Record thermique : de l’or chauffé à plus de 18 700 °C sans fondre, une limite physique repoussée
Des chercheurs ont chauffé de l’or à plus de 18 700 °C sans le faire fondre, remettant en question une loi thermique acceptée depuis 1988.
Par Victor KOSTIK
Temps de lecture : 2 minutes

Sommaire
- Un seuil thermique historique repoussé
- Une technique d’extrême précision
- Remise en cause de la « catastrophe d'entropie »
- Des implications concrètes en physique des matériaux
- Une nouvelle fenêtre sur la matière extrême
- Vers de nouveaux matériaux et modèles planétaires
- Une percée technologique qui interroge les limites du possible
En bref
Une équipe internationale a porté de l’or à 18 726 °C sans provoquer sa fusion.
L’expérience remet en cause la « catastrophe d'entropie », un plafond thermique théorique admis depuis 1988.
Les scientifiques ont utilisé un laser ultra-rapide et des rayons X pour mesurer précisément la température atomique.
Cette avancée ouvre la voie à de nouvelles simulations sur la matière dense, les planètes et les matériaux extrêmes.
Un seuil thermique historique repoussé
L’idée selon laquelle un solide ne peut être chauffé bien au-delà de son point de fusion sans se désintégrer volait en éclats cette semaine. Des physiciens sont parvenus à maintenir de l’or à l’état solide malgré une température atteignant 18 726 °C. L’expérience, relayée par la revue Nature, dépasse de loin la limite théorique connue sous le nom de « catastrophe d'entropie », évoquée depuis les années 1980.
A lire aussi : Le cours de l’or atteint des sommets jamais vus : et si la physique extrême révélait son potentiel caché ?
Une technique d’extrême précision
Pour atteindre ce seuil inédit, les chercheurs ont utilisé un faisceau laser ultra-rapide de 45 femtosecondes (45 millionièmes de milliardième de seconde) pour chauffer une fine feuille d’or. Immédiatement après, un faisceau de rayons X à très haute résolution a permis de mesurer la température atomique avec une précision inégalée.
La structure cristalline du métal n’a pas eu le temps de se désorganiser, permettant à la matière de rester stable pendant une infime fraction de seconde, suffisamment longue pour enregistrer le mouvement des atomes et en déduire leur température exacte.
Remise en cause de la « catastrophe d'entropie »
Jusqu’ici, les physiciens considéraient que chauffer un solide à plus de trois fois sa température de fusion entraînait nécessairement sa désintégration. Ce modèle reposait sur l’idée que l’augmentation d’entropie c’est-à-dire du désordre atomique déclenchait inévitablement la fusion du cristal.
Or, cette expérience prouve qu’il est possible de dépasser ce seuil sans provoquer l'effondrement de la structure. En chauffant la matière plus rapidement que sa capacité à se dilater ou à se réorganiser, les scientifiques contournent les lois thermodynamiques classiques… sans les violer.
Des implications concrètes en physique des matériaux
Cette avancée va bien au-delà du cas de l’or. Elle intéresse notamment les spécialistes de la matière dense et chaude (Warm Dense Matter – WDM), un état extrême que l’on retrouve dans les cœurs planétaires ou dans les cibles de fusion nucléaire par confinement inertiel.
Dans ces domaines, la température est une donnée critique, mais reste difficile à mesurer précisément en raison de l’échelle microscopique et de la brièveté des états observés. Le protocole mis au point ici fournit un moyen direct, sans modèle indirect, de mesurer ces températures extrêmes.
Une nouvelle fenêtre sur la matière extrême
Le chercheur principal, Thomas G. White de l’université du Nevada à Reno, précise que l’expérience n’enfreint pas la seconde loi de la thermodynamique. Elle démontre plutôt que des conditions ultra-rapides empêchent temporairement les réorganisations structurelles, permettant d’observer un solide bien au-delà de son point de fusion.
Les prochaines étapes devraient inclure d'autres éléments que l’or, des épaisseurs variées et des délais temporels ajustés, afin de mieux cerner les frontières réelles entre ordre et désordre dans la matière.
Vers de nouveaux matériaux et modèles planétaires
Au-delà de l’intérêt fondamental, cette découverte pourrait transformer la compréhension des transferts thermiques dans les planètes, affiner les modèles d’évolution interne ou aider à concevoir des matériaux plus résistants à des conditions extrêmes, notamment dans l’aérospatial ou le nucléaire.
Pour les chercheurs en fusion, c’est aussi un levier stratégique : comprendre à quel moment une cible passe de l’état solide à l’état plasma permettrait d’optimiser les réactions, avec des implications majeures sur le rendement des futures centrales à fusion.
Selon notre expert : Face aux secousses géopolitiques et à l’instabilité monétaire, l’or devient plus qu’une valeur refuge : un terrain d’expérimentation scientifique.
Une percée technologique qui interroge les limites du possible
L’or, par sa stabilité et ses propriétés de conduction thermique, s’avère une matière idéale pour ce type d’expérimentation. Mais l’enjeu dépasse largement ce matériau spécifique : cette expérience interroge les limites admises de la matière solide, de la fusion, et des modèles thermiques enseignés depuis des décennies.
L’article complet est à retrouver dans Nature, où les résultats pourraient faire date. L’or s’impose ici comme bien plus qu’un simple actif refuge ou décoratif : un outil scientifique pour repousser les limites de notre compréhension du monde matériel.
Prenez en main votre patrimoine : que faire maintenant ?
Partager l'article :

ACHAT D’OR EN LIGNE - AGENCE BDOR
L’Agence BDOR, experte en métaux précieux vous informe sur l’actualité de l’or, le cours de l’or, de l’argent ainsi que sur les pièces et lingots d’or d’investissement. Vous souhaitez acheter de l’or, rendez-vous dans notre rubrique d’achat d’or en ligne.
Prix de l'Or
Mise à jour le 31/07/2026 à 13h30
NOUS SOMMES SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

