisée par la Fed de Dallas, Raphael Bostic, président de la Réserve fédérale d’Atlanta, a confirmé son soutien au mouvement de baisse des taux engagé cette semaine. Une position qui tranche avec la prudence de certains membres du FOMC, mais qui s’appuie sur une conviction claire : l’économie américaine reste dans une zone monétaire encore trop restrictive.

Bostic justifie sa position en soulignant que les conditions actuelles ne permettent pas encore d’envisager un retour immédiat vers un taux neutre, autrement dit une politique ni accommodante, ni restrictive. Il attend des signaux économiques tangibles, notamment des progrès durables vers l’objectif d’inflation des 2 %, avant d’assouplir davantage la politique monétaire.

A lire aussi : Tandis que la Fed hésite à baisser les taux, l’or se maintient à un niveau historique jamais vu depuis 2020.

Des mandats toujours en conflit à la Fed

Le président de la Fed d’Atlanta n’a pas caché que les deux grands objectifs de la Réserve fédérale sont actuellement en tension. D’un côté, l’objectif de stabilité des prix nécessite de maintenir une certaine rigueur pour contenir l’inflation. De l’autre, le plein emploi impose de ne pas freiner excessivement la dynamique du marché du travail.

Ce dilemme structurel s’intensifie dans un contexte où, selon Bostic, moins de la moitié des hausses de prix recensées peuvent être attribuées aux droits de douane. Les causes de l’inflation seraient donc plus profondes et liées à des mutations économiques plus complexes.

Une incertitude persistante et structurelle

Bostic a salué l’analogie faite par Jerome Powell sur la politique monétaire menée « dans la brume ». Pour lui, avancer lentement et prudemment reste la meilleure option dans un environnement incertain, où les indicateurs économiques sont difficiles à interpréter.

Il a également tenu à nuancer les perceptions de flou :

« Nous ne sommes pas totalement aveugles », a-t-il précisé,

 rappelant que certaines transformations actuelles technologie, immigration, politique commerciale modifient durablement les équilibres du marché de l’emploi.

Vers un cycle de normalisation plus lent ?

Si Bostic soutient la baisse des taux, il n’appelle pas à une série de coupes rapides. Sa position reste conditionnée à l’évolution de l’inflation et à la confirmation que les tensions sur le marché de l’emploi s’apaisent de manière structurelle.

Cette prudence laisse entendre que la Fed pourrait maintenir un biais restrictif plus longtemps que prévu, et n’opérer qu’une normalisation graduelle si l’environnement macroéconomique ne s’améliore pas nettement.

Une posture partagée au sein de la Fed ?

La position de Bostic reflète une ligne médiane entre les faucons et les colombes de la Fed. Il ne prône ni une rigidité excessive, ni un relâchement prématuré. Ce positionnement illustre la complexité des arbitrages monétaires actuels, à un moment où l’économie américaine peine à retrouver un équilibre durable.

Avec ce discours, le président de la Fed d’Atlanta envoie un signal clair aux marchés : la baisse des taux n’est pas le début d’un cycle automatique, mais une phase de transition à surveiller de près.

Pendant que les marchés cherchent des repères, certains investisseurs rééquilibrent déjà leurs portefeuilles vers des actifs tangibles comme l’or physique. Le signal de Bostic pourrait précipiter cette tendance.

Sources : BDOR

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